ISRAEL Netanyahu menacé d’inculpation : quel impact avant et après le vote ?

Netanyahu menacé d’inculpation : quel impact avant et après le vote ?

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 1er avril 2019. Photo AFP / GALI TIBBON Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 1er avril 2019. Photo AFP / GALI TIBBON

ISRAËLSi le Premier ministre israélien est reconduit à son poste à l’issue des élections, puis inculpé, il deviendra le premier chef de gouvernement de l’histoire de l’Etat hébreu à connaître pareille avanie.

OLJ/Delphine MATTHIEUSSENT/AFP
02/04/2019

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu part aux élections législatives sous la menace d’une inculpation pour corruption, fraude et abus de confiance. Quelle conséquence avant le vote, et après?

De quoi est-il soupçonné?

Dans le principal des trois dossiers, les investigations portent sur le soupçon de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, le plus grand groupe israélien de télécommunications, en contrepartie d’une couverture complaisante pour M. Netanyahu de la part d’un site d’informations propriété de celui qui était alors aussi PDG de Bezeq.

Dans une autre affaire, les enquêteurs cherchent à savoir si le Premier ministre et des membres de sa famille ont reçu pour un million de shekels (environ 243.000 euros) en cigares de luxe, bouteilles de champagne et bijoux de la part de richissimes personnalités, en échange de faveurs financières ou personnelles.

Dans un troisième dossier, les enquêteurs suspectent M. Netanyahu d’avoir tenté de conclure un pacte avec le propriétaire du plus grand quotidien israélien payant: des articles plus favorables contre la promesse d’une loi qui aurait limité la diffusion du principal concurrent du journal.

(Lire aussi : Y a-t-il une taupe dans la campagne du rival de Netanyahu?)

 

Attaques de ses adversaires et ligne de défense

En lançant la campagne centriste de sa liste « Bleu-blanc », son principal concurrent, le général Benny Gantz, s’en est pris à un gouvernement « devenu accro aux plaisirs du pouvoir, de la corruption et de l’hédonisme ». Il a depuis renchéri en se saisissant de nouveaux développements d’une affaire dans laquelle M. Netanyahu n’a pas été mis en cause : l’achat de sous-marins militaires allemands. M. Gantz a accusé M. Netanyahu d’avoir touché 16 millions de shekels (environ 3,9 millions d’euros) en revendant des parts qu’il détenait dans une société qui devait ensuite bénéficier de la vente des sous-marins.

M. Netanyahu nie toutes les accusations en bloc et dénonce une « chasse aux sorcières ». Il a riposté en cherchant à discréditer son adversaire. Il a exploité le fait que le portable de M. Gantz avait été piraté pour le présenter comme incapable de garantir la sécurité de son pays.

Le parti de M. Netanyahu a aussi agité le soupçon de corruption contre M. Gantz dans l’obtention de marchés par une société qu’il dirigeait. Les services officiels compétents ont cependant indiqué que M. Gantz n’était pas en cause.

Plus largement, M. Netanyahu oppose à ses adversaires sa stature internationale.

 

(Lire aussi : En Israël, un parfum de « fascisme » sur la campagne électorale)

 

Quel effet sur le vote?

Le procureur général Avichaï Mendelblit a annoncé son intention d’inculper M. Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans les trois dossiers cités plus haut. Il a offert au Premier ministre de s’expliquer devant lui avant de décider définitivement de l’envoyer devant le juge. La date limite pour cette audition a été fixée au 10 juillet.

L’inculpation et le procès sont le scénario le plus communément anticipé. Mais cette perspective aura une influence marginale sur le vote, estime Denis Charbit, professeur de sciences politiques: « Les militants du Likoud estiment qu’il s’agit d’une conspiration et les sympathisants (pensent) que M. Netanyahu n’est peut-être pas parfait, mais qu’il est (présumé) innocent tant que sa culpabilité n’est pas prouvée ».

Et après une inculpation?

Si M. Netanyahu est reconduit à son poste à l’issue des élections, puis inculpé, il deviendra le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à connaître pareille avanie. Légalement, rien ne le forcera à démissionner, jusqu’à épuisement de tous les recours. M. Netanyahu a assuré qu’il comptait gouverner « pendant encore de nombreuses années ». La plupart des analystes estiment qu’il ne démissionnera pas en cas d’inculpation et ira jusqu’au bout des recours, ce qui pourrait prendre des années.

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