#France Côte d’Ivoire Bombardement de Bouaké: le mystère sur les commanditaires reste entier

Bombardement de Bouaké: le mystère sur les commanditaires reste entier

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Deux pilotes ivoiriens et un mercenaire biélorusse seront jugés aux assises, accusés d’avoir bombardé en 2004 le camp français de Bouaké, en Côte d’Ivoire, causant la mort de neuf militaires français. Mais les commanditaires courent toujours. Et la perspective d’un procès de l’incurie des autorités françaises s’éloigne.

du bombardement de Bouaké en 2004 s’achemine vers un procès. Quatorze ans après la mort de neuf militaires français et d’un humanitaire américain, en Côte d’Ivoire, la juge d’instruction Sabine Kheris a ordonné, le 7 janvier 2019, le renvoi devant la cour d’assises de deux soldats ivoiriens et d’un mercenaire biélorusse, qui seront tous les trois jugés pour « assassinats » et « tentatives d’assassinats ».

Ce dossier est l’un des plus dramatiques pour l’armée française, puisqu’il s’agit de la perte la plus massive depuis l’attentat contre l’immeuble Drakkar à Beyrouth, en 1983. C’est aussi l’un des plus sensibles politiquement.

Un avion de chasse de l’armée de l’air ivoirienne détruit sur ordre du président Jacques Chirac, à Yamoussoukro le 8 novembre 2004. © Luc Gnago / ReutersUn avion de chasse de l’armée de l’air ivoirienne détruit sur ordre du président Jacques Chirac, à Yamoussoukro le 8 novembre 2004. © Luc Gnago / Reuters

Comme l’a indiqué Sud Ouest, la doyenne des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Paris, chargée de l’enquête depuis 2012, a suivi les réquisitions du parquet pour lequel l’implication des trois pilotes dans l’attaque ne fait « aucun doute » (lire ici).

Dans son ordonnance, consultée par Mediapart, la magistrate s’appuie sur de nombreux témoignages et documents des services de renseignement français pour incriminer deux officiers de l’armée de l’air ivoirienne, Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, 63 et 61 ans, ainsi que Yuri Sushkin, un pilote biélorusse de 66 ans. Un autre mercenaire biélorusse, Boris Smahin, longtemps suspecté d’avoir participé au raid meurtrier, a finalement bénéficié d’un non-lieu, les soupçons sur sa participation au bombardement ne reposant pas sur des éléments suffisamment solides.

Les trois sexagénaires seront-ils seulement présents à leur procès ? Le doute est permis. Les deux officiers ivoiriens font l’objet de mandats d’arrêt qui n’ont pas été exécutés depuis 2006. Le cas de Yuri Sushkin est encore plus sensible. Juste après le bombardement, le mercenaire avait été arrêté par la police togolaise et laissé pendant plusieurs jours à la disposition des autorités françaises en compagnie de complices potentiels. Or pour une raison toujours inexpliquée, Paris a renoncé à l’interpeller, ou même simplement à l’auditionner. Il s’est depuis volatilisé. Terrible illustration d’un dossier où la raison d’État l’a emporté sur l’exigence de vérité et le respect des familles de victimes.

  • L’armée française aux premières loges de la préparation du bombardement

Il est 13 h 20, ce samedi 6 novembre 2004, quand deux Soukhoï 25, des biplaces développés par l’URSS des années 70, prennent la direction du lycée Descartes de Bouaké, où est logée une partie des troupes françaises de l’opération « Licorne », mission de maintien de la paix depuis le début de la crise politico-militaire de 2002.

Les avions appartenant aux Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) survolent à deux reprises la base à basse altitude. La vue est dégagée. Des drapeaux français visibles depuis le ciel. Les deux appareils larguent « au moins 18 » roquettes sur trois bâtiments, dont le mess du camp. Neuf soldats français et un humanitaire américain sont tués. 34 militaires français et 4 civils sont blessés.

À l’aéroport de Yamoussoukro, c’est la panique. Le 2e régiment des hussards, stationné dans un hangar à 500 mètres de la piste, est informé en temps réel. « 13 h 25 : BILAN LOURD EN COURS », reçoivent les militaires, d’après des documents aujourd’hui déclassifiés. Les deux Soukhoï, de retour de leur raid meurtrier, atterrissent quelques minutes plus tard. Ils sont détruits par les troupes françaises dans la foulée.

Tout le monde sur place connaît les équipages mixtes (un Slave, un Ivoirien) des appareils. La Direction du renseignement militaire (DRM) avait même profilé un par un les pilotes et techniciens depuis leur arrivée sur place le 2 novembre, à bord d’un Antonov 12, un gros porteur acheminant hommes et matériel.

Personne ne s’était inquiété de ce surcroît d’activité. Et pour cause : à Abidjan, le président Laurent Gbagbo avait offert des garanties à l’armée française. Une offensive, notamment terrestre, était certes en préparation dans la région de Bouaké, pour « désarmer » la rébellion du Nord, mais celle-ci ne concernait en aucun cas les positions françaises.

Dans un premier temps, le général Poncet, chef de l’opération Licorne, et l’ambassadeur Gildas Le Lidec ont essayé de dissuader Gbagbo de mener cette opération, qui allait inévitablement conduire le pays à un point de non-retour.

Le 4 novembre, Gbagbo convoque l’ambassadeur Le Lidec, pour lui indiquer que, la veille, Jacques Chirac « lui avait mal parlé, que personne ne lui avait jamais parlé comme ça et qu’il allait maintenir l’opération ». Dans son point de situation du 6 novembre, Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major du président de la République, se veut malgré tout rassurant : « Les mouvements d’unités Fanci effectués dans la zone de confiance laissent penser à des préparatifs d’une possible action terrestre aujourd’hui, d’envergure limitée, essentiellement sur Bouaké. »

Las, l’opération ne sera pas que « terrestre » et « d’envergure limitée ». Auditionné en 2005 par un juge d’Abidjan, Ange Gnanduillet a reconnu avoir fait « partie de l’équipage »ayant participé au bombardement de Bouaké, mais a indiqué être allé « en mission pour traiter les zones rebelles qui [avaient] été identifiées auparavant ». Selon son témoignage, ce n’est que « plus tard » qu’il aurait appris que le cantonnement français avait été pris pour cible. Son compère Patrice Ouei, également entendu en 2005, a nié pour sa part avoir participé au raid meurtrier, tout en estimant que l’attaque de la base française ne pouvait provenir que « d’une erreur ».

Les investigations de la justice française montrent pourtant que le bombardement était délibéré et parfaitement ciblé. Reste à en trouver le commanditaire et les motivations.

  • Les assassins présumés et leurs complices échappent à la justice

Le soir même de l’attaque, à l’aéroport d’Abidjan, « quinze personnes de nationalité russe, ukrainienne et biélorusse […] soupçonnées d’être des mercenaires » sont appréhendées par les forces de l’opération Licorne. La plupart sont dépourvues de passeport. Aux yeux des militaires présents sur place, il est « impossible » que l’une d’entre elles puisse être l’un des pilotes ayant bombardé le lycée Descartes. Les mercenaires n’ont pas pu venir si rapidement de Yamoussoukro. Mais ces techniciens détiennent peut-être des informations permettant de retracer le mobile du bombardement, ses préparatifs, complicités, etc.

Le personnel n’a pourtant jamais été auditionné avant sa remise, le 11 novembre, au consul de Russie en présence de deux représentants du Comité international de la Croix-Rouge. Pour quelle raison ? Le général Poncet dit avoir reçu « très vite l’ordre de les libérer »via le canal diplomatique et le canal militaire, sans obtenir d’explications. Pourtant, il s’agissait selon lui de « mercenaires […] qui savaient certainement des choses intéressantes ».

Les protestations du général Poncet n’y ont rien fait. « Tu n’as pas le choix, tu les libères », lui a ordonné le général Henri Bentégeat, chef d’état-major des armées, en arguant de l’impossibilité juridique de garder ces gens prisonniers sur le territoire de la Côte d’Ivoire. Cette argumentation est aujourd’hui encore contestée.

Cantonnement français de Bouaké juste après le bombardement. © Document MediapartCantonnement français de Bouaké juste après le bombardement. © Document Mediapart

Quelques jours plus tard, une autre intrigue, encore plus grave, se joue au Togo. Le 16 novembre, un groupe de huit Biélorusses est arrêté à la frontière en provenance du Ghana en compagnie de deux Ivoiriens. Ils se présentent comme des « mécaniciens agricoles ». L’explication ne trompe personne. Les autorités togolaises les considèrent comme « susceptibles d’avoir participé au bombardement de Bouaké ». Elles placent tout le monde en garde à vue. L’information remonte le jour même à Paris par différents canaux diplomatiques et militaires.Mais les heures défilent sans le moindre retour. Puis les jours. Le Togo attend. Et procède finalement à la libération des suspects, faute de réponse des autorités françaises.

Selon une note déclassifiée de la DGSE, les mercenaires ont ensuite pu rejoindre « Moscou, probablement à la fin du mois de novembre, via la capitale ghanéenne ». Pourquoi la France les a-t-elle laissés filer ? Tout le monde se défausse, renvoyant la faute sur le ministère d’à côté.

En première ligne, la cheffe des armées Michèle Alliot-Marie a d’abord affirmé, le 15 février 2005, soit plus de quatre mois après les faits, que « l’équipage de l’avion Soukhoï 25 qui avait ouvert le feu sur le poste français de Bouaké […] n’avait pas été identifié. Les deux membres de l’équipage, l’un ressortissant étranger d’Europe de l’Est et l’autre ivoirien [s’étant] enfuis après avoir posé leur avion ».

L’enquête judiciaire souligne précisément le contraire : outre les autorités togolaises, la DRM, le correspondant local de la DGSE, l’ambassadeur de France au Togo et son attaché de défense étaient avisés de l’interpellation des pilotes supposés. Le jour même de leur arrestation, le commissaire divisionnaire Claude Taxis, attaché de sécurité intérieure à Lomé, a aussi faxé l’information à la direction du Service de coopération technique international de la police (SCTIP), rattaché au ministère de l’intérieur.

Mais le « premier flic de France » de l’époque, Dominique de Villepin, jure n’en avoir jamais eu vent : « Les interpellations de cette nature sont tout à fait fréquentes en Afrique, je n’a[vais] donc à aucun moment eu mon attention attirée sur [cette] interpellation. »

Là encore, le prétendu manque de moyens juridiques permet aux uns et aux autres de se déresponsabiliser. Michel de Bonnecorse, chef de la cellule « Afrique » à la présidence de la République, a relevé au cours de l’enquête que « ce sujet avait été évoqué à deux reprises lors des réunions quotidiennes qui se tenaient dans son bureau, tout en précisant que les informations qui étaient remontées ne concernaient “que des mécaniciens et non des pilotes” »« Quelqu’un à la Défense [avait] dit que leur directeur juridique [estimait] qu’on ne pouvait pas garder les personnes interpellées, même s’il s’agissait de mercenaires », a-t-il déclaré à la justice.

Qui précisément ? On ne le sait pas, et on ne le saura probablement jamais. « Mon cabinet m’avait répondu que ce n’était pas possible [d’entendre les mercenaires – ndlr]puisqu’il n’y avait aucune base juridique », a appuyé Michèle Alliot-Marie, docteure en droit, en audition. Problème : le magistrat David Sénat, qui était à l’époque son conseiller aux affaires juridiques, dit ne pas avoir été consulté « ni au moment du bombardement de Bouaké le 6 novembre, ni après ». Pire, il affirme que s’il avait été sollicité, il aurait trouvé le support juridique permettant les auditions avec la loi sur le mercenariat, votée en 2003 et alors défendue devant le Parlement par Michèle Alliot-Marie en personne.

Dominique de Villepin et Laurent Gbagbo, main dans la main, à Abidjan en 2003. © ReutersDominique de Villepin et Laurent Gbagbo, main dans la main, à Abidjan en 2003. © Reuters

« C’était une question de volonté politique, pas juridique », analyse David Sénat, ajoutant qu’il était « parfaitement possible que l’on n’ait pas souhaité qu’il soit interpellé »« Il », c’est le fameux Robert Montoya, ancien gendarme de la « cellule de l’Élysée », reconverti dans les affaires en Afrique, et qui hante le dossier du bombardement de Bouaké.

Montoya a fourni l’armée ivoirienne en hommes et matériel – dont les fameux Soukhoï du 6 novembre – et est aussi suspecté d’avoir brisé l’embargo sur les armes, décidé par l’ONU le 15 novembre 2004, ce qu’il conteste avec vigueur.

L’ombre de Montoya apparaît aussi dans la fuite des mercenaires après le bombardement. Quand ces derniers ont été arrêtés au Togo, ils étaient en effet pris en charge par une femme, de nationalité biélorusse, qui n’était autre que la secrétaire de l’ancien gendarme français au Togo. Paris a-t-il ainsi refusé d’agir pour protéger cet acteur clé du trafic d’armes ? C’est la thèse d’un haut gradé français : « Montoya a aussi eu des relations avec l’Angola… », relève-t-il auprès de Mediapart, en alertant sur le caractère explosif de ce dossier. L’Angola, ses ventes d’armes et ses commissions

Pour autant, il « était parfaitement possible de procéder à un certain nombre de vérifications “sans citer ou faire apparaître Robert Montoya, si l’on avait voulu le protéger” », a glissé, lors d’une audition, le commissaire François Castro, sous-directeur de la coopération technique et institutionnelle au SCTIP au moment des faits.

« Toutes les décisions de ne pas arrêter les mercenaires reposent sur de faux arguments juridiques », dénonce Jean Balan, avocat des familles de victimes, qui s’insurge du ridicule de la situation : la France recherche aujourd’hui des personnes qu’elle avait sous la main quatorze ans plus tôt. « De manière générale, je sais maintenant qu’un ministre confronté à une crise, quelle qu’en soit la nature, dira toujours qu’il n’a pas été informé pour éviter d’être mis en cause directement », résume le magistrat David Sénat.

Furieux contre le pouvoir politique, Balan n’hésite pas à parler d’entraves volontaires dans le dossier. Comme avec la suppression, en 2010, du tribunal aux armées, qui pilotait l’enquête depuis 2004. Sa disparition a été décidée par Michèle Alliot-Marie, alors devenue ministre de la justice. « C’est une décision incompréhensible. Ce tribunal avait une vraie connaissance des arcanes militaires. Il a fallu tout reprendre à zéro et rien n’aurait été possible sans le travail formidable des juges et des parties civiles », peste l’avocat, très impliqué pendant les quatorze années d’enquête.

Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier. © ReutersMichèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier. © Reuters

En février 2016, la juge Sabine Kheris sollicite le renvoi de Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement. « Il est apparu tout au long du dossier que tout avait été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement »considèrela magistrate.

Fin janvier 2019, le nouveau procureur général près la Cour de cassation François Molins fait savoir à l’AFP qu’il estime que « les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas là ». Toutefois, « par souci d’impartialité », François Molins a décidé de saisir la commission des requêtes de cette haute cour, afin qu’elle se prononce à son tour.

« Il aurait pu saisir la commission des requêtes sans dire un mot. C’est de l’hypocrisie mélangée à une intervention qui dépasse le cadre des conflits d’intérêts », tonne MeBalan, en rappelant que François Molins fut le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie de 2009 à 2011.

« L’État tourne le dos à ses militaires », déplore pour sa part Maxence Capdeville, fils de l’adjudant-chef Philippe Capdeville, officier trésorier du régiment d’infanterie chars de marine (RICM) de Poitiers tué dans le raid aérien. Les soldats morts à Bouaké « ont eu tous les honneurs politiques de façade. Mais depuis, plus rien », relève Maxence Capdeville, âgé de 16 ans lors du décès de son père. L’éloge funèbre prononcé par Jacques Chirac, le 10 novembre 2004, lors de la cérémonie d’hommage national aux soldats morts à Bouaké aux Invalides semble bien loin. « Dans les hautes sphères, personne ne bouge » pour faire la lumière sur ce dossier, s’indigne le jeune homme. Il ajoute : « On a mis beaucoup de temps à accepter qu’on nous a enlevé notre père. C’est un deuxième coup de voir que la France n’est pas capable de reconnaître ce qu’il s’est passé. »

  •  Quel commanditaire pour quel mobile ? Une équation à deux inconnues

Même plus de quatorze ans après les faits, le coût de la vérité semble à ce point élevé qu’il empêche toute recherche sur les commanditaires de l’attaque. Depuis 2004, les familles de victimes naviguent entre rumeurs et hypothèses qui, faute d’éléments tangibles, charrient toutes leur lot d’instrumentalisation et de démentis.

Le président Laurent Gbagbo a dans un premier temps été accusé par Paris d’avoir préparé l’opération, ou au moins de l’avoir validé. Mais cette version apparaît affaiblie par les éléments de l’enquête judiciaire. Une seconde thèse soutient que l’opération aurait été montée à l’insu de la présidence par une frange dure de son propre camp. L’hypothèse d’une « bavure manipulée » a aussi été creusée, jusqu’à la mise en cause, contestée de toutes parts, de l’industriel Vincent Bolloré.Entendu à la prison de La Haye, avant d’être acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) en janvier 2019, Laurent Gbagbo a répété qu’il n’avait pas été informé des préparatifs du bombardement, en dénonçant une « manipulation ».

Les témoignages de plusieurs officiels français appuient les dénégations de l’ancien président ivoirien. Le lieutenant-colonel Philippe Issard, officier de liaison à Yamoussoukro près le colonel-major Philippe Mangou, commandant des opérations côté ivoirien, a précisé que celui-ci était apparu « catastrophé » quand il a été informé du bombardement du cantonnement français.

Selon Philippe Issard, qui se dit « quasi persuadé que ni le général Mangou ni le président n’étaient au courant », les pilotes biélorusses « étaient gérés en dehors de la hiérarchie militaire normale » et « tout était décidé au niveau de l’environnement du président ».

Pour l’ambassadeur Gildas Le Lidec non plus, Laurent Gbagbo n’était pas au courant de ce qui se tramait à Bouaké. Lors de sa rencontre avec ce dernier, en présence de l’ambassadeur américain, juste après le bombardement, le président ivoirien était apparu « dans un état incroyable » : « Il était livide, il tremblait, il n’était pas du tout dans son assiette, […] il disait qu’il ne comprenait pas », se souvient Le Lidec. Le général Henri Bentégeat a également indiqué que Gbagbo lui avait « juré en pleurant qu’il n’était pour rien dans le bombardement ».

Le général Poncet a également considéré que Laurent Gbagbo n’était pas le donneur d’ordre, car il « était trop fin politique pour prendre ce risque ». À l’inverse, ce haut gradé « persistait à penser » que des « extrémistes » de l’entourage du président ivoirien avaient pu être « à l’origine directe du bombardement ».

Le capitaine Emmanuel Fabry, commandant de la troisième compagnie basée à l’aéroport de Yamoussoukro, en charge du recueil de renseignement, a aussi défendu cette thèse. Dans un moment de tension avec ses troupes, le chef de l’armée de l’air ivoirienne (COMAIR) lui aurait affirmé « que l’armée ivoirienne cherchait maintenant des solutions autres que politique, qu’elle n’avait plus rien à faire des accords et qu’il était temps d’en finir ».

TOUS LES COMMENTAIRES

CE COMMENTAIRE A ÉTÉ DÉPUBLIÉ PAR SON AUTEUR.
Bel amalgame sans queue ni tête. Pour info Macron avait 25 ans

Concernant la Françafrique, deux sources essentielles d’information:

– Site Afrique en lutte

– Association Survie

Aucun amalgame , c’est un constat général sur la françafrique  et Macron se place dans la continuité de ce constat

« Macron avait 25 ans. » Certes mais il était déjà bien installé dans cette caste et il a pris la suite sans difficulté.

Sans oublier quelques auteurs africains (pas ceux qui viennent causer bien habillés chez Pivot) tels que Mongo Beti, Frantz Fanon, Boubacar Boris Diop, Aminata Dramane Traore, etc., etc.

  • NOUVEAU
  • 04/03/2019 21:06
  • PAR 

demandez a chirac, il doit avoir la réponse

En fait, il manque une question: a qui a profité le crime ? La réponse ne fait aucun doute: aux multinationales françaises, derrière la rebellion et Ouattara.

Par ailleurs, comment expliquer l’omerta absolue, pour ne pas dire sans égale dans une affaire aussi sanglante, si le carnage n’a pas été commandé par Paris?

 

Ce n’est pas Chirac qui avait ordonné de détruire l’aviation Ivoirienne ?

La vraie question est que fout encore l’armée française en Afrique ? Total, Areva, Bolloré…com dab ! Ceci dit fait historique le Sénégal a refusé un port à Bolloré…les temps changent !

La France vit ses dernières années en Afrique même si elle essaie de re-faire de « l’humanitaire « …mais le torchon a déjà brûlé et c’est le peuple africain qui aujourd’hui se défend…Gbagbo à la CPI ne passe pas du tout et ne passera pas ! La France n’a plus qu’un pouvoir de nuisance en Afrique et c’est énorme !

L’exemple Rwandais est frappant. 94, génocide et le rôle trouble de la France toujours pas explicité si ce n’est par Guillaume Ancel !

Depuis le Rwanda se développe en anglais, le reste de l’Afrique anciennement francophone n’aspire plus qu’à cela…même au Maroc, les jeunes préfèrent apprendre en 2e langue l’anglais !

Pourquoi toujours parlé de la « France’ alors que c’est le Pouvoir en France ?

Pouvoir qui fondamentalement n’a pas changé depuis des dizaines d’années, voir des siècle en fait ! Ce Pouvoir avance d’ailleurs maintenant presque à visage découvert …

Les français n’ont jamais eut leur mot à dire dans la « gestion » des affaires africaines …

Des noms sont cités dans l’article mais comme ces « gens-là » sont totalement intouchables, ils dorment très certainement tranquilles :-).

C’est vrai mille excuses mais nous sommes aussi des héritiers qui ne se sont pas trop posés de questions sur l’origine de notre  » richesse « . Il faut aussi se résilier et admettre que nous ne sommes guère curieux !

J’étais bien seule sur MDP il y a quelques années à dénoncer ces guerres immondes qui vont nous pourrir la vie et surtout celle des jeunes !

J’ai dû faire 100 manifs…peu de gens pour dénoncer ce qui nous paraissait confortable…

L’unique est incertaine solution est de s’appuyer sur les jeunes d’origine…mais auront nous l’intelligence de faire amende honorable et d’utiliser intelligemment ces atouts…pas sûr !

Même Chirac a eu un éclair de lucidité en 2008…qui a écouté ?

C est le moment de relire : le requin et la mou ěres !

  • NOUVEAU
  • 04/03/2019 21:30
  • PAR 

Faut-il pleurer la mort de militaires (français) ? Ils ont choisi leur vie (et dans le même temps leur mort), ainsi que de pouvoir aussi, éventuellement, ôter la vie. Il y a des tas de jobs moins dangereux et humainement bien plus utiles à pourvoir. Derrière le cynisme absurde géopolitique, peut-être faut-il rappeler ce type de lapalissade pour bien savoir de quoi et de qui on parle.

Beaucoup de militaires ont choisi effectivement le risque de perdre la vie pour défendre notre patrie. Vous ne seriez pas là à discuter si d’autres ne l’avaient fait avant.

Mais il est de la responsabilité des politiques de ne pas les envoyer se faire tuer pour défendre des dictateurs locaux ou des intérêts obscurs de la FranceAfrique (francafric…).

Le pire c’est quand une opération est menée à l’initiative de la France, et qu’elle se retourne contre ses propres soldats, à la suite d’une erreur.

Cette opération de Bouaké a été mise en place pour justifier ensuite une intervention de « débarquement » d’un président qui ne nous convenait plus, parce qu’il commencait à devenir trop indépendant.

En résumé:
Se faire tuer pour défendre le territoire national est dans l’ordre des choses, mais mourir pour des intérêts financiers sur une erreur de son propre pays est scandaleux.
Un jour les coupables devront payer.
Et je ne parle évidemment pas des pilotes mercenaires qui ne sont que des marionnettes dans tout cela.

Avant de porter des jugements manichéens, lisez Médiapart, Survie, ou les chroniques de Kouamouo du Média pour en découvrir les ressorts cachés !

J’assume d’abuser : j’emmerde la Grande muette et tous ses membres, qui d’ailleurs, n’est jamais vraiment muette.

A Bouaké, l’armée française ne défend pas la France, vous le dites vous-mêmes, elle défend les intérêts capitalistes d’entreprises françaises, intérêts que je refuse de faire miens.

Je pense que lorsque l’on raisonne de manière tautologique, on s’élimine soit même du débat.

Oui, il faut commencer à parler de l’armée française et de ses guerres : son coût, ses exactions, sa hiérarchie réactionnaire et notre duplicité silencieuse.

  • NOUVEAU
  • 04/03/2019 22:35
  • PAR 

Commentaires ci-dessus complètement déconnectés du sujet. Quand on n’a rien à dire on se tait.

Il s’agit d’une affaire d’Etat très grave où il n’est pas impossible que le gouvernement français – du moins certains de ses membres – ait pu organisé ce carnage pour le mettre sur le dos de Gbagbo. Mais sans y parvenir tant c’était cousu de fil blanc. D’où, par la suite, les étranges attitudes dénégatrices et dissimulatrices de Villepin, MAM et consorts. POURRITURES !

 

« A force de conneries on va se faire virer de partout. Du coup…place aux chinois ! »

 

_Pourquoi place aux chinois ???? l’Afrique ne vous appartient pas , continuer dans vos délires racistes d’invasions migratoires….

 

Et il y a plus de chinois , investissements ,  humains  etc… en France que dans toute l’Afrique

 

Entre esclavage , invention et pratique séculaire de la haine négrophobe ultra raciste , les génocides et autres massacres , ce sont juste vos collabos en Afrique qui vous ont donné l’impréssion que vous y pouvez y être  apprécié  !!

La France avec ces congénères européens sont les plus grands destructeurs de l’Afrique qui n’ai jamais existé……

Vous avez autre chose a faire que de brandir ridiculement le « péril jaune »

  • NOUVEAU
  • 05/03/2019 06:55
  • PAR 
Ce qui est intéressant dans certains commentaires, c’est la certitude complotiste. La réalité, c’est qu’on ne sait rien.

Il n’y a aucune théorie complotiste !!! faut arrêter avec  ce discours suprématiste colonialiste….et se renseigner

  • NOUVEAU
  • 05/03/2019 07:17
  • PAR 

La dessus des détails ont été donné depuis bien longtemps dans le livre de CHARLES ONANA : « COTE D’IVOIRE , LE COUP D’ÉTAT »

 

Bien sur la justice française ne se sent pas habilité a juger les massacres de civils ivoiriens commis par l’armée française….64 morts , juste après !!!…..Et là y a pas besoin de courir après  des coupables  bielorusses

Une poignée de soldats français déchiquetés, face aux intérêts économiques et géopolitiques de notre Caste de dirigeants pourris jusqu’â l’os,    c’est peanuts …

Mais t’inquiètes, ils ont eu leurs médailles en chocolat, les grands discours affligés ,les mines graves, les parades et les couronnes de fleurs …

Pensée aux familles privées d’un mari, d’un père depuis…

« Le général Poncet a également considéré que Laurent Gbagbo n’était pas le donneur d’ordre, car il « était trop fin politique pour prendre ce risque ». À l’inverse, ce haut gradé « persistait à penser » que des « extrémistes » de l’entourage du président ivoirien avaient pu être « à l’origine directe du bombardement ». »

Cela n’explique toujours pas pourquoi Paris a tout fait pour étouffer l’affaire.

Quand on voit à quel point l’inculpation d’une ressortissante française ou l’enlèvement du moindre journaliste français dans un pays étranger donnent, à juste titre, lieu à des pressions diplomatiques au plus haut niveau et l’intervention des forces spéciales, il n’y a pas besoin d’être complotiste pour avoir du mal à croire que la mort de tous ces soldats français puisse conduire à une telle volonté d’empêcher de faire toute la lumière sur cette affaire d’Etat …

Soit c’est une bavure et les donneurs d’ordre français ne font que se couvrir, ce qui ne semble pas le cas d’après l’article, soit il y a des intérêts supérieurs inavouables dont nos soldats ont été les malheureuses « victimes collatérales », comme on dit. J’ai alors du mal à qualifier l’attitude d’un ministre/haut gradé qui couvre ou, encore pire ordonne, sciemment une telle trahison envers ces françaises et français qui ont choisi de défendre le pays et, ce faisant, envers la France.

  • NOUVEAU
  • 05/03/2019 14:20
  • PAR 

Et si tout simplement l’état français avait caché l’affaire pour ne pas déstabiliser complétement Gbagbo ?

Une enquête serait remonté directement à Gbagbo et aurait soit mis en évidence son incapacité à gérer ses troupes, soit mis en cause sa direction militaire.

Peut-être que le linge sale a été lavé en famille… juste après dans l’entourage de Gbagbo ou dans les autorités militaires y-a-t-il eu du ménage ou des départs en retraite précipités, voir des disparitions ?

Mort de rires… Continuer dans ce lugubre exercice d’intoxication alors que tout le monde connait maintenant les tenants de l’affaire et se doute de la culpabilite des autorites francaises est tres courageux de votre part. Bonne chance… 🙂

 

Article très pauvre au plan analytique. L’auteur ne fait que rappeler des faits mieux traiter dans des articles précédents. Il ouvre des pistes de réflexion qu’il n’exploite pas ou dont il ne tire aucune conclusion pertinente, notamment lorsqu’il examine la curieuse et probablement coupable décision des autorités françaises de relâcher les mercenaires d’Europe de l’Est. Pire, quand il s’agit d’évoquer les possibles commanditaires du crime, l’auteur se complait dans la facilité en relayant uniquement les hypothèses creuses et bien commodes avancées par ses contacts au niveau de l’armée française – notamment celle d’un acte ourdi par la supposée nébuleuse d’extrémistes dans l’entourage de Gbagbo. Il ne prend même pas le soin d’expliciter pour ses lecteurs ou exploiter l’idée d’une « manipulation » soulevée par M. Gbagbo pour expliquer le drame, ni ne présente le point des autres responsables ivoiriens de l’époque, aussi bien civils que militaires. Dommage, Mediapart nous avait habitué à bien meilleure analyse sur ce dossier…

  • NOUVEAU
  • 05/03/2019 19:32
  • PAR 

C’était une pluie de météorites probab’.

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Une réflexion sur “#France Côte d’Ivoire Bombardement de Bouaké: le mystère sur les commanditaires reste entier

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