Venezula: pourquoi Poutine se battra? La rhétorique américaine sur le Venezuela se militarise. L’échec de la tentative de coup d’État US au Venezuela n’a pas suffi à dissuader les va-t-en-guerre de la Maison Blanche

Jan 30, 2019 07:42 UTC
  • Venezula: pourquoi Poutine se battra?

La rhétorique américaine sur le Venezuela se militarise. L’échec de la tentative de coup d’État US au Venezuela n’a pas suffi à dissuader les va-t-en-guerre de la Maison Blanche à renoncer au projet de l’effondrement de l’État bolivarien dans le stricte objectif d’appliquer le « Moyen-Orient élargi » au bassin de Caraïbe.

Le groupe de Lima se dit, pour l’heure, contre une action militaire contre le Venezuela, n’empêche que Bolton a laissé entendre avoir un contingent de 5 000 forces aux portes de Venezuela, contingent prompt à passer à l’offensive. Au Moyen-Orient, des mouvements de troupes US sont particulièrement perceptibles. Des milliers de terroristes daechistes viennent d’être libérés des prisons afghanes par un spectaculaire opération héliportée US, tandis que la France, allié de guerre des États-Unis, a demandé à évacuer les « terroristes français » de Syrie. Quant à Daech toujours retranché à l’est de l’Euphrate il a procédé très étrangement à la mise en liberté des milliers de ses captifs, sans doute parce qu’il a désormais mieux à faire.

Les États-Unis disposent de trois brigades de combat. Depuis le coup d’État avorté du président du Parlement vénézuélien Juan Guaido, qui s’est autoproclamé président du pays, des analystes tablent sur une hypothèse  selon laquelle Washington envisagerait de retirer des unités militaires d’Afghanistan et de Syrie pour les redéployer à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Pour le reste, des renforts de troupes vénézuéliennes se déploient aux frontières avec la Colombie, un terrain difficile couvert de broussaille et qui demande à être abordé par des guérillas. Ce terrain est effectivement l’objet des opérations de reconnaissance menées par les drones israéliens.

Mais une guerre USA/Cie contre le Venezuela est loin d’être une promenade de santé. La diplomatie russe l’a d’ailleurs souligné, tout en conseillant aux États-Unis d’exclure l’hypothèse d’une intervention militaire :

« Moscou appelle les politiciens qui envisagent une intervention militaire au Venezuela à renoncer à ces projets », a déclaré mardi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov. Le diplomate a ajouté que Moscou ne discuterait pas de ses actions potentielles en cas d’intervention militaire étrangère au Venezuela, car ça serait « contre-productif ».

Evidemment le dialogue est proposé et les Russes en parlent : « La Russie s’apprête à œuvrer pour envisager un dialogue entre les parties en lice au Venezuela. Nous apportons notre soutien aux négociations des parties en conflit. Auparavant, nous avons exprimé à de nombreuses reprises notre disposition pour mettre en place des discussions interpartites dans ce pays ». Mais le clan belliciste au pouvoir à la Maison Blanche est loin de pouvoir se tenir tranquille.

L’Iran, la Russie, la Chine, la Turquie et Cuba étaient des premiers pays qui ont soutenu le gouvernement légitime de Nicolas Maduro, après que Juan Guaido, opposant au président Nicolas Maduro, s’est auto-proclamé nouveau président du Venezuela et ce soutien se poursuivra. Si des forces spéciales US et des sociétés israéliennes de sécurité, très présentes en Colombie, préparent divers scénarii d’intervention militaire, l’armée vénézuélienne, elle, s’apprête aux plus grandes manœuvres de tout son histoire entre 10 et 15 février. Les conseillers militaires russes, cubains et iraniens coopèrent depuis un bon bout de temps.

Sur le plan interne, le procureur général vénézuélien, Tarek Saab, a demandé mardi à la Cour suprême d’ouvrir une enquête préliminaire contre Guaido, le président de l’Assemblée nationale qui s’est auto-proclamé chef de l’État. Il a également demandé à la Cour suprême de geler ses comptes bancaires et de lui interdire de quitter le pays. La nouvelle décision du système judiciaire du Venezuela est un défi à l’encontre des Américains qui viennent de mettre la main sur le pétrole vénézuélien. John Bolton en est déjà à avertir que toute mesure contre le chef de l’opposition au gouvernement vénézuélien pourrait avoir des « séquelles négatives » pour Caracas.

Sur son ordre, les États-Unis ont édicté des sanctions à l’encontre de PDVSA, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne.Il est désormais interdit aux sociétés US de payer le pétrole vénézuélien aux autorités constitutionnelles. Elles doivent s’en acquitter auprès du « président par intérim » autoproclamé, Juan Guaidó. Effet collatéral de cette mesure : la société Citgo, filiale US de PDVSA ne pourra pas rembourser ses prêts à la société russe Rosneft. Par conséquent, celle-ci pourrait saisir ses trois raffineries et ses pipe-lines aux États-Unis. Cependant, le Pentagone pourrait s’y opposer pour « raison de sécurité nationale ».

La conséquence? En cas d’un débarquement amphibie sur les cotes vénézuéliennes avec le concours de l’OTAN, la Russie ne restera pas les bras croisés. Tout comme l’Iran et la Chine voire Cuba. Ce nouveau front ouvert offre beaucoup de similitude avec le front syrien à cette différence près qu’il se trouve sur l’arrière cour américaine .

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