#France Corée du Nord Espionnage Benoît Quennedey Administrateur au Sénat et espion pour Pyongyang? Les révélations de l’enquête

Administrateur au Sénat et espion pour Pyongyang? Les révélations de l’enquête

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Mediapart révèle les charges qui pèsent sur Benoît Quennedey, le haut fonctionnaire mis en examen pour « trahison » et « intelligence avec une puissance étrangère ». S’il a été en contact régulier avec les services de renseignement nord-coréens, sa défense conteste la version des faits présentée par le contre-espionnage français.

Le samedi était à la pluie de pavés et à la moisson de barricades sur les Champs-Élysées. À Dijon, des gilets jaunes ont occupé des voies ferrées. Quand sa mère dépose Benoît Quennedey devant la gare de la capitale bourguignonne, ce dimanche 25 novembre 2018, les trains circulent de nouveau sans entrave. L’énarque de 42 ans s’apprête à rentrer à Paris après deux jours passés auprès de ses parents, loin de l’agitation insurrectionnelle. Une fois dans la gare, des inconnus l’interceptent. Ils sont de la DGSI. Les policiers lui signifient son placement en garde à vue. Il est suspecté de « recueil et de livraison d’informations à une puissance étrangère susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».

Lunettes de soleil sur le nez, Benoît Quennedey assiste tout sourires dans les gradins au défilé militaire lors des 70 ans du régime nord-coréen. © Capture d'écran.Lunettes de soleil sur le nez, Benoît Quennedey assiste tout sourires dans les gradins au défilé militaire lors des 70 ans du régime nord-coréen. © Capture d’écran.

Le lendemain, son appartement dans le Ve arrondissement de Paris et le domicile de ses parents à Dijon sont perquisitionnés. Ainsi que son bureau avec balcon donnant sur les jardins du palais du Luxembourg. Benoît Quennedey est un haut fonctionnaire du Sénat. Dans la soirée, « Quotidien », l’émission de Yann Barthès sur TMC, révèle l’identité et la fonction de celui qui est accusé d’être une taupe nord-coréenne. L’affaire Quennedey a démarré. Aussitôt, ses proches crient au complot.

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En face du métro Pernety, Tropiques revendique son statut, autoproclamé, de « librairie indépendante ». À côté d’une sélection pointue des meilleurs ouvrages du moment, de nombreux livres d’histoire, dont plusieurs consacrés à Marx, Lénine, Staline et la critique du capitalisme. Sur un présentoir, des cartes postales éditées par Tropiques et pastichant avec un humour féroce Christophe Castaner, « AUX GRANDS HOMMES DE MAIN, LA BOURGEOISIE RECONNAISSANTE », ou encore Emmanuel Macron en voleur interpellé par la maréchaussée en une du Nouveau Détective. Derrière une porte, fermée, on peut entendre Dominique Mazuet, le propriétaire des lieux, disserter sur le maoïsme en France auprès de son interlocuteur.

Dans la soirée du vendredi 30 novembre, la librairie du XIVe arrondissement parisien accueille les soutiens de Benoît Quennedey. Une assemblée, rapporte le magazine Society« de vieux combattants et d’anciens compagnons de voyage » qui dissertent « entre deux bouteilles de beaujolais ». Leur ami est forcément un faux coupable. Une victime expiatoire pour détourner l’attention des gilets jaunes qui s’apprêtent une nouvelle fois à déferler dans Paris. « C’est une accusation ridicule, un mensonge de Macron et des médias », peste Dominique Mazuet, alors interrogé par Society. Dans un communiqué annonçant sa création, le comité Quennedey dénonce des « charges invraisemblables et extravagantes »« une résurgence du délit d’opinion ».

Avec ses lunettes ovales, sa voix douce, sa coupe de cheveux en perpétuelle bataille, ses vêtements – chemisette ou costard-cravate – toujours trop amples, ce quadragénaire à l’éternel air d’étudiant germanopratin ne peut pas être un espion.

Et puis les taupes les plus célèbres de l’histoire de France occupaient des postes sensibles : Francis Temperville, docteur en physique nucléaire, travaillait au Commissariat à l’énergie atomique lorsqu’à la fin des années 80 il vend au KGB des documents secret défense ; Georges Pâques, membre de tous les cabinets ministériels de la IVe République, trahissait au profit de l’URSS dans le but d’éviter une troisième guerre mondiale en rééquilibrant les forces en présence.

Benoît Quennedey est lui, depuis 2005, administrateur principal au Sénat, où il est affecté à la direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins. Contactés par Mediapart au début de l’affaire, ses parents s’étonnaient : « Notre fils travaillait ces dernières semaines sur les appels d’offres concernant la construction d’un self-service. Il n’avait pas accès à des documents liés au secret défense… » Son job serait la preuve même de son innocence : quand bien même il aurait désiré le faire, Benoît Quennedey n’était pas en capacité de trahir.

Mieux, le haut fonctionnaire n’a jamais caché son attachement au régime de Pyongyang. Un ancien camarade de la promotion René-Cassin de l’ENA raconte à l’AFP que, vingt ans plus tôt, Quennedey « n’avait que des éloges à l’égard de la Corée du Nord et s’élevait avec vigueur contre ceux qui qualifiaient ce régime de liberticide. Il nous expliquait que ce n’était pas un système dictatorial et que cette image était le fruit d’un complot américain ». Dans l’enceinte même de l’ENA, il distribuait des ouvrages à la gloire du « juche », le socialisme nord-coréen élaboré dans les années 1950 afin de se distinguer au sein du bloc communiste.

Une fois au Sénat, Benoît Quennedey continue à distiller sa rhétorique. « Il était plus que borderline et connu comme le loup blancconfiera au Monde le sénateur (LREM) André GattolinIl utilisait clairement le Sénat pour faire de l’influence pour un régime dictatorial ! » Parallèlement à son activité rémunérée au sein de la Chambre haute du Parlement, Benoît Quennedey consacre aussi tout son temps libre à promouvoir une autre idée de la Corée du Nord.

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Deux gradés s’échangent des cigarettes qu’ils fument sans un mot et sous la neige tandis que leurs soldats se mettent en joue. Scène de la vie ordinaire des patrouilles nord et sud-coréennes chargées de faire respecter la sécurité de part et d’autre de la frontière.

Les lumières se rallument dans la salle Marylin-Monroe de la Filmothèque du Quartier latin. On est le 16 juillet 2018. Entre une lithographie de la star hollywoodienne et l’écran blanc, Benoît Quennedey, micro en main, expose devant un parterre d’une trentaine de spectateurs les raisons d’aimer le film qu’ils viennent de voir. Il s’agit de Joint Security Area, le premier chef-d’œuvre signé du metteur en scène coréen Park Chan-wook (on lui doit, entre autres, Old Boy, primé à Cannes).

Le lendemain, Benoît Quennedey écrira sur son blog que le réalisateur « s’est intéressé à la beauté de la fraternisation entre Coréens du Nord et du Sud, dans une ode à la réconciliation et à la réunification », soulignant « un tournant dans la représentation des Nord-Coréens […] qui se démarquent (enfin) des brutes épaisses, assommées par l’idéologie, que l’on retrouve dans tant d’autres films sud-coréens de l’époque ».

Ce faisant, le haut fonctionnaire, qui avait été invité à présenter le film par son diffuseur en manque de spécialistes de la péninsule coréenne, martèle là des thèmes qui sont chers à l’Association d’amitié franco-coréenne (AAFC) qu’il préside. Cette officine de propagande en faveur du régime de Pyongyang défend le rapprochement de Paris avec la Corée du Nord, la levée des sanctions qui pèsent sur le pays et la réunification avec son rival du Sud. C’est l’ancien sénateur communiste d’Antony, André Aubry, qui avait invité Quennedey à adhérer avant de lui en confier les rênes.

Le président qui en savait trop

Au titre de président de l’AAFC, le haut fonctionnaire a ses entrées à la délégation générale de la Corée du Nord à Paris (la France n’ayant jamais reconnu officiellement la République populaire démocratique de Corée, cette dernière n’a pas d’ambassade). Situé dans une rue parallèle à la librairie Tropiques, le bâtiment aux rideaux, stores et volets fermés affiche, sur quatre étages, sa discrétion. Y opèrent officiellement huit diplomates, quatre accrédités à l’Unesco, quatre accrédités au nom de ladite délégation générale.

S’il ne se rend pas à la délégation générale dans le XIVe arrondissement de Paris, Benoît Quennedey traverse les continents jusqu’à la lointaine Corée du Nord, objet de son obsession. Huit voyages depuis 2005. Il y était encore en septembre dernier, pour les 70 ans de la République populaire. Lunettes de soleil sur le nez, il assiste tout sourires dans les gradins au défilé militaire, apprécie la parade aux flambeaux, loge dans un hôtel aux côtés du comédien Gérard Depardieu et de l’écrivain Yann Moix.

Benoît Quennedey, lors d'une rencontre avec des lecteurs, vante les bienfaits de l'économie nord-coréenne. © Capture d'écran.Benoît Quennedey, lors d’une rencontre avec des lecteurs, vante les bienfaits de l’économie nord-coréenne. © Capture d’écran.

Quand il lui reste du temps, le quadragénaire écrit. Son premier livre, L’Économie de la Corée du Nord en 2012. Naissance d’un nouveau dragon asiatique ?, a été publié aux Indes savantes en 2013. Le second, La Corée du Nord, cette inconnue, aux éditions Delga en 2017. Lors d’une rencontre avec des lecteurs, Benoît Quennedey prévient tout procès de diabolisation à son encontre : « Toute personne qui parle de la Corée du Nord s’expose, si elle ne prend pas les thèmes habituels, à se voir rétorquer qu’elle ne peut être qu’un suppôt du pire régime au monde… » Là où certains qualifient le pays de « dernier régime stalinien de la planète », lui évoque « un régime souple », vante les camps de travail pour les dirigeants ayant failli (« Ils reviennent ! », croit-il bon de préciser). Bref, le haut fonctionnaire ne fait pas mystère de son admiration pour la dynastie des Kim.

Ce qui fait dire à son éditeur chez Delga, Aymeric Monville, lorsque Mediapart le contacte au début de l’affaire : « Un espion se cache par définition et ne s’affiche pas à la tête d’une association de soutien au régime qu’il servirait ! » Imparable, en apparence.

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À Levallois-Perret, à l’intérieur du paquebot de verre et d’acier, siège de la DGSI, un homme passe à table. Sans aucune difficulté. Oui, son association constitue bien un vecteur de promotion du régime de Pyongyang. Oui, il est attiré de longue date par la Corée du Nord. Oui, il est en admiration devant le juche. C’est de notoriété publique.

Admiratif mais, prévient-il, sans être « un partisan aveugle » du système politique nord-coréen. La nuance a son importance. Contactée au même moment, une source proche de l’enquête précisait que « les investigations ont pour finalité d’établir si Benoît Quennedey a, ou pas, franchi la ligne ou s’il s’agit seulement d’une admiration pour le régime non susceptible d’être sanctionnée. On est dans une phase d’établissement des responsabilités et de vérification ». Plus tard, Florian Lastelle, l’avocat de Benoît Quennedey, nous affirmera « réfuter les termes d’adhésion à une idéologie ou de fascination ».

L’attention de la DGSI avait été attirée sur ce militant associatif en raison de son soutien qualifié d’« indéfectible » au régime nord-coréen. Une discrète enquête administrative avait mis en évidence ses relations très régulières avec divers membres de la délégation générale à Paris. Surtout, le contre-espionnage français soupçonnait Benoît Quennedey de chercher, sous le prétexte des missions de son association, à mettre en relation avec les Nord-Coréens des scientifiques et ingénieurs de l’Hexagone, reconnus dans le domaine du nucléaire. Alerté, le parquet de Paris décidait l’ouverture d’une enquête préliminaire le 12 mars 2018.

Agissant cette fois dans un cadre juridique précis, les contre-espions de la DGSI constataient les rendez-vous du haut fonctionnaire avec des représentants officiels nord-coréens, y compris avec certains… officiers du Bureau général de reconnaissance (BGR), la principale agence d’espionnage du régime, que dirige le général Kim Yong-chol et que le FBI suspecte d’être responsable de plusieurs cyberattaques d’ampleur, notamment celle qui avait piraté le réseau interne de Sony Pictures Entertainment, juste avant le lancement du film The Interview, une comédie hollywoodienne ridiculisant Kim Jong-un, le jeune dictateur nord-coréen.

Qu’un haut fonctionnaire du Sénat rencontre des espions d’une dictature sans lien diplomatique avec la France est éminemment suspect. Seulement, l’enquête préliminaire n’a pas permis en neuf mois de déterminer le moindre échange d’informations compromettantes entre la potentielle taupe et ses officiers traitants… D’où la garde à vue. Dans l’espoir que perquisitions et auditions apportent les éléments matériels permettant d’établir judiciairement si Benoît Quennedey est ou non un renégat.

Un ancien camarade de l’ENA – dans des promotions successives, ils se sont côtoyés une année – s’enquiert du déroulé de l’audition. Le premier travaille au Sénat ; le second à l’Élysée. L’un officie à la direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins ; l’autre a été élu à la présidence de la République. Pourtant, pendant quelques heures, Benoît Quennedey vole la vedette à Emmanuel Macron à la une du flot d’actualités.

Tandis que son identité, sa vie défilent sur les bandeaux des chaînes d’information en continue, l’énarque en garde à vue à Levallois reconnaît, selon la DGSI, « s’être beaucoup investi pour plaire » aux autorités nord-coréennes, avoir rédigé à plusieurs reprises à la demande d’un membre de la délégation générale des analyses de l’actualité politique française. Depuis, sa défense récuse qu’il ait employé l’expression « s’être beaucoup investi pour plaire ».

Benoît Quennedey l’ignore sans doute, mais ce qu’il décrit en garde à vue correspond au schéma très classique de compromission et de recrutement des sources. À l’automne 2018, Le Figaro avait révélé le programme d’espionnage chinois en France, en s’appuyant sur une note commune de la DGSI et de la DGSE. Cette note, dont avait été également destinataire Mediapart, pointe comment « en vue de pénétrer à des fins d’espionnage les plus hautes sphères de l’administration », plus de 1 700 employés avaient été ‘‘tamponnés’’. Comme Quennedey qui se rend souvent en Corée du Nord, les Chinois invitent « les cibles les plus prometteuses » à l’étranger, « pour participer à un séminaire, donner des conférences ». Ensuite, écrivent les services français, « de retour dans son pays, la cible reçoit des instructions de son correspondant chinois qui lui demande régulièrement la rédaction de notes d’analyse […] sur des sujets d’actualité »avant de passer aux choses sérieuses.

Lors d’une audition devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, le 10 mai 2016, l’ancien patron de la DGSI, Patrick Calvar, avait tiré la sonnette d’alarme : « Nous sommes aujourd’hui polarisés sur la lutte antiterroriste et nous ne voyons plus les dégâts causés par l’espionnage. […] Il en va de notre souveraineté, de notre capacité industrielle et économique, de notre recherche. »

Comme Mediapart l’avait raconté dans un article consacré à l’espionnage russe, les sénateurs membres de la commission des affaires étrangères et de la défense ont été conviés, le 7 mars 2018, à une demi-journée de sensibilisation à la protection de certaines informations, qui a été dispensée au palais du Luxembourg par des officiers de la DGSI. Les fonctionnaires à la direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins n’avaient pas été conviés à cette formation.

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Tout à la course atomique et balistique à laquelle elle se livre pour assurer sa souveraineté militaire, la République populaire démocratique de Corée consacrerait un quart de son PIB aux dépenses militaires. Une avancée substantifique (et gratuite) de son programme nucléaire allégerait le poids que la surenchère guerrière de son Cher Dirigeant Kim Jong-un fait peser sur l’économie du pays. La France, puissance dotée de l’arme atomique, offre un terrain de jeu à fort potentiel pour les espions du BGR que rencontre Benoît Quennedey.

Kim Jong-un lors d'une conférence à Pyongyang, le 19 septembre 2018. © Pyeongyang Press Corps/Pool via REUTERSKim Jong-un lors d’une conférence à Pyongyang, le 19 septembre 2018. © Pyeongyang Press Corps/Pool via REUTERS

En garde à vue, le président de l’Association d’amitié franco-coréenne reconnaît ce que la DGSI subodorait : par son entremise, la délégation générale cherche à rencontrer des experts français aux profils variés. Notamment, selon le contre-espionnage français, des scientifiques et ingénieurs pouvant contribuer au développement du programme nucléaire nord-coréen. L’énarque veille toutefois à minimiser son rôle, dans ce domaine, au seul cas d’un mathématicien mis en relation avec des homologues nord-coréens. Un mathématicien dont le champ d’études contient, selon le contre-espionnage français, d’évidentes applications militaires.

Dans le très dense portrait qu’il consacre à Quennedey, le magazine Society évoquait le cas de Damien Jamet, chercheur en mathématiques et informatique à l’université de Lorraine, dont les autorités françaises avaient refusé en 2016 le déplacement à l’université Kim-Il-sung, après qu’il avait été orienté dans ses démarches par l’administrateur du Sénat.

« C’est moi qui avais contacté l’AAFC et suis tombé sur Benoît qui tenait la permanence, restitue le mathématicien lorrain, contacté par Mediapart. Il m’a expliqué les démarches à suivre pour se rendre en Corée du Nord. » Après un premier voyage avec un ordre de mission de son université, Damien Jamet se verra refuser un second, en septembre 2016, par le Quai d’Orsay. « Dès lors qu’on fait de la recherche en sciences formelles, tout le monde s’imagine qu’on se rend là-bas pour apprendre aux Nord-Coréens à faire la bombe nucléaire… » Mediapart n’a pas pu établir si Damien Jamet était bien le mathématicien qui, considérait la DGSI, travaille dans un domaine intéressant l’armement militaire. « Mon domaine de recherches porte sur la combinatoire des mots, sourit Damien Jamet. Il n’y a là aucune application sécuritaire… C’est pour cela que je n’avais aucun scrupule à aller en Corée du Nord. Nous avons des doctorats, nous savons tout de même ce que nous faisons… »

Au cours de sa garde à vue, Benoît Quennedey a également été interrogé sur le rôle qu’il aurait joué en mettant en relation un ingénieur travaillant dans le nucléaire militaire et un diplomate nord-coréen en poste à Paris : le haut fonctionnaire du Sénat a nié. Certes, il connaît bien l’ingénieur en question, mais cela s’arrêterait là. Benoît Quennedey a une excuse toute trouvée pour être en relation avec l’ingénieur, l’épouse de ce dernier milite au sein de l’Association d’amitié franco-coréenne.

De manière générale, au cours de ses auditions, Benoît Quennedey jure n’avoir transmis aucune information sensible à ses amis nord-coréens. L’exploitation de son ordinateur établit pourtant que, dans un mail adressé à un membre de la délégation générale, l’administrateur du Sénat rappelle sa volonté que « la Corée du Nord parle d’égal à égal avec les États-Unis », tout en transmettant des informations à propos de l’armement nucléaire français. Des informations provenant de sources qu’on qualifie d’ouvertes (accessibles à tous) et dont l’usage n’est donc pas pénalement répréhensible. Interrogé à propos du mail et de son contenu, son avocat nous a déclaré :  « J’estime que je n’ai pas à vous répondre ».

Plus gênant pour Benoît Quennedey, il aurait avoué, du bout des lèvres (sa défense le conteste), avoir surveillé une manifestation organisée par une association dénonçant les violations des droits de l’homme en Corée du Nord. Il y a pris des photos de différents opposants participant à l’événement et aurait ensuite remis lesdites photos à un officier du BGR, le redoutable service de renseignement coréen. Si elle est établie, la transmission des photos est un élément matériel qui caractérise juridiquement la trahison.

Enfin, les officiers de police judiciaire en train de l’interroger et Benoît Quennedey ont parlé de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette.

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C’est une histoire sans nom, sans début et sans fin. Le 14 novembre 2014, des policiers se présentent d’abord à l’école d’architecture de La Villette, puis au Crous de Paris. Une enquête pour « disparition inquiétante » a été ouverte par le parquet de Paris à la suite du signalement par l’école de l’absence prolongée d’un élève qui, depuis une quinzaine de jours, ne donne plus signe de vie. L’agence de presse sud-coréenne révèle l’affaire : un étudiant de Corée du Nord « a été kidnappé par des agents secrets nord-coréens déployés dans la capitale française ». Des « agents de Pyongyang » qui seraient venus chercher l’apprenti architecte à la sortie de son école, selon la version de divers médias sud-coréens.

Le kidnappé, un jeune homme identifié sous un simple nom de famille, Han, serait, selon l’agence Yonhap, le fils « d’un collaborateur de Jang Song-taek », oncle et mentor du dictateur nord-coréen Kim Jong-un, fusillé en décembre 2013 histoire d’assoir l’autorité de son neveu depuis peu au pouvoir. Dans la foulée, s’était ensuivie une purge de dignitaires proches de l’oncle déchu, dont le propre père de Han qui avait été exécuté.

Début novembre 2014, cela aurait été au tour de Han, étudiant en France, d’être récupéré par des séides du régime qui le conduisent à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en vue de le rapatrier dans son pays d’origine. Pourtant, l’enquête judiciaire s’arrête là.  Rencontrée, une source judiciaire se souvient : « On nous avait expliqué de ne plus nous inquiéter. On nous avait dit : ‘‘Il a été retrouvé !’’ Nous n’avons pas eu le droit à plus d’explication… » Après quelques articles, la presse française se désintéresse de cette mystérieuse disparition. À l’époque, des membres des cabinets ministériels demandaient aux journalistes, dont l’auteur de ces lignes, de ne surtout pas écrire ce qu’était devenu Han, « pour ne pas le mettre en danger ».

Que cherchaient à cacher les autorités françaises ? Que Han, sur le point d’embarquer à Roissy, avait réussi à échapper à ses ravisseurs. Et surtout que les services de renseignement français avaient récupéré l’étudiant, qui avait demandé l’asile et était placé depuis sous protection dans un lieu tenu secret.

Han étudiait en France depuis 2011, comme neuf camarades de l’université Kim-Il-sung envoyés par Pyongyang et répartis dans les écoles nationales d’architecture de Paris-La Villette et Paris-Belleville. Un programme lancé en toute discrétion en 2002 par le Quai d’Orsay, le ministère de la culture et les autorités nord-coréennes, et dont l’existence avait été révélée par le site Streetpress.

Les dix élèves des écoles d’architecture parisiennes, triés sur le volet, figuraient parmi les très rares ressortissants de leur pays à avoir obtenu le privilège d’étudier à l’étranger. Cela n’allait pas sans contrepartie. Un homme était là pour les accueillir. Benoît Quennedey. « C’était un peu le mentor des étudiants, se souvient un professeur interrogé dans le récent portrait de SocietyIl était très paternaliste avec eux et suivait leurs études attentivement. »

En garde à vue, l’administrateur du Sénat reconnaît – « tout en minimisant ses actes », précise une source proche du dossier – qu’en 2014, il avait communiqué à un membre du BGR des informations pour l’aider « à localiser » Han après que celui-ci avait échappé aux agents à l’aéroport et ce, alors qu’il n’ignorait pas que l’étudiant nord-coréen « risquait la mort » dans son pays… Des propos contestés aujourd’hui par sa défense, qui annonce que « le sujet sera évoqué devant le juge d’instruction bientôt ».

La stratégie du pion

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La garde à vue touche à sa fin et, après quatre jours d’auditions, Benoît Quennedey craque. Un peu. A minima. Les exemples de comportements troubles qui peuvent lui être reprochés ont ébranlé celui qui n’est pas un habitué des procédures judiciaires. L’administrateur du Sénat finit par concéder qu’il a pu être le jouet des services secrets nord-coréens. Un aveu tempéré aussitôt : l’opération se serait faite à son corps défendant. L’énarque soutient que jamais, ô grand jamais, il n’a livré volontairement des informations à la Corée du Nord.

Par la suite, son avocat martèlera dans les médias le message : « Monsieur Quennedey n’a trahi ni la France ni personne, dira Me Florian Lastelle au micro de France Info. C’est un homme qui aujourd’hui clame son innocence et sa mise en examen va être contestée fermement. Et nous aurons tous les moyens de prouver son innocence. […] C’est un homme respectable qui n’a rien à se reprocher. »

Quand il nous rencontre vendredi 25 janvier, l’avocat annonce d’emblée : « Je ne confirmerai aucun élément. Le secret de l’enquête a été tellement violé… Moi j’y suis attaché. Je peux simplement vous dire que pour tous les gens que Benoît Quennedey a rencontrés, cela s’est fait de manière officielle au vu et au su de tout le monde. Jamais dans des cafés sombres. Et, pour faire cesser le fantasme, il ne connaît personne travaillant dans le domaine nucléaire. » La défense fait remarquer que les activités de l’association que préside son client étaient détaillées sur le site de celle-ci, notamment les échanges avec la délégation nord-coréenne à Paris.

Il est vrai que, dans un billet sur le site de l’Association d’amitié franco-coréenne daté du 30 mars 2011, il est raconté comment Benoît Quennedey et un autre membre de l’association ont envoyé « de la documentation technique dans les domaines de l’architecture et des chemins de fer » transmises « via DHL » à Pyongyang pour permettre à la Corée du Nord « d’atteindre son objectif de bâtir un pays puissant et prospère ». Le colis est énuméré dans ses moindres détails : du rapport de l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets) sur la Dynamique ferroviaire en coordonnées curvilignes aux ouvrages « sur les matériaux de construction (acier, verre, bois), l’urbanisme (résultats des concours Europan 8 et Europan 10), la construction de logements collectifs et les espaces publics, comportant à la fois des données techniques et des plans ». Sont même précisés dans quels ouvrages se trouvaient en complément des CD, un luxe de détails un peu ridicule, sauf à ce que l’auteur du billet n’ait cherché là à se prémunir contre de futures accusations de compromission. Le billet s’achève d’ailleurs avec une très officielle demande d’espionnage à ciel ouvert : « L’AAFC invite toutes celles et tous ceux qui disposent d’une documentation technique, correspondant à leur secteur de compétences ou à leurs centres d’intérêts, à se rapprocher d’elle : les actions d’échanges de documentations même modestes, offrent aux Coréens les moyens d’assurer le développement et la modernisation de leur pays »

Alors où se trouve la vérité de Benoît Quennedey ? Serait-il un idiot utile, comme il le laisse à penser en garde à vue, arguant de sa naïveté, modeste fonctionnaire balloté par des forces qui le dépassent, ou une taupe sans scrupule agissant par conviction politique ? Policiers et magistrats s’accordent à dire que l’énarque est tout sauf idiot. « C’est une personnalité complexe, avoue une source judiciaire. Il est difficile à établir s’il agit par aveuglement ou s’il cherche à manipuler… Son mobile reste à déterminer. »

Et malgré son intelligence, il ne faut pas écarter que Benoît Quennedey ait été dupé par plus roués que lui. Depuis plus d’un an, deux femmes comparaissent devant la justice malaisienne pour l’assassinat en plein aéroport de Kuala Lumpur de Kim Jong-nam, le demi-frère aîné et potentiel rival du dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Le 13 février 2017, les caméras de surveillance montrent deux femmes en train d’asperger le visage de Kim Jong-nam d’une substance transparente et inodore, identifiée plus tard comme du VX, un puissant agent neurotoxique classé arme de destruction massive. Kim Jong-nam mourra vingt minutes plus tard, dans l’ambulance qui le conduit à l’hôpital. « Une farce du style caméra cachée », jurent, depuis leur interpellation, les deux tueuses qui racontent avoir été trompées par quatre Nord-Coréens. Ils leur auraient demandé d’administrer « une huile pour bébé » dans le cadre d’un jeu télévisé.

Benoît Quennedey a été plusieurs fois invité sur le plateau de RT France. © Capture d'écran.Benoît Quennedey a été plusieurs fois invité sur le plateau de RT France. © Capture d’écran.

À la différence des deux tueuses du demi-frère déchu – l’une masseuse indonésienne et l’autre actrice vietnamienne –, Benoît Quennedey offre un profil qui correspond aux critères classiques pour recruter une source, le fameux «MICE » (acronyme mnémotechnique des quatre mobiles classiques pour manipuler une taupe : « Money, Ideology, Compromission, Ego »). Au-delà de son endoctrinement, de ses convictions anciennes et constantes, le haut fonctionnaire peine à cacher ses blessures à l’ego. Plusieurs médias ont fait état du fait qu’il rêvait d’être affecté à la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat. Au lieu de cela, il s’est retrouvé à la direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins.

Au moins, avec l’Association d’amitié franco-coréenne, il est reconnu comme une référence en matière de questions nord-coréennes, est invité sur les plateaux de télévision, la chaîne RT France, émanation de Russia Today, le présentant comme « expert en relations internationales ». France 24 le reçoit aussi.

La présidence de son association lui assure une surface diplomatique que ne lui a pas offerte sa carrière. Lors de son dernier voyage au pays du Matin calme en septembre dernier, il arbore au revers de sa veste une épinglette (pin’s) représentant Kim Il-sung. Un honneur : le droit de porter le badge représentant le fondateur de la dynastie rouge du cru se mérite aux yeux du régime. Cette distinction n’est décernée qu’aux étrangers jugés de confiance. De retour, il se gargarise d’avoir été assis « à une vingtaine de mètres » du Cher Dirigeant Kim Jong-un lors de son discours, souligne que, lors d’une marche pour la paix, la banderole de l’AAFC « était la première du cortège ».

Au début de l’affaire, un visiteur français ayant eu l’occasion de croiser Benoît Quennedey à Pyongyang voilà une dizaine d’années, décrivait à Mediapart un « illuminé cependant très intelligent »« Je pense qu’au fond de lui, il était conscient des problèmes de la Corée du Nord, mais qu’il trouvait des excuses au régime. En raison d’un très fort anti-américanisme, d’un goût des causes perdues, du plaisir de prendre le contre-pied des autres. Être un loyaliste de la Corée du Nord, c’est une façon d’exister. Les gens comme Quennedey savent que leurs positions sont au fond indéfendables, mais au moins ils ont l’impression de compter. »

On songe à La Défection de A.J. Lewinter, le premier roman d’espionnage de Robert Littell, dans lequel un ingénieur américain passe à l’Est. De part et d’autre du rideau de fer, les services secrets n’arrivent pas à concevoir que Lewinter livre des secrets sur l’arsenal nucléaire des États-Unis parce qu’il est déçu de n’avoir pu obtenir les moyens de mettre au point… un système d’élimination des ordures de son invention.

Le 29 novembre, à l’issue de sa garde à vue, Benoît Quennedey a été présenté devant le procureur de la République, puis mis en examen pour « trahison par livraison à une puissance étrangère d’informations susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation » et « intelligence avec une puissance étrangère ». Sa mise en examen est assortie d’un placement sous contrôle judiciaire lui interdisant de quitter le territoire, d’exercer sa profession et d’entrer en contact avec certains protagonistes de son affaire. Au titre de l’article 411-6 du code pénal, il encourt quinze ans de réclusion criminelle et 225 000 euros d’amende.

Une demande d’entretien avec Benoît Quennedey a été transmise par le biais de son avocat, il n’a pas donné suite. On s’est rendu jeudi 24 janvier à la Maison des associations, dans le XVIe arrondissement, où l’Association d’amitié franco-coréenne tient une permanence un soir par semaine. Dans l’espoir de le rencontrer. À sa place, Patrick Kuentzmann, le secrétaire général de l’AAFC. Il trie le courrier. « Les adhésions sont reparties, c’est essentiel avec tout le mal qu’a fait cette affaire à notre association, à Benoît et à sa famille. » Il refuse d’en dire plus et renvoie vers l’avocat de Quennedey. Je décline mon identité et indique travailler pour Mediapart.

« Oui, je sais. Vous êtes sur le terrorisme mais vous vous trompez, il n’y a pas de terrorisme ici ! »

Je lui précise écrire à l’occasion sur le contre-espionnage.

« Il n’y a pas d’espionnage non plus. »

TOUS LES COMMENTAIRES

  • NOUVEAU
  • 27/01/2019 14:37
  • PAR 

La résilience du régime Nord-coréen ne s’explique évidemment pas uniquement par la terreur mais aussi par la capacité à entraîner et à disposer de soutiens à l’intérieur et à l’extérieur. Nous avons aussi tout un lobby pro-Assad qui revient fréquemment ravi de ses visites Potemkine.

Bien dit.

Bof, vous ne savez rien de l’affaire.

Tout à fait d’accord. le dossier à charge est très très léger avec un parfum de chasse aux sorcières d autres temps.

Arrête de compliquer les choses Crampon… avec des remarques à deux balles (de LBD)…

et ils ne sont même pas arabes hahaha!

Ah oui, je pense que nous avons la même liste…

Je dis ça comme ça mais j’avais vu ce Monsieur su Rt et je pensais qu’il étais Sénateur … confusion la …

Article très intéressant, on attend de voir ce que donnera la suite judiciaire.

Il est regrettable que des personnes vivant grassement sous le dos de l’état (il a un appartement dans le Vème…) pendant que tant de française.e.s sont dans la misère perdent le sens des réalités au point de se compromettre pour des histoires d’égo avec un régime qui fait le malheur de son propre peuple, réduit à l’exile.

Maintenant sur le fond, il semble quand même, qu’il ait été retourné par les services secrets nord-coréens, à partir de là vu le réseau de l’intéressé (énarques, des entrées au sénat), plus tôt il était mis out, le mieux. Donc je pense qu’il va être out maintenant et que c’est une victoire pour le contre espionnage même si somme toute ca reste du petit poisson, il valait mieux mettre un stop.

Il est certain que l’espionnage a cours en France et ailleurs, ca fait partie du jeu des grandes nations et des moins grandes. Il y a peu Guardiola qui répondait à un journaliste sur l’affaire d’espionnage de Bielsa de ses adversaires disait finalement quelque chose de très juste « tout le monde épi tout le monde même dans la vie de tous les jours ». On ne peut donc pas être surpris. La France aussi espionne, il suffit de voir la connaissance du régime Nord Coréen présente dans l’article. On a envie de dire c’est de bonne guerre.

Eh Eh ou Et Et macronien ! Notre Yann MOIX, qui va souvent en Corée du Nord, ne pourrait-il pas être aussi un agent inconscient, livrant des secrets sans le vouloir, de manière pulsionnelle, irrépressible, de la même manière qu’il ne peut ressentir le contact d’une femme de 50 ans sans … … … … … … … … … … … … … … …  !

Ce texte est le second puisque je ne cherche pas à être attaqué en Justice parce que les symptômes que je décrivais étaient faux !

Toutefois, son Inconscient pourrait être animé par une addiction, par une soif inextinguible de se venger de sa mère, de son père, donc (En élargissant) de la France. I don’t know !

Affaire à suivre !

Je serais à la place de « Verticale 16 », je confierais cette affaire de sécurité au barbouze aux X passeports, pouvant entrer partout sans se faire repérer, le new « 007-BENALLA » !

Pierre Payen (Dunkerque)

 

Quels secrets a Yann Moix l’écrivain qui raconte sa vie et son être au travers de ses livres ? Tout juste peut il mettre en relation des gens mais c’est peut-être lui qui gagne des jeunes relations en Corée du Nord

ils sont tous fourrés chez RT !!! c’est drôle !! quel mic-mac !! Les idiots utiles il y en a plein…

Nouilles froides a Pyongyang …

 il n’y a pas de « c » pour remplacer le « n » de nouilles … alors elle est où la contrepeterie ?

  • NOUVEAU
  • 27/01/2019 19:05
  • PAR 

Bon soit… Arrêter un guignol est certes intéressant…

Mais lorsque fuite une telle info, c’est souvent pour en laisser d’autres au tréfonds des secrets d’Etat.. Autrement dit gare à l’esbroufe tant de ce personnage, que du pouvoir voire de nos services .

L’activité des Nord Coréens, en effet , est principalement assujettie à celle des services chinois, et fort possiblement en ce qui concerne la cyber (hyper) activité de ces agents, en liaison avec les hackers russes travaillant soit pour le compte de l’Etat soit celui de mafias.

L’une des problématique de ce régime de Pyong Yang, c’est outre la bunkerisation des « esprits » et du pays, y compris sur le plan du WEB, est celle de l’entrée de devises malgré tout et aussi l’accès à un « dark market » permettant certains approvisionnements.

En conséquence, si Quennedey a laissé des traces permettant à coup sûr d’accréditer qu’il a transmis des infos sur le programme nucléaire civil et militaire français alors ce peut être sérieux encore que Pyong Yang dispose du savoir faire chinois, ou russe… A moins que l’affaire ne révèle quelques dissensions entre la RPCN et la Chine par exemple.

L’autre point serait que Quennedey ait livré des infos permettant aux Coréens du Nord de se faire « du beurre » avec le marché carbone… mais là encore est il besoin de ce relais ?

Un dernier serait un « filon » permettant à la RPCN l’accès à un gisement de bitcoins… ou encore l’accès au capital de tel ou tel « bien » national…

Quennedey est il en mesure de permettre cela à la RPCN ?

Or lorsqu’on voit notamment à propos du dossier Alstom le peu de cas que Macron a fait des savoirs ou des secrets français, on est en droit de douter de l’imperméabilité industrielle « marchandisable »…

Enfin, il est notable que deux courants au moins s’intéressent à la RPCN de près…

Les soraliens (voyage de Soral récent en RPCN) et celui de Quénedey….

Evidemment, il est très étrange en termes de coïncidence, que cet épisode là, se situe alors qu’un réchauffement des relations pas à pas a lieu avec Trump et les USA.

Qui donc a balancé Quenedey ? Qui instrumentalise la situation ? Qui lance à l’opinion cet os à ronger ?

C’est étonnant que personne n’ai prévenu la DGSI du réchauffement des relations entre Trump et la Corée du Nord, réchauffement qui rend ses investigations complètement décalées. Il suffirait qu’un mot soit glissé à la représentation diplomatique américaine par leurs homologues coréens travaillant sur le prochain sommet pour que toute cette farce tourne court.

Cher Ardus je voudrais pas jouer les grincheux et paraître un temps soit peu impertinent mais depuis l’audition de Benalla on sait qu’on peut faire trempette dans le Lac Tchad muni d’un passeport diplo de l’Elysée, et d’un autre de service de même provenance, sans que la DGSI ou les diplos du coin s’en aperçoive … que le gars même mange avec le Président truffé d’agents d’informateurs, sans que cela n’émeuve qui que ce soit ..

Si Kim se ballade avec un passeport diplo français, pas sûr que qui que ce soit s’en rende compte… à moins … que son garde du corps pour l’occasion s’appelle Alexandre Benalla…

« Et pendant ce temps là…. à Beauveau on transmet un note de service à propos d’un commentaire de JLMFI » …. « A tous les agents : « me faire parvenir toute fréquentation d’un cours accéléré de Coréen de Monsieur A . B…. »

 

 

On est vraiment sur que la DGSI ou DGSE n’était pas au courant des voyages de Benalla ?

Peut être avait-il des ordres de missions plus ou moins secrètes et qu’on l’envoyait lui pour pouvoir le lacher facilement, en somme tout est imaginable à ce propos, d’autant plus si au court des investigation le secret défense vient à être invoqué

  • NOUVEAU
  • 27/01/2019 23:15
  • PAR 

C’est beau comme du bond 007, mais ça manque de femmes vêtues de cuir !wink

Le pauvre quennedey cumule toutes les gaffes. Suffisamment pour occuper toute une section et l’éloigner de l’espionnage américain qui doit s’en donner a cœur joie !

L’espion américain est juste l’allié de la France dans l’OTAN et en relations étroites dans plusieurs théâtre d’interventions. Les USA ont certainement un œil curieux sur certaines choses qui se passent en France mais ne font pas de cauchemar de la France. Il y a qu’en France où l’on se rend pas compte que ce n’est pas la même catégorie. C’est un poids lourd vs un poids coq.

La Corée du Nord serait plus inquiétante que la France pour les USA ? En dehors du fait qu’on soit des alliés dans bon nombre de coallition il n’y a aucune raison pour que les USA ne craignent pas la France

Rien que la mainmise sur une bonne partie de l’Afrique, et le nucléaire militaire suffisent à ce que les USA n’aient aucun intérêt à mettre la France en rogne

La Corée du Nord serait un adversaire plus de la taille de la France c’est certain si cet adversaire n’était pas dans une zone totalement hors de la zone d’influence de la France et qui n’y a par conséquent aucun intérêt. C’est très loin la Corée du Nord. Ce pays la France qui a 10% de chômeurs et des déficits endémiques à mieux à faire que faire le coq en extrême orient pour au final pas grand chose à part démontré sa servitude aux USA qui eux sont présents dans la péninsule coréenne,ont satélissé le Japon comme la France d’ailleurs et commence à avoir des sueurs froides avec la Chine.

Pour les USA il n’y a que deux entraves (je ne vais pas dire adversaires) à leur hégémonie de fait sur les affaires mondiales : la Russie et la Chine. Tout le reste ils gèrent très bien et en effet ils n’ont rien à craindre de la France pour la simple raison qu’ils mettraient la France KO dès le premier round. Et par KO je ne parle pas de guerre nucléaire, déjà je vois mal vu le courage des dirigeants français bombardé les USA même si Paris était menacée, ils chercheraient avant tout la reddition et à sauver ce qu’il reste….c’est évident. Je vois déjà les énarques faire des calcul entre la taille des USA et de la France et sortir la conclusion « logique » que la capitulation est la seule issue. Mais surtout les USA (l’Empire) a déjà satelissé la France et on voit mal comment le coq sortirait de sa ferme. Ils pourraient faire très mal à l’économie pour commencer.

Enfin, ils en ont pas à faire grand chose à faire du continent noir (historiquement ils ont toujours eu un problème avec cette couleur). D’ailleurs tant que leurs supplétif (France, UK) font le boulot en sortant les matières premières, ils s’en moquent…..maintenant que la Chine est là (un autre boxeur poids lourd), ils ont commencé par envoyer un autre supplétif le Japon, on sent bien qu’ils ne sont pas très intéressé d’y aller. Et ils pointent le bout de leur nez parce que les valets voient bien que là ils sont sur un os avec la Chine et ont besoin de l’empire comme un junkie a besoin de sa drogue (d’ailleurs on se demande qui a un intérêt à monter en épingle Chine et Russie ?) mais bon soyez réalistes, les USA sont hors catégorie au niveau mondial et sauf incident majeur on ne risque pas de voir changer cela à horizon 50 ans, leur budget de la défense est plus élevé que celui de tous les autres réunis…..leur terrain de jeu est le monde voire l’espace,  donc je vous suggère de l’intégrer dans votre vision du monde, d’être réaliste et de passer à autre chose.

Il peut y avoir des raisons plus troubles à la passion de notre haut fonctionnaire pour ce beau pays qu’est la Corée du Nord… Par exemple, outre l’argent, ses élans soi-disant naïfs peuvent très bien être motivés par les services sexuels ou pédophiles qu’octroie le régime de Pyon Yang à ses fidèles serviteurs étrangers, et ce grâce à une multitude d’esclaves féminines aisément corvéables… Il faudrait donc mieux connaître dans le détail le déroulé des voyages de ce monsieur au Pays du Matin Calme, et en particulier s’il se rendait dans certains hôtels pour diplomates ou célébrités étrangères (comme Depardieu, d’ailleurs), hôtels susceptibles d’être alimentées en hôtesses de tous âges… Ne pas oublier que la fibre démocratique n’est pas forcément partagée par nombre de nos représentants… Tandis que le prétexte du voyage dans des régimes totalitaires à des fins d’amitiés entre les peuples, peut très bien cacher l’avidité pour les plaisirs de toute puissance que ces régimes sont capables d’offrir facilement…

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2 réflexions sur “#France Corée du Nord Espionnage Benoît Quennedey Administrateur au Sénat et espion pour Pyongyang? Les révélations de l’enquête

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