#Terrorisme #France #Djibouti Les dessous de la traque de Peter Cherif: Deux poids deux mesures avec l’assassinat du juge Borrel !

Les dessous de la traque de Peter Cherif

 PAR 

Peter Cherif a été arrêté à Djibouti grâce à la coopération entre les services secrets américains, la DGSE et les autorités djiboutiennes. Extradé et placé en garde à vue à son arrivée en France ce dimanche, cet ami des Kouachi présente un profil qui suscite beaucoup de questions. Des notes de renseignement déclassifiées laissent voir le rôle de courroie de transmission qu’il aurait joué entre les commanditaires et les tueurs de Charlie Hebdo.

Le djihadiste Peter Cherif va passer Noël en France. D’après Jeune Afrique qui cite « une source sécuritaire djiboutienne », il a embarqué  dans la soirée de samedi sur le vol Air France AF669 au départ de Djibouti.

Dans un tweet,  Christophe Castaner a confirmé que Peter Cherif avait bien été extradé et placé en garde à vue à son arrivée en France. « Je salue l’efficacité de nos services et les échanges internationaux qui ont permis son arrestation », a complété le ministre de l’intérieur. Mediapart révèle les dessous de ces « échanges internationaux » évoqués par le ministre.

Christophe Castaner

@CCastaner

Peter Cherif a été placé en garde à vue en France sous l’autorité de nos forces de securité.
Je salue l’efficacité de nos services et les échanges internationaux qui ont permis son arrestation.
Il avait fui la justice française.
Il devra devant elle répondre de ses actes.

335 personnes parlent à ce sujet

Le tweet de Christophe Castaner annonçant le placement en garde à vue de Peter Cherif. © DR

Il y a un mois, les services américains interceptent un message de son épouse à l’attention de membres de sa famille leur demandant de les aider à obtenir des visas. « On veut aller en Algérie », explique-t-elle. Les Américains alertent alors la DGSE. Quelques jours plus tard, Peter Cherif rejoint sa femme et leurs deux enfants en bas âge, nés au Yémen.

La présidence de Djibouti a révélé vendredi que Peter Cherif était arrivé du Yémen en bateau dans la ville côtière d’Obock, avec de faux papiers. « Une source judiciaire locale »a raconté à RFI que le djihadiste avait d’abord séjourné dans un camp de réfugiés yéménites, avant de s’installer mi-septembre dans la périphérie de Djibouti.

Là, Peter Cherif commence par faire des petits boulots. « Il était seul, à l’abandon, sans aucun contact avec une quelconque organisation terroriste », estime une source proche du dossier. La DGSE le localise et donne l’information aux forces spéciales djiboutiennes, qui procèdent à son interpellation dans le quartier populaire de Balbala le 16 décembre. Contactée vendredi, la DGSE refusait de commenter les conditions d’arrestation de Peter Cherif.

Censé se trouver au Yémen, que faisait-il juste en face, de l’autre côté du golfe d’Aden, à Djibouti ? Cherchait-il à fuir la guerre qui ravage le pays où il avait trouvé refuge il y a déjà cinq ans ? Était-il en chemin pour rejoindre les shebabs en Somalie ? Ou bien, comme sa femme le laissait entendre à ses proches, la petite famille voulait-elle se rendre en Algérie où elle espérait se faire oublier ?

D’après RFI, deux mandats d’arrêt auraient été délivrés contre le djihadiste « sans qu’on sache par quel pays ». Il n’est pas visé par un mandat d’arrêt dans le dossier des attentats de janvier 2015, il n’est pas, à ce stade, retenu dans le cadre d’une quelconque procédure judiciaire française, précisait vendredi une source judiciaire française. Une chose est néanmoins sûre : Peter Cherif doit purger en France le reliquat d’une peine de cinq ans de prison prononcée en 2011 pour sa participation à la filière djihadiste dite des Buttes-Chaumont.

Par le biais de ses avocats, Mes Éric Plouvier et Kamran Malik Ansar, la famille de Peter Cherif rappelait dans un communiqué publié le 21 décembre que ce citoyen français était présumé innocent et demandait « à ce que les autorités consulaires françaises [le] visitent sur son lieu de privation de liberté afin de s’assurer des conditions de sa détention et du respect de ses droits ». À l’âge de 36 ans, Peter Cherif incarne un pan de l’histoire du djihad en France.

Peter Cherif. © DRPeter Cherif. © DR

Il était une fois la filière des Buttes-Chaumont, du nom de ce quartier du XIXearrondissement niché sur les flancs d’une colline. Il était une fois une bande de copains de collège. Tous nés en 1982, ils ont grandi ensemble et échoué ensemble à trouver leur place dans la société. L’orphelin Chérif Kouachi aspirait à devenir footballeur professionnel, il sera livreur de pizzas. Mohamed el-Ayouni a interrompu sa scolarité en deuxième année de BEP en électronique et se reconvertit dans le bâtiment. Pour Peter Cherif, alias « Abou Hamza », orphelin de père lui aussi, ce que l’armée n’a pas pu lui donner – il voulait devenir parachutiste avant qu’une blessure à la cheville ne le contraigne à renoncer –, l’islam le lui apporte. Un cadre, un mode d’emploi. Il déjeune d’un verre de lait et d’une datte, oblige sa mère Myriam à faire la prière cinq fois par jour et ne veut plus qu’elle regarde la télévision. Ladite mère évoquera un « lavage de cerveau », sa petite amie le décrira comme « lobotomisé ».Les trois amis se tournent, ensemble, vers la foi et l’antisémitisme. En 2002, vestige de leurs années turbulentes, ils balancent des cocktails Molotov sur les vitres des restaurants juifs du quartier. Ils fréquentent la mosquée du Pré-Saint-Gervais. Saïd, le grand frère de Chérif, les emmène à la mosquée Adda’Wa où un jeune prédicateur, Farid Benyettou, rassemble des fidèles après la prière.

On discute Coran, on crache sa haine de l’Occident, on fait un peu de provocation mais ça ne va pas plus loin. Vendeur chez Monoprix, un Franco-Tunisien d’un an plus jeune que le reste de la bande va mettre le feu aux poudres. Boubakeur el-Hakim franchit le Rubicon. En 2003, après un premier séjour l’année précédente, il est de retour en Irak sur le point d’être envahi par les États-Unis. Lorsqu’un journaliste de RTL visite un camp d’entraînement de la Légion étrangère de Saddam Hussein, un jeune Français exhorte au micro : « Tous mes potes dans le XIXe, venez faire le djihad ! Je suis là, c’est moi. […] Je suis en Irak ! Tous mes frères qui sont là-bas, venez pour défendre l’islam ! »

Tous les habitants des Buttes-Chaumont ont reconnu Boubakeur el-Hakim qui, après un passage en France consécutif à l’effondrement du régime de Saddam, repart une nouvelle fois en Irak, cette fois à Falloujah, le fief d’Abou Moussab al-Zarqaoui, le sanguinaire chef de la branche irakienne d’Al-Qaïda. Boubakeur el-Hakim combat les Américains ; Boubakeur el-Hakim se vante de jouer du lance-flammes ; Boubakeur el-Hakim fait naître une vocation.

Peter Cherif répond à l’appel et participe à la bataille pour le contrôle de Falloujah. Il est capturé fin 2004 par les forces de la coalition, et écope par la justice irakienne en 2006 de quinze ans de réclusion, jusqu’à ce que la prison de Badoush (au nord-ouest de Mossoul) soit attaquée par des rebelles et qu’il en profite pour s’évader avec cent cinquante autres détenus.

Les autorités finissent par remettre la main sur le djihadiste. Après dix-sept mois de détention provisoire, il est placé sous contrôle judiciaire, et c’est libre qu’il est jugé en janvier 2011 devant le tribunal correctionnel de Paris, pour sa participation à ce que l’on appelle désormais la filière des Buttes-Chaumont. Le parquet requiert huit ans de prison à son encontre. Pour éviter l’incertitude du délibéré, Peter Cherif disparaît au dernier jour du procès. Il se serait envolé pour le Yémen. Une destination et une date, l’année 2011, qui font planer un doute : celui de sa participation à la planification de la tuerie, quatre ans plus tard, de Charlie Hebdo.

Une menace imminente nommée Peter Cherif

Il est 12 h 45, le 7 janvier 2015. Chérif Kouachi, qui arbore une cagoule relevée sur une tête allongée, un cheveu ras, un visage glabre, un nez long et une bouche charnue, braque une voiture : « Descends, on prend ta voiture. Si les médias t’interrogent, tu n’as qu’à dire qu’on est Al-Qaïda Yémen ! » À bord de son nouveau véhicule, avec son frère Saïd portant un lance-roquettes en bandoulière, il a pris la fuite. Une heure plus tôt, les deux tueurs encagoulés de noir viennent de décimer la rédaction de Charlie Hebdo et ont abattu un policier dans leur fuite.

À l’évocation, par le conducteur qui s’est fait braquer sa voiture, d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), une filiale basée au Yémen de l’organisation terroriste fondée par Oussama Ben Laden, le nom de Peter Cherif se rappelle aux mauvais souvenirs des services de renseignement français.

Le 10 septembre 2011, les services américains signalent au contre-espionnage français qu’un individu a communiqué depuis un cybercafé à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avec Peter Cherif, basé au Yémen. Le cybercafé en question est l’un des deux seuls commerces de la rue à sens unique, des pavillons d’un côté, des immeubles en briques de l’autre, où réside depuis trois ans Chérif Kouachi. Deux mois plus tard, les Américains expliquent aux Français que, peu après l’échange de courriels avec Peter Cherif, Saïd Kouachi figurait sur la liste des passagers du vol WY0132 d’Oman Air qui s’est envolé depuis Paris, le 25 juillet 2011, à destination de Mascate, dans le sultanat d’Oman. Dans leur note de transmission, les Américains évoquent également la suspicion d’un passage clandestin au Yémen.

À l’époque, le sultanat d’Oman est une étape prisée des apprentis djihadistes afin de leurrer la vigilance des services de renseignement occidentaux. Contrairement au Pakistan et au Yémen, Oman ne fait pas partie de la liste des 31 destinations sensibles. Ainsi, quatre jours après que celui qui se présente comme « Saïd Kouachi » est revenu en France, Mohamed Merah, le futur tueur de l’école juive de Toulouse et des militaires de Montauban, s’envole à bord de la même compagnie, Oman Air, pour le sultanat à partir duquel il rejoint, lui, le Pakistan.

Entendues en garde à vue au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo, les épouses des frères Kouachi livreront sans le savoir le fin mot de l’histoire. Soumya assure que Saïd ne l’a pas quittée de l’été 2011 ; Izzana fait, elle, mention du voyage – « pour changer d’air, car nous nous étions disputés » – de son mari Chérif à Oman pendant l’été 2011. Les services de renseignement en déduiront que Chérif Kouachi s’est en réalité rendu, depuis Oman, au Yémen pour y suivre un entraînement au maniement des armes au sein d’AQPA et qu’il avait emprunté le passeport de son frère afin de contourner le contrôle judiciaire auquel il était encore soumis.

Nouvelle alerte, le 3 août 2013 : « les partenaires américains » informent la France « d’une menace imminente », comme le résumera une note de la DGSI, au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo. Selon le renseignement américain, un projet d’attentat émanant d’AQPA viserait « les intérêts français ou américains » et « impliquerait potentiellement »Peter Cherif. Mais le Français se terre toujours au Yémen et est inaccessible.

Six mois plus tard, le rôle joué par Peter Cherif auprès des Kouachi trouve une explication de manière incidente.

Salim Benghalem, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi et Peter Cherif. © DRSalim Benghalem, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi et Peter Cherif. © DR

En février 2014, Kahina, l’épouse du djihadiste Salim Benghalem, est auditionnée de retour de Syrie. Petit délinquant recruté en détention, Benghalem a fréquenté Peter Cherif, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly (le futur tueur de l’HyperCacher de Vincennes) avant de rejoindre l’État islamique. Kahina revient en détail sur le séjour de son époux au Yémen pendant l’été 2011. Car Salim Benghalem figurait sur la même liste des passagers du vol WY0132 d’Oman Air, à l’aller comme au retour, que son ami Chérif Kouachi.

C’est seulement une fois en Syrie que Kahina apprendra la vérité sur l’escapade de son mari, de la bouche même de l’intéressé. D’Oman, il s’est rendu au Yémen, grâce à un passeur bédouin qui lui fait traverser le désert. Là, il rejoint une tribu affiliée à Al-Qaïda dans la péninsule Arabique. Salim Benghalem rencontre « un membre haut placé » d’AQPA. « [Il] lui avait donné pour mission de commettre un attentat en France, il me semble que c’était contre une université américaine en France. Il m’a expliqué qu’ils voulaient s’attaquer à des étudiants, car c’était plus facile. Il fallait qu’il se rende sur place avec une arme et qu’il tue tout le monde. » Salim précise à sa femme que « [son] groupe était constitué de plusieurs Français » et lui explique que « c’était pour cela qu’il ne voulait pas [qu’elle] rencontre ses amis, qu’il y avait une vraie organisation ».

D’après les propos rapportés par son épouse, Salim Benghalem aurait alors décliné la mission attentat à Paris. Jamais Kahina ne prononce, lors de ses auditions, le nom de Peter Cherif. Les enquêteurs n’en ont pas besoin pour combler les trous.

Dans le courant de l’année 2016, Mediapart a pu consulter une note émanant d’un service de renseignement français. À propos du voyage au Yémen, ladite note stipulait : « Selon un partenaire étranger, [Chérif Kouachi et Salim Benghalem] seraient alors convenus avec Anwar al-Awlaqi, responsable des opérations extérieures [d’AQPA, un cadre terroriste rencontré, précise à un autre endroit la note, par l’intermédiaire de Peter Cherif], d’un projet d’attaque visant en France les rédacteurs de magazines ayant publié ces contenus jugés blasphématoires à l’égard du Prophète. » À l’époque de ce supposé rendez-vous en 2011, deux médias français avaient publié les caricatures de Mahomet : France-Soir, sur le point de fermer ses portes en version papier, et Charlie Hebdo

L’actualité de Peter Cherif et celle de l’hebdomadaire satirique se télescopent de nouveau. L’annonce de l’interpellation du djihadiste intervient quelques semaines seulement après que les juges d’instruction dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015 ont notifié aux parties la fin de leurs investigations. Un dossier dans lequel le parquet de Paris a pris ses réquisitions, ce vendredi 21 décembre, en renvoyant 14 personnes devant une cour d’assises spéciale. Le nom de Peter Cherif n’y figure pas.

TOUS LES COMMENTAIRES

En tout cas, vu le peu de temps entre l’arrestation et l’ « extradition » je serais curieux de connaître la teneur de la convention correspondante entre la France et Djibouti à ce sujet. Je sais bien que Djibouti, c’est encore un peu la grande famille coloniale, mais bon, le ministre de l’Intérieur nous dira sans doute que quand le mal a toutes les audaces, le bien doit avoir tous les courages : Celui d’exfiltrer manu militari un suspect de terrorisme d’un pays vassal sans lui donner d’avocat ni lui permettre de contester l’extradition.

 

edit : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000175799&categorieLien=id

 

Cet article semble surtout être à lire à la lumière de l’assassinat du Juge Borel: la comparaison de traitement des deux dossiers est en tout cas instructive.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Affaire_Borrel

Oui mais bon, avec ces gens là, je serais même d’avis d’économiser les frais de transport puisque jamais il ne parlera.

Qu’il s’explique avec son dieu sur place.

ah c’est vrai que ce type à respecter les droits des hommes et des femmes qui ont été abattus au nom d’une idéologie islamiste furieuse !

il faut donc lui fournir avocat et défense, payés par de généreux donateurs dont vous ferez parti,  non ?

 

est ce que Djibouti est un pays  indépendant Inscrit à l’ONU ? Ou u

ne base militaire de …?

  • 23/12/2018 18:25
  • PAR 

Djibouti accueil également une base militaire Chinoise. Le monde change, ceux de demain ne seront pas ceux d’aujourd’hui.

  • 23/12/2018 18:50
  • PAR 

 l’actualité terroriste en ébullition, opportune, pour calmer les gilets jaunes………….cautionner les progrès racistes, tout sarkozystes, du président, du gouvernement et des français  ………….assurer le succès de La Répression En Marche et du Rassemblement Nationaliste au élections européennes………………….faire admettre que c’est la France qui va faire le boulot génocidaire en Syrie avec Israël …………..

stratégie satanique bien huilée !!!

En fait, l’organe judiciaire souffre de son syndrôme  »législation d’exception » : On  »coffre » d’abord le  »client », on lui constituera ensuite un dossier…

Publicités

Une réflexion sur “#Terrorisme #France #Djibouti Les dessous de la traque de Peter Cherif: Deux poids deux mesures avec l’assassinat du juge Borrel !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s