Macron descend de son piédestal européen ! Union Européenne #Krach ! Europa Kapput !

Macron descend de son piédestal européen

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La Commission européenne se retrouve dans un grand embarras : alors qu’elle menace l’Italie de sanctions pour non-respect des règles budgétaires, elle est prête à ménager la France, en pleine tourmente. Les responsables européens réalisent qu’Emmanuel Macron n’est pas le héraut de l’Europe qu’ils espéraient.

Deux poids, deux mesures ? La question a immédiatement été posée par le gouvernement italien, quand il a découvert les mesures annoncées par Emmanuel Macron en réponse à la révolte des « gilets jaunes ». 10 milliards d’euros de dépenses supplémentaires en France, selon les premières estimations gouvernementales. Alors que l’Italie est sous la menace de sanctions européennes pour avoir osé proposer un budget 2019 tablant sur un déficit de 2,4 % du PIB, la Commission européenne va-t-elle fermer les yeux sur le déficit français qui risque de dépasser allégrement les 3,4 % du PIB, soit bien au-delà des 3 % fixés par les traités européens ?

« S’il y a des règles, elles s’appliquent à tous, même à la France », a insisté dès mardi Luigi Di Maio, leader de M5S au sein du gouvernement. « Je refuse d’imaginer qu’on fasse semblant de rien devant les demandes qui se chiffrent en milliards arrivant d’un Macron en difficulté évidente et qu’on s’en prenne aux poches des Italiens. Ce serait vraiment la fin de cette Union européenne », a surenchéri Matteo Salvini, responsable de la Ligue et chef de file incontesté de la coalition gouvernementale.

Le premier ministre italien Giuseppe Conte et Jean-Claude Juncker le 12 décembre © ReutersLe premier ministre italien Giuseppe Conte et Jean-Claude Juncker le 12 décembre © Reuters

Menacé par une procédure de déficit excessif, le gouvernement italien a engagé des négociations avec la Commission européenne. Il propose désormais de ramener son déficit à 2,04 % du PIB pour l’an prochain. Pour revenir dans les clous, la coalition gouvernementale a acté de retarder et modifier la mise en œuvre de ses principales mesures sociales : le revenu citoyen, équivalent d’un revenu minimum social, et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite, porté à 65 ans par l’ancien premier ministre italien, Matteo Renzi.En dépit de ces concessions, l’Italie n’est pas sûre d’obtenir un agrément de la Commission européenne. La proposition italienne doit être discutée dans les prochains jours et de nouveaux aménagements pourraient être demandés. « La confiance n’est pas là », dit un habitué de la Commission. « Je commence à en avoir marre de ce deux poids, deux mesures. On ne comprend pas pourquoi quelqu’un peut enfoncer, ignorer, dépasser, enfreindre… Et en revanche on scrute l’Italie au microscope pour traquer le 0,0001 % de dépassement », s’est emporté Matteo Salvini.

L’extrême tolérance dont semble vouloir faire preuve la Commission européenne, et en particulier Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des affaires économiques et financières, à l’égard de la France est jugée insupportable par le gouvernement italien. Il y a quelques semaines à peine, Pierre Moscovici était un des responsables européens qui s’était montré le plus inflexible à l’égard de la coalition italienne. Et aujourd’hui, le même soutient les choix français sans discuter : « Si on se réfère aux règles : dépasser cette limite peut être envisageable de manière limitée, temporaire, exceptionnelle », a-t-il dit dans un entretien au Parisien, reprenant les arguments du gouvernement français.

Depuis lundi, le gouvernement français tente, dans la plus grande improvisation, d’habiller les chiffres pour les rendre plus présentables. Il ne s’agirait que d’un dépassement passager, transitoire. En fait, le déficit français ne serait pas de 3,4 %, mais 2,5 % en tendance structurelle. Les 0,9 % supplémentaires, explique Gérald Darmanin, le ministre des comptes publics, sont liés à la double dépense du CICE et de l’abaissement de cotisations sociales sur les salaires en 2019. Mais ces dépenses ne sont que temporaires.

Tout doit rentrer dans l’ordre très vite, a promis le ministre. « Le gouvernement reviendra devant le Parlement, Sénat et Assemblée nationale, pour présenter des mesures qui permettront d’équilibrer au mieux les comptes publics de la nation », a expliqué Gérald Darmanin, assurant que rien n’était changé, que les projets de réformes, notamment du chômage et des retraites, étaient plus que jamais d’actualité. Au-delà des explications techniques, le gouvernement français a fait passer un message de panique auprès des responsables européens : « Il y a urgence à rétablir la paix civile », selon les mots de Richard Ferrand.

La Commission européenne, de plus en plus inquiète des développements du mouvement des gilets jaunes et de ses répercussions en Europe, a décidé de suivre le gouvernement français : les traités autorisent un pays à déroger momentanément de sa trajectoire de réduction de déficit budgétaire en cas de force majeure ( crise, effondrement bancaire…). Illustration de la grande compréhension  européenne : elle n’examinera l’évolution du budget français qu’au printemps. Une fois que la crise sociale sera censément être achevée.

Mais cela n’est pas faire preuve « d’indulgence », se défend Pierre Moscovici. « Ce sont nos règles, et rien que nos règles. Ne faisons surtout pas comme s’il y avait d’un côté une sévérité excessive et, de l’autre, je ne sais quel laxisme. La comparaison avec l’Italie est tentante, mais erronée car les situations sont totalement différentes. »Plus que les chiffres absolus de l’endettement ou de déficit, l’analyse de la Commission européenne semble être politique. Ce qu’un haut fonctionnaire de Bercy résume ainsi : « Les situations de la France et de l’Italie ne sont pas comparables. À l’inverse de l’Italie, nous ne remettons pas en cause les règles européennes. Nous sommes d’accord que le fait  d’avoir des finances publiques en ordre et réduire le déficit public sont les choses à faire. »

Et c’est sans doute là la ligne de partage pour la Commission européenne : l’Italie de Matteo Salvini l’a mise au défi. Et cette seule contestation justifiait de mettre Rome à l’amende. La France d’Emmanuel Macron au contraire entend devenir un des bons élèves de l’Europe et même si elle n’y parvient pas, il faut l’encourager.

Cela risque de conduire à des gesticulations que la Commission européenne pourrait avoir du mal à justifier. Déjà, la droite allemande fait savoir qu’elle ne partage pas l’analyse : la règle reste la règle quel que soit le contexte. Toujours très attentifs au moindre dérapage, plusieurs commentateurs de la droite allemande commencent à se déchaîner sur les annonces françaises.

Une fois de plus, la France démontre qu’elle ne peut être considérée comme fiable, accusent-ils. Après l’Italie, l’Allemagne se retrouve avec un problème français, dit le quotidien conservateur Die Welt. « La réaction du président français aux gilets jaunes doit déclencher la sonnette d’alarme à Berlin. Emmanuel Macron n’est plus un partenaire pour sauver l’Europe et la zone euro, mais un facteur de risque », commente-t-il.

Les commentaires sont d’autant plus sévères que nombre de pays voisins n’avaient pas jusque-là perçu le degré de rejet d’Emmanuel Macron

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en France. Depuis son élection, il était le nouveau sauveur de l’Europe, celui qui avait su faire barrage au « populisme », celui qui savait réformer la France, qui allait donner un nouveau dynamisme à l’intégration européenne. Certes ses grands projets européens, annoncés lors de son discours de la Sorbonne en septembre 2017, semblaient prendre l’eau.Mais les observateurs mettaient cet échec plutôt sur le compte d’Angela Merkel, paralysée par les dissensions de la droite allemande depuis les élections législatives. Emmanuel Macron n’en conservait pas moins le cap. En novembre, il avançait encore l’idée d’une Europe de la défense.

En prévision des élections européennes, Emmanuel Macron était surtout vu comme le nouveau chef de file du libéralisme européen. Il avait déjà commencé à défier Orbàn et Salvini, considérés comme les emblèmes du populisme. C’était lui ou le chaos. Une vision que contestaient de nombreux hommes politiques européens, mais qui recueillait un assentiment auprès de certains autres.

Aujourd’hui, tous découvrent la faiblesse d’Emmanuel Macron, son rejet par l’opinion publique française. « La bulle Macron a éclaté », titre méchamment le Financial Times, tandis que les journaux européens n’en finissent pas de critiquer son « arrogance », « son mépris ».

Incontestablement, Emmanuel Macron est bien descendu de son piédestal européen. Les responsables européens qui avait mis tant d’espoir en lui, sur son pouvoir de « réformer » la France, se retrouvent orphelins, comme ils l’avaient été après la chute du premier ministre italien, Matteo Renzi, dans lequel ils avaient aussi mis tant d’espoir. Silencieux, tous se demandent ce qui peut advenir de cette vague des gilets jaunes, si elle peut déborder au-delà des frontières françaises. Et surtout qui pourra reprendre le flambeau de l’Europe ?

 

 

TOUS LES COMMENTAIRES

Si Macron prend les 10 Mds€ sur le CICE il n’y a plus de problème de déficit excessif.

je n’irai pas reprocher aux Allemands leur attitude ou leur égoïsme. Ils défendent leurs intérêts

Sur ce point, on peut difficilement vous contredire.

Les « élites » allemandes ont toujours défendu les intérêt de l’Allemagne, ce qui bien sur n’est pas le cas de « élites » françaises qui défendent depuis le début leurs intérêts qui coïncident rarement, pour ne pas dire jamais, avec ceux de la France !

 

Attendons avant de savoir si le déficit sera au dessus de 3% ou non. Cette petite relance de 10 milliards aura un effet positif sur la croissance, de façon permanente de l’ordre de 0,5% et permettra d’engranger des taxes, de la TVA qui viendront réduire le déficit.

Si le PIB est de 2000 milliards, avec un objectif de 2,7% en 2019, cette dépense de 10 milliards supplémentaires aura un impact assez limité puisque au moins 20/25% reviendront en taxes (TIPP, TVA) et relanceront la consommation. Les heures supplémentaires, les primes de fin d’année non fiscalisés vont également finir en TVA. Pour la prime de fin d’année les salariés en France de Total sont par exemple plus de 30.000, si l’on projette cela sur le CAC, c’est plusieurs milliards qui seront distribués sans charges pour un coût dérisoire qui vont s’ajouter au plan de relance, probablement autour de 3 milliards.

En fin de compte le gouvernement a retrouvé des marges, ils ne veut pas donner plus sans entamer des réductions de dépenses, aussi nos partenaires ne devraient pas être trop inquiets ….

N’oublions pas que le gouvernement allemand a massivement augmenter les très bas salaires avec sa mise en place récente du smic ….

Pour le gouvernement cette relance intervient un peu tot pour la réélection de Macron mais nous verrons …

 

Merci de votre commentaire positif… à Mediapart ils voient tout en noir…

Ne vous trompez pas sur cette « relance de 10 milliards » car cet argent il le prend dans les poches des citoyens contribuables consommateurs mais pas dans celles des exilés fiscaux.

 

Il ne reste plus que deux types de défenseurs du projet européen, les héroïques et les cyniques. Les cyniques sont aujourd’hui aux commandes. Ils ont instrumentalisé les institutions européennes au service d’une politique visant à défaire tout le versant social de la stabilisation de l’Europe de l’ouest de l’après guerre, versant social consigné dans la déclaration de Philadelphie. Avec le versant militaire (CED abandonné, Otan, c’était le socle nécessaire à la construction des institutions européennes.  Leur cynisme consiste en ceci que le but qu’il se sont fixé, la destruction des institutions sociales dites Etat providence est atteint au dépens du projet européen lui même aujourd’hui massivement rejeté par une grande partie des populations européenne. Les héroïques qui s’attachent à le défendre pour lui-même ne sont pourtant pas courageux jusqu’au bout puisque ils ne vont pas jusqu’à poser politiquement dans leur programme la question tabou   du statut de la BCE, de la politique de crédit dans son rapport aux banques centrales, et de la liberté concertée des politiques économiques. En fait la politique économique européenne est à la fois dictatoriale et consensuelle mais consensuelle entre très peu. C’est collégial.  Cela ne peut évidemment plus durer. Mieux vaut en  faire le triste constat en attendant le miracle …

  • NOUVEAU
  • 13/12/2018 21:23
  • PAR 

Vous êtes en train de démontrer que cette Europe est anti sociale dans ses gènes et ses représentants. Par ailleurs je souhaiterais savoir pourquoi l’italie étant en deçà des 3%  est elle scrutée ?

Ce monde devient fou et va rendre fou.

Les Italiens ont eu tort de faire la moindre concession. De toute façon si sanctions il y a, ce ne sera pas la Commission Junker qui les proposera mais la suivante et entre les deux il y aura les €lectoons.

Moscovici escompte d’être recyclé par Macron. D’où son attitude.

deux poids deux mesures en effet,l allemagne qui sort des clous pour un exces de balance commerciale selon les canons de l europe n est pas sanctionnee;s il arrivait qu elle ait quelque difficulte dans l avenir et qu hasard de circonstance lui fasse depasser les 3% il est a peu pres sure qu elle ne serait pas sanctionnee;deux poids trois mesures

Les pays européens vont finir par se re-taper dessus. C’est comme 1 et 1 font 2.

Mais France et UK ont la force de frappe.

Ah la belle indépendance de la France libre !

 

  • NOUVEAU
  • 13/12/2018 21:54
  • PAR 

La République des DRH fait naufrage et l’avatar Macron fait pschitt. Ses sponsors cherchent fébrilement une nouvelle poupée gonflable.

Avec le débat annoncé sur l’immigration et l’identité Nationale, on peut raisonnablement penser qu’ils l’ont trouvée.

  • NOUVEAU
  • 13/12/2018 21:59
  • PAR 

Réforme du chômage, réforme de la fonction publique, réforme des retraites: ce sont les contreparties offertes à Moscovici et à la commission européenne pour faire passer la pilule et faire revenir la France dans les clous (au centuple). L’Italie n’en propose autant, mais pas un dirigeant européen n’ose le dire, de peur d’alimenter la dissidence française.

  • NOUVEAU
  • 13/12/2018 22:03
  • PAR 

Quels gosses! C’est affligeant.

  • NOUVEAU
  • 13/12/2018 22:13
  • PAR 

C’est drôle: quand le gouvernement français offre 49 milliards de cadeaux fiscaux aux riches, ça n’inquiète pas Bruxelles et son obsession du déficit. Les milliards d’évasion fiscale, la suppression de l’impôt sur la fortune non plus. Bruxelles n’est pas dérangée par la loi qui interdit aux pays européens d’emprunter à leur propre banque à taux 0%, plutôt qu’à ces esclavagistes de banquiers privés qui s’en mettent plein les poches sur le dos des peuples… il y en a pour quelques centaines de milliards, qui pourraient bien régler la question du déficit, et pour longtemps… quand aux violences policières (des gilets jaunes éborgnés, défigurés…), aux arrestations arbitraires de journalistes et de manifestants pacifistes, Bruxelles s’en contrefout royalement (logique puisque l’Europe n’est pas sociale) … mais quand le gouvernement avance de quelques mois ses 100 petits euros – bruts – d’augmentation du smic déjà prévus, il faudrait peut-être remercier Bruxelles de ne pas être aussi sévère qu’avec l’Italie? Est-ce une plaisanterie?

Bruxelles fout la pression aux gouvernements européens avec sa politique d’austérité. Je tiens à rappeler à Bruxelles (dirigée, je le souligne, par un grand maître de l’évasion fiscale) que les Français n’ont pas voulu de cette Europe. Les Français voulaient, et veulent, une Europe sociale, une Europe de l’éducation et des soins, des échanges culturels. Une Europe humaine, quoi… (Oh pardon, j’ai dit un gros mot!). Mais on ne leur a pas demandé leur avis.. ou plutôt si: on leur a demandé leur avis. Et quand ils ont répondu « Non » à cette Europe dégueulasse, on leur a dit: « On s’en fout, on la fait quand-même ». Alors maintenant, les Français font la révolution. Et ils se foutent bien que ça plaise ou non à Bruxelles. Et que ça mette le petit Macron en difficultés. Et que ça contrarie l’Allemagne.

Théoriquement, la France est une démocratie, ce qui littéralement signifie « le pouvoir au peuple ». Théoriquement, c’est donc le peuple qui élit ses représentants. Je n’ai pas souvenance que les Français aient voté pour Mme Merkel, ou Mr Junker, ou que sais-je encore…c’est tout juste si les Français ont voté pour Mr Macron, arrivé au pouvoir (avec 20 % , si je ne m’abuse) par un habile tour de passe-passe, grâce à l’habile élimination de Fillon, le jeu de médias corrompus à la solde des grands groupes industriels et le spectre noir du Front National, ce hochet créé par Mitterand pour diviser la droite.

Cette Europe des banquiers et des industriels est une arnaque, de même que notre gouvernement est une imposture. Médiapart ferait bien de le rappeler lorsqu’il en parle. Cela donnerait moins d’importance à ce genre d’analyses. Parce que dès lors, les pression de Bruxelles, qui voudrait nous faire suivre la même voie que la Grèce, nous devrions nous en foutre complètement.

Nous refusons d’être un peuple d’esclaves!

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2 réflexions sur “Macron descend de son piédestal européen ! Union Européenne #Krach ! Europa Kapput !

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