Le Gabon dans le trouble, après l’hospitalisation d’Ali Bongo

Le Gabon dans le trouble, après l’hospitalisation d’Ali Bongo

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Après l’hospitalisation du président gabonais Ali Bongo en Arabie saoudite, l’Union africaine s’inquiète de la modification express de la Constitution. Une « mission d’information et d’écoute » doit se rendre à Libreville.

Qui gouverne au Gabon ? Depuis l’hospitalisation à Riyad du président Ali Bongo, à la suite d’un accident cardiaque, les spéculations vont bon train à Libreville. Et les pays voisins s’inquiètent. L’Union africaine (UA) a appelé au « respect de l’ordre constitutionnel » au Gabon dans un court communiqué de presse diffusé samedi 17 novembre sur son site internet.

Le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat s’est également dit « préoccupé par certains développements en rapport avec la situation sanitaire du chef de l’État ». Il a aussi annoncé la venue d’une « mission d’information et d’écoute » très prochainement à Libreville. Cette intervention fait suite à la modification annoncée par la Cour constitutionnelle gabonaise, mercredi 14 novembre. Celle-ci a déclaré qu’elle avait ajouté un alinéa à l’article 13 de la Constitution permettant au vice-président du pays de présider le conseil des ministres.

Ali Bongo, le président du Gabon. © (dr)Ali Bongo, le président du Gabon. © (dr)

Le chef de l’État du Gabon, Ali Bongo Ondimba, 59 ans, est absent de son pays depuis fin octobre pour des raisons de santé. Dans sa deuxième communication officielle après son hospitalisation à Riyad (Arabie saoudite), Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, le porte-parole de la présidence, a précisé que « le chef de l’État est en phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques » après un accident vasculaire cérébral.

En cas de vacance du pouvoir, la présidente du Sénat devrait assurer un intérim avant que soit organisée une élection présidentielle, dans un délai maximum de 60 jours, comme l’a rappelé l’Agence France-Presse le 11 novembre.

Mais, mercredi 14 novembre, la présidente de la Cour constitutionnelle, en poste depuis 1991, Marie-Madeleine Mborantsuo, qui est aussi la mère de deux enfants de l’ancien président Omar Bongo, a entrepris la modification de la Constitution du pays pour permettre « en cas d’indisponibilité temporaire du président » que certaines fonctions soient déléguées au vice-président de la République ou à son premier ministre.

Alors qu’Omar Bongo avait été réélu dans des conditions très controversées, l’opposition gabonaise redoute que cette modification constitutionnelle ne cache une nouvelle manœuvre pour empêcher la tenue de nouvelles élections, afin de permettre au clan Bongo de garder sa mainmise du pays. Elle exige l’annulation de cette modification et le départ de Mme Mborantsuo. « On ne peut pas continuer à avoir comme président de la plus haute juridiction du pays quelqu’un qui bafoue allègrement la Constitution. C’est la raison pour laquelle nous demandons purement et simplement sa démission », a réagi Noël Bertrand Boundzanga, représentant de la société civile, auprès du correspondant au Gabon de Radio France internationale (RFI).

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