Georges Tron est acquitté des accusations de viols

 

Georges Tron est acquitté des accusations de viols

 PAR 

En dépit du réquisitoire implacable de l’avocat général, la cour d’assises a estimé qu’il n’existait pas de preuve de l’absence de consentement des deux plaignantes. Le parquet général a dix jours pour faire appel de cet acquittement.

La décision a été assez rapide. Parti délibérer vers 10 h 45 ce jeudi, le jury de la cour d’assises de Seine-Saint-Denis avait déjà tranché à 13 heures. La décision a ensuite été rédigée, puis lue en audience publique à 14 h 45 : le maire (LR) de Draveil (Essonne) Georges Tron et son ancienne adjointe à la culture Brigitte Gruel sont acquittés des accusations de viols et d’agressions sexuelles en réunion pour lesquelles ils comparaissaient depuis quatre semaines.

L’annonce du verdict a été suivie d’effusions et d’embrassades dans le camp de Georges Tron, alors qu’à l’autre bout de la salle d’audience, les deux plaignantes, Virginie Faux et Éva Loubrieu, se sont effondrées.

Le jury, composé de trois magistrats et six jurés (cinq hommes et quatre femmes), a répondu par la négative à 19 questions sur les faits de viols et d’agressions sexuelles en réunion allégués par les deux plaignantes. Mercredi, l’avocat général Frédéric Bernardo avait requis six ans de prison ferme contre Georges Tron et quatre contre Brigitte Gruel, en utilisant des termes très sévères pour le maire de Draveil.

Georges Tron en 2012. © ReutersGeorges Tron en 2012. © Reuters

L’avocat de Brigitte Gruel, Franck Natali, avait ensuite dénoncé un dossier « entièrement vide ». Pour la défense de Georges Tron, Antoine Vey avait soulevé les incohérences du dossier, tandis qu’Éric Dupond-Moretti en appelait au bon sens des jurés. L’avocat médiatique a traité les plaignantes de menteuses et a notamment évoqué « les actrices qui couchent pour avoir un rôle », l’existence de la « promotion canapé », le non-lieu de Dominique Baudis et la relaxe de DSK. Il a également dénoncé la sacralisation de la parole des victimes et rappelé, pour finir, le principe selon lequel le doute doit profiter à l’accusé.Dans ses motivations, la cour a conclu que « les éléments à charge existant contre les accusés étaient insuffisants et que le doute devait leur profiter ». Contrairement aux affirmations du maire de Draveil et de son ancienne adjointe, elle retient que « Georges Tron et Brigitte Gruel avaient bien participé à des ébats sexuels en présence de tiers et que les faits dénoncés par Éva Loubrieu et Virginie Ettel [anciennement épouse Faux – ndlr] s’étaient inscrits dans un climat général hypersexualisé entre Georges Tron et plusieurs de ses collaboratrices, dans la mesure où l’existence de scènes de jeux sexuels impliquant simultanément ce dernier et d’autres personnes, après avoir été décrites lors des débats par Lucile M. et Cyrille D., a été corroborée par les propos parfaitement explicites à cet égard spontanément tenus au téléphone par Sylvie D., ancienne collaboratrice et maîtresse avérée de Georges Tron ».

« Pour autant, poursuit la cour d’assises, si un tel contexte a conduit à estimer avérées les scènes à caractère sexuel évoquées par les plaignantes, les divers faits qu’elles dénoncent ont toutefois été écartés dès lors – nonobstant la capacité manifeste de Georges Tron à imposer ses volontés comme à exercer des pressions, ainsi que l’exprime notamment Sylvie D. dans une écoute – qu’il a été non seulement estimé, en l’absence de menace, de violence ou de surprise du consentement, que n’avait jamais été rapportée la preuve d’une situation de contrainte que ni lui-même ni Brigitte Gruel n’auraient pu percevoir, mais aussi que l’existence même d’une telle situation de contrainte devait être écartée ».

La cour note en effet qu’Éva Loubrieu a adressé des SMS affectueux à Georges Tron à l’époque des faits (de 2007 à 2009), et que certains témoins la décrivaient alors comme proche du maire. Elle retient également, en une occasion, une simulation de jouissance de la part d’Éva Loubrieu, qui a pu laisser croire à son consentement. Pour finir, la cour estime que la plaignante a voulu se venger du maire de Draveil après avoir été licenciée.S’agissant de Virginie Faux, la cour estime qu’elle a menti en niant une relation intime qu’elle avait eue avec un médecin à l’époque des faits et estime que la rupture avec celui-ci aurait pu provoquer sa tentative de suicide en novembre 2009. Elle note que Virginie Faux a appelé Georges Tron pour ne pas être hospitalisée ce soir-là et en conclut qu’elle ne pouvait pas avoir été sa victime quelques heures plus tôt.

La cour a également retenu les mensonges de Virginie Faux, qui avait prétendu avoir un cancer, et estime qu’elle a voulu se venger du maire après avoir été mutée à un autre poste après avoir eu un « comportement déplacé »lors d’une soirée arrosée.

Le parquet général de la cour d’appel de Paris a dix jours pour faire appel de ce verdit. Un appel semble assez probable, compte-tenu de la pugnacité affichée lors du procès par l’avocat général Frédéric Bernardo, contrastant avec l’interrogatoire assez succinct et courtois de Georges Tron par le président Philippe Coirre lundi, en fin de procès.

Depuis 2011, le cours judiciaire de l’affaire Tron a été chaotique. Après l’annonce du dépôt de plaintes contre lui, le maire de Draveil a démissionné du gouvernement en mai 2011. Il a été mis en examen mais a par la suite obtenu un non-lieu de la part des juges d’instruction, conformément aux réquisitions du parquet d’Évry, avant que la cour d’appel ne revienne sur cette décision et ne le renvoie aux assises, contrairement aux réquisitions du parquet général. L’arrêt renvoyant Georges Tron aux assises a été validé par la Cour de cassation et un premier procès a débuté fin 2017, rapidement interrompu pour cause de planning trop serré et de coups de boutoirs répétés de la défense.

Au-delà de l’acquittement de Georges Tron, le verdict rendu ce jeudi par la cour d’assises de Seine-Saint-Denis aura forcément une résonance particulière pour les victimes de viols, d’agressions sexuelles, d’atteintes sexuelles ou de harcèlement sexuel : ces faits sont toujours difficiles à raconter, à prouver et à faire sanctionner. Qu’elles aient dit la vérité ou qu’elles aient menti, Virginie Faux et Éva Loubrieu ont tout perdu depuis leur dépôt de plainte en 2011.

TOUS LES COMMENTAIRES

Sa première déclaration : « C’est le pied ! ».

Effectivement….C est le pied !

richard-bonobo-8

Ce n’est pas du tout la question. Avez-vous suivi les fils consacrés à ce dossier ?

Rassurez-vous, des personnalités peuvent être condamnées ( commentaire 15/11/2018 18:43 Par frederic escudier), Tariq Ramadan le sera sans doute, il est en préventive, il faut bien qu’il soit coupable, (je ne prétends pas qu’il est innocent, je pense même le contraire) et encore mieux, je parie que JLM finira bien par être condamné à quelque chose, ou bien s’il n’est inculpé de rien, ce sera dans 2 ou 3ans.

 

Commentaire ignoble.

Michel Mouillot, ex-maire de Cannes, condamné pour corruption à 6 ans ferme, peine confondue avec une première à 4 ans ferme, également pour corruption. Avait déjà été condamné dans l’affaire Botton-Noir. Mouillot détient le titre du politicien le plus lourdement condamné. Noir à pris 18 mois mais avec sursis.

Méééééééé!!! C’est normal !!!L’argent , c’est sacré !!!!!!! Tandis qu’une femme , pfffttt …

Le voilà le nom qui me manquait .

Merci.

Bon, on peu citer Tapie aussi, mais lui n’était pas que politique, il était tout et partout.

A quoi d’autres pouvions -nous nous attendre ?

Vous direz la même chose lorsque Tariq Ramadan sera condamné du fait d’anciennes maîtresses devenues acrimonieuses, lorsqu’elles ont découvert qu’elles n’étaient pas seules à bénéficier de ses golden showers.

Le justiciable de St Affrique qui avait violé deux femmes, dont la sienne, niait les faits et vient d’etre condamné à 15 ans de réclusion à Rodez.

Les jurés auraient été bien inspiré de mettre Môssieur Tron à l’abri de la vindicte des proches de ses  » soit disant victimes  »

Acquite à tort va manger gras ce soir

Dupont-Lajoie n’aime décidément pas ceux qui font leur travail correctement.

Dégueulasse ? Vous êtes bien loin manifestement de la réflexion et de l’équilibre nécessaires en matière de justice.

Vous connaissez mieux le dossier que les juges ? Commentaire du bistro du coin …

Ça aide aussi d’avoir un vrai ténor du barreau. Il a bien fait son job !

L’acquittement des deux prévenus était presque inévitable puisque non seulement il n’y avait pas la moindre preuve qu’ils avaient violé les deux plaignantes et que pire encore la Cour assure que doit être écartée la possibilité qu’elle aient été contraintes, les audiences ayant permis de démonter qu’elles avaient toutes les deux menti, à de nombreuses reprises pour la seconde, ce que confirme le jugement. Il dit également que leurs accusations s’inscrivent dans une « logique de vengeance ».

C’est une claque pour le Parquet, claque  prévisible d’autant que le procureur avait dit s’appuyer, faute de preuves, sur son « intime conviction », avait omis dans ses réquisitions de parler des éléments plus que problématiques du dossier et avait même été suffisamment désinvolte pour requérir quatre ans de prison contre Mme Gruel en expédiant son cas en trois minutes sur deux heures de plaidoirie.

La seule chose qui jouait contre Tron et Gruel est qu’ils mentaient en niant toute relation sexuelle avec qui que ce soit et que le jugement confirme ce mensonge. Cela n’en fait pas des violeurs pour autant.

Le Parquet fera peut être appel mais après un premier non lieu en faveur des prévenus délivrés par deux juges d’instruction sur réquisition conforme du Parquet, puis un second refus du Parquet de donner suite, en changeant de position cette fois, on ne peut pas dire qu’il ait été bien inspiré. S’il ne veut pas prendre une deuxième claque, il ferait bien de s’abstenir de faire appel.

Encore une victoire pour acquitator!

dupont-moretti-defend-tron-aux-assises

Un verdict logique avec des attendus clairs et descriptifs.

Faire appel dénoterait un esprit acharné proche du harcèlement.

  • NOUVEAU
  • 15/11/2018 19:23
  • PAR 

La justice est passée , rien à dire sinon que les attendus du jugement sont très convaincants pour un lecteur qui , comme moi , n’a pas spécialement suivi l’affaire. Les deux plaignantes n’auront pas rendu service aux innombrables victimes de sévices sexuels

  • NOUVEAU
  • 15/11/2018 19:28
  • PAR 

C’est un fiasco pour Médiapart, qui a réalisé du procès une couverture totalement à charge de l’accusé. Pour saisir la réalité des audiences et la déliquescence progressive de l’accusation, mieux valait lire le récit rigoureux de Pascale Robert-Diard dans le Monde, visiblement moins exaltée par la pression du moment.

Tron, qui n’est pas sympathique et coche les cases fatales citées plus haut par vos lecteurs (ancien secrétaire d’État, « vieux beau » etc… etc…) était jugé d’avance par l’Empire du Bien, les médias, les féministes (pardon pour les redondances), la foule lyncheuse.

Ce sont des femmes qui l’ont individuellement défendu, courageusement quoiqu’on en pense. La justice n’est certes pas innocente et encore moins infaillible mais elle présente l’intérêt de revenir à la réalité des faits. Un revers pour metoo-balancetonporc et leur monde expéditif binaire.

Le parquet risque en effet de faire appel, dans l’intérêt supérieur du nouvel ordre public.

Vous racontez n’importe quoi. Encore du dénigrement (parlons français) gratuit de Mediapart. En effet les articles de M. Deléan ont été tout à fait factuels depuis le début du procès.

Je remarque que la mauvaise foi se récompense par les recommandations des adeptes de la secte de Qui-vous-savez depuis quelques temps.

Comment savoir la vérité ? Ce qui est certain, pour moi qui habite son coin c’est: Georges Tron a toujours eu une cour féminine qui le suivait, mais ses groupies semblaient bien consententes. Ses accusatrices ont été soutenues par le FN. Marine Le Pen est même venue faire son numéro sur le marché de Draveil. Elles ont porté plainte après avoir été accusées de divers délits. J’aurais été membre du jury, j’aurais été bien incapable de prononcer un verdict. Certes Tron est sans doute un libertin qui profite de l’attrait que le pouvoir exerce sur une partie des femmes. Cela mérite-t-il 6 ans de prison ? Où cela s’arrête-t-il ? Où commence l’abus de position dominante ? Les jurés, semble-t-il, on considéré que Tron n’avait pas franchi la ligne jaune… Ou qu’il n’y avait pas de preuve. Ils étaient mieux informés que moi. Par ailleurs l’accusation n’avait réclamé « que » 6 ans, ce qui serait faible pour un viol. Sans doute jugeait elle que ce n’était pas vraiment le cas. De toute façon la carrière politique de George Tron est terminée. C’est une conséquence de cette affaire et sans doute de son incapacité à ne pas discerner que sa fonction lui imposait des réserves dans son comportement. Les plaignantes sont elles sincères ? Comment le savoir. En tout cas en s’adressant au FN pour les défendre, elles ont fait un choix qui les a sans doute discréditées.

Je recommande.

Ça m’afflige de constater qu’une collègue est si loin des principes de justice.

+++++

Métaphore numérique  de la justice liquide   ;;;;;…En rouge le simple quidam…Le poisson exotique représente le justiciable puissant…. Le cordon ,

richard-bonobo-46

la relation de la justice vis a vis de ses concitoyens…….

Publicités

Une réflexion sur “Georges Tron est acquitté des accusations de viols

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s