#Chine Les ombres chinoises sur l’économie mondiale !

Les ombres chinoises sur l’économie mondiale

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La guerre commerciale lancée par Donald Trump contre Pékin frappe au moment où l’économie chinoise, en pleine transition, est la plus vulnérable. Après avoir tenté d’assainir son système financier, le gouvernement chinois a desserré de nouveau la machine à crédit pour soutenir la croissance. Les États-Unis soupçonnent la Chine de manipuler sa monnaie, en chute libre face au dollar, pour contrer leurs mesures de rétorsion.

Pour la troisième fois depuis le printemps, la Banque populaire de Chine a modifié, le 8 octobre, la régulation bancaire, en abaissant le montant des réserves obligatoires pour les banques commerciales. Ce nouvel assouplissement des règles est censé libérer quelque 750 milliards de renminbis (environ 100 milliards d’euros), afin de faciliter le financement de l’économie. Dans quel état se trouve donc l’économie chinoise pour que le gouvernement et la banque centrale assouplissent au fil des mois les règles bancaires, cherchent à tout prix à relancer le crédit ? Pas dans sa meilleure forme, assurément.

Même si les autorités chinoises maintiennent que la croissance chinoise sera de 6,8 % cette année, tout tend à prouver que la machine économique est en train de se dérégler. Les derniers chiffres, publiés le 19 octobre, traduisent un ralentissement plus fort que prévu. En apparence, rien encore d’alarmant : l’activité n’a progressé que de 6,5 % au troisième trimestre contre 6,7 % au trimestre précédent. Mais c’est le rythme le plus faible depuis la crise de 2009.

Partout, les signaux de tension s’accumulent. En septembre, les investissements dans l’immobilier, l’industrie, les infrastructures, qui forment les piliers de la croissance chinoise, sont tombés à leur bas niveau, selon les dernières statistiques officielles. La production industrielle est en baisse. La consommation est en recul partout : les ventes automobiles sont en baisse de 12 % depuis le début de l’année, les ventes sur internet sont en chute, de même que les ventes au détail. Quant au marché immobilier, il est en chute nette.

Donald Trump et Xi Jinping en mars 2018. © ReutersDonald Trump et Xi Jinping en mars 2018. © Reuters

Le malaise s’exprime encore plus fortement sur les marchés boursiers, à leur plus bas niveau depuis la crise de 2015. Cette baisse accélérée pose des problèmes redoutables pour les autorités chinoises. Toute l’épargne de la classe moyenne est investie directement ou indirectement sur les marchés boursiers. Alors que la chute se poursuit, beaucoup risquent de vouloir retirer le plus rapidement possible leurs économies, comme ce fut le cas en 2015, pour sauver ce qui peut l’être. Au risque d’accentuer encore l’effondrement boursier.

Évolution de l'indice de la bourse de Shanghai sur un an. © BloombergÉvolution de l’indice de la bourse de Shanghai sur un an. © Bloomberg

Un scénario de cauchemar pour les autorités chinoises. Car le système financier et de crédit s’est développé en donnant comme garantie des actions. « Les régulateurs redoutent un risque systémique. Car si les marchés actions continuent de chuter, des banques seront obligées d’appeler les groupes, parce que la valeur de leurs “collaterals” [titres déposés en garantie – ndlr] aura baissé, ce qui risque de provoquer des ventes massives », explique Jackit Wong, analyste à la banque d’investissement Mitsubishi UFJ Financial Group. Manifestement inquiètes, les autorités de la banque de Chine et de régulation ont publié un communiqué commun le 20 octobre, pour rappeler leur soutien aux marchés. Elles promettent de nouvelles mesures d’assouplissement financier, afin d’aider les groupes en difficulté, particulièrement ceux qui ont mis en nantissement leurs actions.Pékin insiste beaucoup sur la responsabilité du gouvernement américain dans les difficultés actuelles. Chaque jour, le ton monte entre Washington et Pékin. Après avoir taxé l’acier, le gouvernement américain a imposé en août une surtaxe sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. Donald Trump menace d’imposer de nouvelles taxes sur d’autres produits importés de Chine, si Pékin ne se montre pas plus conciliant.

Pour l’instant, cette guerre économique entre les États-Unis et la Chine ne se traduit pas encore dans les chiffres. Les transporteurs maritimes font état de hausses spectaculaires de cargaisons au cours des dernières semaines. Les exportations totales de la Chine ont augmenté en moyenne de 11,7 % au cours du troisième trimestre. Le déficit américain à l’égard de Pékin a encore augmenté en octobre pour atteindre le niveau record de 31,05 milliards de dollars (26,88 milliards d’euros) en août, soit près de 19 % de plus qu’en août 2017.

Pour certains analystes, ce n’est qu’une question de temps : les rétorsions américaines vont immanquablement se faire sentir sur l’économie chinoise. Le surcroît d’exportations ces dernières semaines serait en fait la traduction d’achats de précaution, avant que les surtaxes douanières entrent en vigueur. Des analystes comme ceux de la banque Macquarie Capital pensent que les exportations chinoises vont chuter entre 5 % et 10 % dans les mois qui viennent. Ceux de JP Morgan prédisent que les exportations vont commencer à faiblir à partir de 2019 et la croissance chinoise pourrait tomber autour de 6 %.

La Chine n’est plus, depuis une bonne décennie, une économie dépendante de ses seules exportations : deux tiers de ses productions ont pour objet de répondre à la demande intérieure. Mais les attaques de Donald Trump contre Pékin frappent à un moment où l’économie chinoise se trouve dans une situation de grande vulnérabilité. « Toutes sortes de risques et de problèmes qui se sont accumulés dans le passé resurgissent maintenant. C’est un processus inévitable mais qui doit être abordé rationnellement »a expliqué dans un entretien à l’agence de presse Xinhua News, Liu He, principal conseiller économique du président Xi Jinping. Avant d’assurer qu’en dépit des difficultés du moment, la Chine avait « un avenir brillant devant elle ».

Depuis plusieurs années, les autorités chinoises tentent de changer de modèle. Ce dernier lui a permis une expansion sans précédent historique mais en s’appuyant sur une accumulation de dettes, elle aussi historique. Les dettes privées s’élèvent à plus de 250 % du PIB, selon le calcul du FMI. Pour calmer le jeu, le gouvernement essaie de reprendre en main graduellement le système financier.

Mi-2017, la banque centrale a fermé le robinet des liquidités, en mettant un terme à sa politique monétaire ultra laxiste qu’elle avait dû reprendre à l’été 2015 pour prévenir une nouvelle crise financière. De nouvelles règles prudentielles ont été imposées aux banques, afin de mieux contenir le crédit et la spéculation, et les obliger à provisionner leurs mauvaises créances.

Ce resserrement monétaire, même graduel, a déstabilisé la finance chinoise. D’autant que toute une finance de l’ombre, hautement spéculative, s’est développée aux côtés des banques commerciales classiques et menace l’ensemble. Au moindre faux pas, le périlleux échafaudage financier chinois peut imploser.

Dès le début de l’année 2018, le gouvernement chinois a commencé à s’alarmer : la croissance donnait de dangereux signes de faiblesse. Le marché immobilier semblait sur le point de caler ; les investissements dans les infrastructures, conduits par les autorités locales, diminuaient drastiquement, alors que le gouvernement central avait limité leurs capacités d’emprunt ; des entreprises, notamment des groupes publics locaux, ne pouvaient plus faire face à leurs échéances de remboursement et certaines ont fait faillite.

Par contrecoup, le système financier était pris à son tour de convulsions. Les marchés boursiers chutaient, les marchés obligataires se fermaient, et les banques voyaient leur stabilité financière dangereusement se dégrader, alors que les créances douteuses et les crédits impayés s’accumulaient dans leurs bilans.

La chute du renminbi

 © Reuters© Reuters

Plus grave : la Chine faisait face à une véritable fuite des capitaux, liée à la fois à une peur d’une récession et à la crainte de nombre d’oligarques et de grandes fortunes de voir le système chinois se durcir au fur et à mesure que le président Xi Jinping renforçait son pouvoir absolu sur le pays. En quelques mois, plus de 200 milliards de dollars ont ainsi quitté le pays pour trouver refuge dans quelque place offshore ou paradis fiscal jugé plus sûr. Conséquence de ces fuites : le renminbi s’est déprécié rapidement, perdant près de 10 % de sa valeur face au dollar.Face à une dégradation rapide et inattendue de la situation économique, les autorités n’ont vu qu’une solution : desserrer les freins de la machine à crédit, en injectant à nouveau des milliards dans l’économie par le biais de l’assouplissement des régulations bancaires. Depuis, elles pilotent à vue, tentant par tous les moyens de réaliser un atterrissage en douceur. Sans vraiment y parvenir.

Évolution du renminbi face au dollar sur un an. © BoursoramaÉvolution du renminbi face au dollar sur un an. © Boursorama

Car toutes les tensions qui se sont accumulées dans l’économie et le système financier trouvent leurs traductions sur le marché des changes : le renminbi ne cesse de perdre de sa valeur, notamment par rapport au dollar. Pour enrayer la fuite des capitaux, les autorités ont considérablement durci les règles de change. Dans le même temps, elles interviennent quasiment tous les jours, allant jusqu’à ressortir un dispositif utilisé du temps de Mao Zedong pour soutenir la monnaie chinoise. Avec un succès limité. Le renminbi a perdu encore 5% de sa valeur depuis l’été, pour atteindre 6,92 renminbi pour un dollar. Les marchés spéculent à la baisse, anticipant le passage de la barre symbolique des 7.La dépréciation du renminbi a suscité une nouvelle charge de Donald Trump contre Pékin. Le président américain accuse la Chine d’organiser une dévaluation compétitive en vue de contrer les mesures de rétorsion commerciales américaines. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, dénonçant lui aussi la faiblesse du renminbi, demande même que désormais le taux de change soit inscrit dans les traités commerciaux, afin de couper court à toute manipulation de la monnaie. La réponse de Pékin n’a pas tardé. « Pékin n’a pas d’autre choix que de répondre à une guerre commerciale qui a été engagée par les États-Unis », a rétorqué l’ambassadeur de Chine aux États-Unis.

L’escalade entre les deux pays a baissé d’un ton dans la semaine, après que le Trésor américain a déclaré qu’après enquête, il n’y avait pas de manipulation de la monnaie chinoise par Pékin. Les autorités américaines ont annoncé, cependant, qu’elles continuaient à mettre Pékin sous surveillance. Les autorités chinoises ont répliqué en indiquant qu’elles continuaient à suivre au jour le jour l’évolution du renminbi – le change de la monnaie chinoise est évalué à partir d’un panier de 24 monnaies – afin de ne pas perturber les équilibres mondiaux.

Si Donald Trump concentre toutes ses critiques sur la monnaie chinoise, c’est qu’il sait qu’il s’agit du maillon faible de la politique chinoise. Car Pékin se retrouve à devoir résoudre une vraie quadrature du cercle : transformer son modèle et assainir son système financier gorgé de dettes, tout en assurant une croissance économique convenable pour le pays, et en maintenant la valeur de sa monnaie, afin que celle-ci, dans un temps plus ou moins long, puisse servir de pilier fondateur à un nouvel ordre monétaire multipolaire, où le dollar ne serait plus la seule monnaie de référence internationale.

Dans une étude, la banque JP Morgan résume les choix du gouvernement. « Soit la Chine choisit d’intervenir sur le marché des changes pour soutenir sa monnaie, au risque d’amenuiser ses réserves de change et de pénaliser ses échanges commerciaux ; soit elle augmente ses taux d’intérêt pour défendre sa monnaie, en courant le risque d’affaiblir son économie ; soit elle laisse sa monnaie se déprécier au-delà des seuils critiques, en courant le risque d’accélérer la fuite des capitaux et provoquer des corrections abruptes », écrit la banque, avant de conclure que Pékin ne se retrouve que devant de mauvaises solutions.

Pour certains analystes de banque, les autorités chinoises ont choisi : elles vont laisser la monnaie chinoise se déprécier, mais en en limitant la chute afin de ne pas détruire les chances d’imposer le renminbi comme monnaie de réserve face au dollar. « Nous pensons que la Chine maintiendra la valeur de sa monnaie qui pourrait être un élément clé lorsque le dollar baissera, ce qui risque d’arriver plus vite que prévu », estime de son côté la banque Saxo dans une récente étude sur l’état du monde. Notant que les autorités chinoises ont desserré à nouveau le crédit, celle-ci s’attend à une nouvelle politique de relance budgétaire, passant par de nouveaux programmes d’investissements publics ou des réformes fiscales.« Nous avons encore des marges de manœuvre. Nous avons encore beaucoup de moyens et d’outils pour soutenir la croissance mondiale », a assuré Yi Gang, le gouverneur de la banque de Chine lors du sommet du FMI à Bali, le 13 octobre. Ses partenaires aimeraient le croire. Tous savent le rôle décisif que la Chine a joué pendant la crise de 2008, et à nouveau en 2015, en acceptant de porter pratiquement à elle seule la charge de relancer l’économie mondiale, en injectant des centaines de milliards de dollars.

Mais la Chine ne semble plus vouloir jouer la carte de la relance monétaire, devenue trop dangereuse pour son propre système. Le voudrait-elle d’ailleurs que cette politique risquerait de tourner à l’échec. Car à la différence de 2008 et 2015, elle serait la seule à ouvrir les vannes monétaires, alors que toutes les autres banques centrales se sont engagées sur la voie de la normalisation et du resserrement du crédit.

Alors que se passera-t-il si, cette fois, la Chine n’accepte plus de jouer le rôle de stabilisateur mondial ?

TOUS LES COMMENTAIRES

Pourquoi en ce moment ?

vous  voulez démontrer quoi?

CE COMMENTAIRE A ÉTÉ DÉPUBLIÉ PAR SON AUTEUR.

Cette analyse résume assez bien le problème auquel se heurte la Chine, mais il y a deux éléments d’importance qui semble échapper à son auteur :

1° – Ce que les Chinois exportent vers les USA, ceux- là même ne le produisent plus, et ce n’est pas la hausse des tarifs douaniers qui va changer les choses. Car les industriels de toute nationalité qui produisent en Chine ont déjà commencé à délocaliser il y a 5 ans environ vers les provinces intérieures, au Vietnam etc.

2° – La dette publique chinoise, c’est à celle détenue par les banques d’état, les collectivités territoriales etc est une dette très majoritairement interne, à la différence par exemple de la Dette française. Donc le danger est de côté là est relativement cantonnée. Par contre, quid de la dette privée et des circuits financiers occultes. De la vient le danger.

En particulier les circuits financiers occultes (la shadow bank) : les montants y seraient exponentielles, le niveau spéculatif excessif, et bien entendu, les mesures gouvernementales pour lutter contre de possibles dysfonctionnements de l’économie visible ont peu d’effet sur cette finance. Mais celle-ci, en interaction avec le système « légal », peut entraîner tout le système dans sa chute – tout comme la Bourse, vivant grandement en parasite sur l’économie réelle de tous les pays, sait profiter des périodes de croissance sans y apporter une réelle plus-value, mais peut entraîner l’économie réelle dans la chute de ses bulles spéculatives.

C’est moi, ou ça ne commente pas trop, sous les articles économiques ? Ou bien certains de mes amis de chambrée Insoumis (les plus hystériques, heureusement une minorité parmi la majorité silencieuse de FI) auraient-ils mis leur menace à exécution ?

Le mieux est le BOYCOTT des produits chinois … Tout comme le BOYCOTT des produits américains … Rien ne nous oblige à consommer les produits de ces deux pays ( entre autre).

La délocalisation de certains produits en Chine s’est faite car elle était rentable (ou jugée comme telle). Le pari des mesures protectionnistes, c’est de stimuler l’investissement aux US qui seraient de nouveaux rentables pour ces produits tout en plombant le coût de leurs importations. Il faut donc un peu de temps pour reconstruire un tissu industriel adéquate.

Mais c’est là où la politique de Trump risque de tomber. Aujourd’hui ça marche car il s’endette à mort mais combien de temps peut-il tenir ?

Du côté de la Chine, je pense que les remouds à court terme pourraient faire très mal. Quoi qu’on pense de la soi-disant stupidité de Trump, il a frappé la Chine au bon moment, comme l’expose bien l’article.

  • NOUVEAU
  • 23/10/2018 14:09
  • PAR 

pas encore fini l’article, mais ce passage est horrible a lire, se serai bien de le corriger 🙂 (manque un mot plus la répétition de risque qui est vraiment pas belle):

Alors que la chute se poursuit, beaucoup risquent de vouloir retirer le plus rapidement possible leurs économies, comme ce fut le cas en 2015pour sauver ce qui l’être. Au risque d’accentuer encore le risque d’effondrement boursier.

Je me suis tellement concentré sur le fond que, pourtant exigeant sur l’orthographe (et plutôt pas mauvais, sauf dans les passés composés pronominaux etc), je n’ai pas remarqué ! Mais c’est sympa d’avoir inséré vous aussi une fôt’, afin de tester notre attention.

J’ai effectivement relevé ce passage pour le fond et n’ai pas non plus relevé la faute.

Cette information fait d’autant plus réfléchir qu’un peu plus loin dans l’article, Martine Orange explique que : « Les dettes privées s’élèvent à plus de 250 % du PIB, selon le calcul du FMI. »

Des Chinois endettés à 250% qui perdent leurs économies parce que placées en actions alors que la bourse chinoise baisse et risque de s’effrondre, cela ne promet rien de bon (d’autant que l’endettement moyen par personne aux USA serait de 50 000 dollars et que l’ensemble nous montre une économie en lévitation au dessus d’un très grand vide).

D’où l’utilité d’en revenir aux fondamentaux de l’économie réelle et de réguler très sérieusement la commercialisation de produits dérivés (qui sont de l’ « économie casino » ou de l’escroquerie à la cavalerie institutionnelle ?).

Ce que ne semble pas vouloir la majorité LREM ni l’UE (du même bord) :

La finance, rêve somnambulique de la majorité

Par Romaric Godin

La majorité a adopté un amendement au projet de loi de finances 2019 réduisant la fiscalité sur les bonus des gérants de fonds. Le but : attirer plus que jamais les acteurs de la City. Un objectif dangereux pour l’économie française.

Droits humains et multinationales: à l’ONU, l’Europe fait de la résistance

Par christophe Gueugneau

Pendant une semaine, le groupe de travail spécial de l’ONU chargé de réfléchir à un traité juridiquement contraignant pour les entreprises en matière de droits humains et environnementaux s’est réuni à Genève. Attendue au tournant, l’UE a déployé une série d’arguments pour ne pas avancer.

 

Ce qui est à craindre en cas de crise économique et sociale, c’est l’activation de la fibre nationaliste chinoise pour endiguer les mécontentements qu’elle suscitera dans le pays. Actuellement les menaces chinoises à l’égard de Taïwan se font de plus en plus pressantes:

http://www.lefigaro.fr/international/2018/03/20/01003-20180320ARTFIG00013-xi-jinping-menace-taiwan-d-une-punition-de-l-histoire-en-cas-de-separatisme.php

Le sentiment indépendantiste sur l’île se développe en réaction et en proportion à ces menaces: une manifestation de plus de 120 000 personnes, a eu lieu la semaine dernière à Taipei pour exiger que soit organisé un référendum sur une déclaration d’indépendance. Jamais dans son histoire Taïwan n’avait connu une telle mobilisation sur la question de son indépendance formelle sous l’appellation de République de Taïwan (L’île étant déjà indépendante de fait, mais sous l’appellation République de Chine, même si presque aucun pays ne la reconnait comme Etat indépendant et souverain, celle-ci n’étant même pas représentée à l’ONU). L’ampleur de cette mobilisation a d’autant plus surpris les observateurs, que le DPP, parti au pouvoir lui-même de sensibilité indépendantiste avait appelé ses partisans à ne pas participer à cette mobilisation pour ne pas sembler jouer la carte de la provocation à l’égard de Pékin.

Une aventure militaire contre Taïwan reste cependant improbable vu les capacités de défense de Taïwan et les enjeux géo-politiques liés à l’importance du détroit de Formose par lequel transite une bonne partie des importations et exportations japonaises et sud-coréennes. Mais ça ne ferait que faire augmenter encore les tensions dans une région qui n’en a pas besoin.

Quand vous voyez le capitalisme international gêné aux entournures avec une « simple » exécution dans un consulat, dont ils n’a en fait que f…, on peut penser qu’une intervention de la RPDC contre la ROC se retournerait contre leurs auteurs : qui oserait ensuite commercer comme de rien avec Beijing ? Certes, les achats de panneaux solaires, de voitures électriques (où la Chine a pris un avantage décisif, grâce à son quasi monopole sur l’extraction des terres rares), mais pour le reste, ce serait bernique. Et comme écrit dans l’article, la Chine n’a pas besoin de voir, dès maintenant, ses exportations chuter.

Autant Beijing peut jouer les gros bras dans le cas des îles disputées par ses voisins (Vietnam, Philippines etc), autant elle espère amener Taiwan progressivement dans son giron, sans utiliser le bruit des bottes (qui serait contre-productif). Regardez Hong Kong : bien qu’elle avait le droit pour elle, elle n’a pas encore totalement absorbé l’ex-enclave britannique (même si c’est en bonne voie), et cela fait bientôt 2 décennies ! A l’époque, on aurait cru que ce serait torché en moins de dix ans.

La Chine espère amener Taiwan progressivement dans son giron, sans utiliser le bruit des bottes (qui serait contre-productif)

Vous avez sans doute raison, le problème pour la Chine est que la population taïwanaise ne l’entend pas de cette oreille et s’éloigne au contraire progressivement de toute perspective de réunification.

  • NOUVEAU
  • 23/10/2018 17:22
  • PAR 

Ne doit-on pas oublier que la Chine est sous régime communiste et que jouer au capitaliste n’est pour eux qu’un moyen ?

« Régime communiste », du grand n’importe quoi ! La majorité des membres du Comité Central sont…des milliardaires ! Régime autoritaire, soit. Totalitaire (surveillance des citoyens par des moyens électroniques), ok. Mais communiste, ça fait belle lurette qu’il ne l’est plus. S’il vous suffit qu’un pays se dise communiste, qu’un autre vous dise qu’il respecte les libertés, qu’un troisième vous dise qu’il est à fond dans une lutte contre le dérèglement climatique (make planet great again), sans vérifier la réalité, il doit être assez facile de vous faire…marcher.

La Chine forme un mélange entre néolibéralisme et capitalisme d’État, une sorte d’hybride impensé des économistes occidentaux. Mais en effet, on ne doit pas la reprise après 2008 à l’U.E.  qui s’est corsetée elle-même dans des traités qui contraignent toute flexibilité économique.

Le communisme chinois est un capitalisme centralisé. Ceux qui ont l’argent ont le pouvoir aux USA  et ceux qui ont le pouvoir ont l’argent en Chine.

 

Faut monter la luminosité… parce que là… il faut vraiment se forcer pour voir des« ombres chinoises »…

La croissance chinoise continue à faire rêver tout l’occident… même entre 6 et 7 % / an…

La Chine est de moins en moins dépendante de ses exportations puisque « deux tiers de ses productions ont pour objet de répondre à la demande intérieure. » ce qui, au passage, démontre que le coût de production des exportations chinoises est bien un coût marginal… donc totalement « inconcurrentiable » par l’occident… du coup comme du coût très… « volontairement dépendant » (Litote…) de ses importations… chinoises… avec comme effets induits désertification industrielle et casse sociale… générant paupérisation et, donc, crédit… hors sol en raison des délirants volumes engagés… soit une crise… économique… de la plus belle eau et pas soi disant… « financière »… CQFD !

« De nouvelles règles prudentielles ont été imposées aux banques, afin de mieux contenir le crédit et la spéculation, et les obliger à provisionner leurs mauvaises créances. » tandis que « la Banque populaire de Chine a modifié, le 8 octobre, la régulation bancaire, en abaissant le montant des réserves obligatoires pour les banques commerciales. Ce nouvel assouplissement des règles est censé libérer quelque 750 milliards de renminbis (environ 100 milliards d’euros), afin de faciliter le financement de l’économie. » C’est chouette d’encore pouvoir faire du Keynes quelque part !…

« …le système financier et de crédit s’est développé en donnant comme garantie des actions… » Certes, mais avec des taux de croissance à deux chiffres… c’était une très bonne idée… et même à 6 ou 7… c’est encore… joli !…

« Le président américain accuse la Chine d’organiser une dévaluation compétitive en vue de contrer les mesures de rétorsion commerciales américaines. » Térébrante analyse !… Il attendait quoi de son protectionnisme à deux balles, Tartarin !… Certainement pas de ses « employeurs » qu’ils portent « les exportations totales de la Chine à un niveau de en moyenne 11,7 % au cours du troisième trimestre [2018]… »C’est ça, le « libéralisme » bien compris, Coco !… Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

Pourtant ils sont bien gentils les chinois… « l’évolution du renminbi – le change de la monnaie chinoise est évalué à partir d’un panier de 24 monnaies – afin de ne pas perturber les équilibres mondiaux. » il serait néanmoins intéressant de nous parler des liens du Yuan (la monnaie des chinois… à valeur fixée par décret)… avec le renminbi (la monnaie chinoise… des étrangers)… et aussi des réserves d’or… chinoises des particuliers… et de la banque of China…

Comme « Tous savent le rôle décisif que la Chine a joué pendant la crise de 2008, et à nouveau en 2015, en acceptant de porter pratiquement à elle seule la charge de relancer l’économie mondiale, en injectant des centaines de milliards de dollars. » effectivement s’interroger sur le point de savoir « …que se passera-t-il si, cette fois, la Chine n’accepte plus de jouer le rôle de stabilisateur mondial ? » est une très bonne question… Voir des « ombres », où il y en a peu… par rapport à la longue nuit occidentale…, amène à autre question : Martine Orange, auriez-vous la vue qui baisse ?…

 

Les produits destinés au marché intérieur ne sont pas tous des produits également exportés ! Tout simplement parce que, pour l’instant, sa « middle classe » solvable reste encore assez modeste (l’équivalent d’un pays comme l’Allemagne, peut-être un peu plus maintenant). Il y a, en interne, encore une grosse demande (proportionnelle) en alimentation, vêtements, infrastructures (rail, autoroutes, fibre…), logements etc, toutes choses que la Chine exporte pas ou peu.

On n’est pas encore au niveau des USA, qui ont, dans de nombreux secteurs, un coût marginal réduit, puisque exportant indifféremment les mêmes produits qu’ils consomment aussi (cas des GAFA, d’abord développés et rentabilisés chez eux, qui ne coûtent presque rien ensuite sur les autres marchés).

 

« la « middle classe » solvable reste encore assez modeste (l’équivalent d’un pays comme l’Allemagne, peut-être un peu plus maintenant)  »   ??? Plutôt de l’ordre de 500 millions de ménages… vous « datez » un peu… En outre… ils sont tellement endettés que le taux d’épargne brute avoisine les 50 %…

Pour le reste… aucun doute… 我們是中國人 Nous sommes chinois…

et c’est même pour ça qu’il est bon de savoir Comment et pourquoi l’occident a tué Keynes…

Il est donc permis de suivre… Liu He, principal conseiller économique du président Xi Jinping. quand il assure « qu’en dépit des difficultés du moment… la Chine [a] « un avenir brillant devant elle ». »

L’occident a quant à lui, beaucoup de mal à admettre la réussite du capitalisme… vertueux…

Au vu de la situation économique… et pas que soi disant financière… en occident, on peut comprendre que le déni soit une « valeur refuge » face à son avenir, en train de s’écrire : le consumérisme subventionné sur un  marché vassalisé.

 

La Chine détient un peu plus de 1 146 milliards de dollars de bons du Trésor américain. C’est à peu près 20% de la dette détenue par les Etats étrangers. Le Japon arrive en deuxième place suivie de l’Irlande, du Brésil et du paradis fiscal des îles Caïmans.

Que ce passerait il si les Chinois décidaient de vendre ce pactole?

Ils ruineraient leur portefeuille… pas sûr qu’ils acceptent.

  1. Sans doute, mais quelles seraient les consequences pour les USA?
  2. N’est ce pas la, en définitive, l’arme de dissuasion ultime et economique des Chinois envers les USA ?

Intéressante situation. La Chine a joué une carte capitaliste si je comprend bien en usant d’une monnaie interne le Yuan dont la connection au Renminbi semble relativement floue. En interne la classe ouvrière se mobilise pour que sa situation s’améliore. Et si la Chine faisait de ce développement interne l’axe principal de son activité économique à venir. La financiarisation mondiale  sous la coupe des USA peut elle contraindre la Chine  quand le groupe B.R.I.C.S. a déjà semble-t-il dans les tuyaux des alternatives. Si on allait vers un rééquilibrage associant la Chine, l’Iran et l’URSS se produisait l’Afrique  dont les monnaies sont faibles n’y trouverait-elle pas son compte? L’inde choisirait-elle de changer de camp? De toute façon, au bout du compte que pourrait le vieux capitalisme occidental contre la moitié de la population mondiale? Les rapports de monnaies ne sont que l’expression de contrats. Tout contrat peut être rompu créant une situation nouvelle qui nécessitera de nouvelles négociations. Les pays du Capitalisme financier occidental ne peuvent pas se passer de l’autre moitié du monde. Et si c’était le commencement de la fin du capitalisme mondialisé? L’URSS, toute seule est parvenue à survivre plus de 7 décennies.

C’est incroyable de voir autant de gens qui vous expliquent que la Chine est en passe de réussir là où les autres ont échoué, avec sa croissance et sa productivité, et bla bla… Mais qui n’a encore pas compris que tout ça était fini, et que la Chine ne faisait que nous pousser tous encore plus rapidement dans le précipice inévitable vers lequel nous nous dirigeons collectivement ?

Bonjour Gerard,

Je suis bien votre propos, mais je ne crois pas qu’il y ait autant de gens admiratifs du système chinois dont au contraire on relève les problèmes qu’il pose. Ceci dit la Chine c’est 1500 milliards d’individus, soit 20% de la population de la planète et il est normal qu’elle tienne son rôle et qu’on le considère comme tel. Pour ma part, je ne suis pas inquiet d’une Chine obligée de se reporter sur son marché intérieur du fait de la crise et qui va donc au fur et à mesure, monter ses prix, son niveau d’éducation et ses exigences démocratiques. Me fait bien plus peur l’Inde où le moteur religieux et extrémiste est très puissant,  et qui est dotée de l’arme atomique comme son voisin Pakistanais qui possède les mêmes dangereux défauts. Tiens au fait, personne pour stigmatiser Modi dont le comportement fait passer Bolsonaro pour un enfant de choeur… il n’a pourtant pas encore mis le feu à la planète.

« …la Chine c’est 1500 milliards d’individus… »  pas tout à fait… ;O) et d’autant moins que c’est INDISCUTABLEMENT la limitation des naissances qui est à l’origine de la réussite économique de la Chine… en dépit des éructations, aujourd’hui bien oubliées, qu’elle suscitât de la part de la doxa judéo-chrétienne occidentale viscéralement anticommuniste de l’époque… au nom de la liberté… individuelle… et formelle… surtout. A cet égard, apaisez vos inquiétudes quant à l’Inde où l’obscurantisme religieux plombe le développement avec une efficacité… séculaire.

Bonsoir

c’est vrai, 1.386 milliard, ce n’est pas 1.5 milliard. Ravi de voir que vous aimez la précision.:o)

Bon, concernant la limitation autoritaire des naissances par la Chine, on découvre quand même avec les enfants oubliés et les drames qu’ils vivent que cela n’a pas été totalement parfait, mais je veux bien reconnaître que c’est un détail pour ceux qui ne sont pas dans ces embrouilles dramatiques.

Néanmoins, bien qu’ayant conscience de l’urgence de dominer la démographie, notamment en Afrique ou Macron malgré sa brutalité avait quand même raison de stigmatiser ce problème, je suis réticent devant une solution autoritaire. D’autres pays y sont arrivés avec peut-être plus de temps sans déployer cette autorité dramatique.

Pour en revenir à Macron, permettez-moi d’exprimer que cet épisode auquel je faisais allusion démontre exactement les limites de ce mec et de sa caste. Il a techniquement raison, parce que personne ne peut justifier que la démographie galopante de l’Afrique est une richesse, alors que cette démographie réduit à néant tous les efforts qui pourraient être fait en matière d’infrastructures et de services publics. Néanmoins la ou Macron et sa clique se plantent à mon avis, c’est d’en rejeter la responsabilité sur les Africains alors que la faute est encore une fois et toujours celle de notre grand capital.et des politiques complices.

Je m’explique, les familles nombreuses sont une culture de la pauvreté, parce que la richesse et la sécurité des parents quand ils seront vieux, ce sont les enfants et qu’il vaut mieux la certitude de beaucoup d’enfants pauvres que l’hypothèse de ……. pas d’enfant riche. Si au lieu d’épuiser l’Afrique et de laisser sa population dans sa misère et son manque d’éducation, nos multinationales avaient été obligées d’en laisser un peu plus à la population, si nos politiques n’avaient pas installé et protégé les despotes qui l’ont aussi pillée, on aurait pu construire les écoles, les infrastructures, gérer le planning familial et la protection sociale nécessaires pour piloter ces changements de mentalité.sans violence. Et il faudra bien un jour s’y mettre, tellement cela devient critique et urgent.

Quant à l’Inde, il faudra bien un jour se préoccuper aussi de ce retard qui nous menace et accepter qu’elle prenne la place qui lui revient du fait de sa population.

  • NOUVEAU
  • 24/10/2018 07:45
  • PAR 
Quand les cerveaux qui nous dirigent admettrons que tous les pays sont désormais interdépendants, peut-être penseront ils que la coopération, la coordination et la régulation sont préférables. Keynes avait déjà raison il y a 70 ans.
  • NOUVEAU
  • 24/10/2018 11:48
  • PAR 

J’espère ne pas jouer les « Cassandre » mais j’ai bien peur que la guerre commerciale entre Lachine et les USA dégénère en guerre militaire.

De toutes les manières, je pense que toutes ces guerres commerciales, aboutiront à la guerre.

Le changement climatique n’est pas le premier danger, même s’il est important. Vous pouvez continuer à rouler en DIESEL !!

Ce que ne dit pas votre article, c’est que la dévaluation de leur monnaie est volontaire pour se désengager du dollar et augmenter leur réserve en or afin de devenir la monnaie de référence mondiale. Il ne faut JAMAIS oublier l’or…
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Une réflexion sur “#Chine Les ombres chinoises sur l’économie mondiale !

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