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A Barcelone, l’opacité de la pré-campagne de Valls suscite déjà des remous

 PAR FERNANDO VARELA (INFOLIBRE)

Alors que Manuel Valls effectue en ce début de semaine sa « tournée d’adieu » en France, des journalistes et certains de ses adversaires politiques en Catalogne s’interrogent déjà sur l’opacité du financement de la pré-campagne menée par l’ancien premier ministre français. Depuis l’officialisation de sa candidature, des hommes d’affaires ont publiquement exprimé leur soutien.

Qui finance l’« opération Valls » ? Avant de se déclarer officiellement candidat à la mairie de Barcelone, le 25 septembre, l’ancien premier ministre a multiplié les déplacements en Catalogne et les rendez-vous de travail pour se constituer une équipe depuis le printemps, et a régulièrement séjourné dans un grand hôtel de la capitale catalane (Mediapart l’a déjà raconté dans une enquête publiée cet été). À huit mois du scrutin, des journalistes espagnols, comme certains de ses adversaires politiques aux municipales de 2019, s’interrogent déjà sur l’opacité des financements de la candidature de Manuel Valls.

Des sources de la direction de Ciudadanos, ce parti libéral allié d’Emmanuel Macron qui soutient Valls, ont assuré à infoLibre, partenaire de Mediapart en Espagne, que la formation d’Albert Rivera « n’aid[ait] pas économiquement » la pré-campagne de l’ancien premier ministre français.

Quant à la Societat Civil Catalana (SCC), cette plateforme de la société civile qui s’oppose au mouvement indépendantiste en Catalogne et qui a incité Valls à se lancer dans le grand bain catalan, son président, José Rusiñol, assure à infoLibre que la SCC n’a pas l’intention de financer l’« opération Valls ». « Ni Manuel Valls ni personne d’autre ! Nous ne sommes pas là pour financer des partis ou des candidats. Nous sommes une organisation transversale, et nous n’allons pas nous impliquer », avance-t-il.

Ils n’ont même pas fourni, assure-t-il, « un soutien logistique ou quelque chose du genre », alors que la SCC avait la première eu l’idée d’inviter Valls pour participer à ses meetings, durant la campagne des régionales de décembre 2017. Et Rusiñol d’insister : « La SCC fera campagne à Barcelone, mais elle le fera pour soutenir tous les groupes constitutionnalistes », c’est-à-dire partisans du respect de la Constitution de 1978 et de l’« unité de l’Espagne ».

Manuel Valls lors de l'annonce de sa candidature à la mairie de Barcelone, le 25 septembre 2018. © REUTERS/Albert GeaManuel Valls lors de l’annonce de sa candidature à la mairie de Barcelone, le 25 septembre 2018. © REUTERS/Albert Gea

Qui, alors, paie les factures ? Qui va financer les frais des cabinets de conseil en communication (Valls a déjà eu des rendez-vous à ce sujet avec Xavier Roig i Associats, une structure dirigée par un proche de l’ancien maire de gauche de Barcelone, Pasqual Maragall) ? Qui prendra en charge la mise en œuvre, complexe et coûteuse, de la plateforme « Barcelona Capital Europea » avec laquelle Manuel Valls veut remporter la mairie de la deuxième ville d’Espagne, et dont il devrait présenter les grandes lignes dès novembre ?

Valls n’a jusqu’à présent pas donné de détails sur sa candidature et encore moins sur l’origine des financements. Il profite à ce stade d’une situation privilégiée, puisque les comptes de ses rivaux – les partis catalans traditionnels – sont soumis au contrôle de la Cour des comptes et doivent respecter les limitations établies par la loi sur le financement des partis politiques (les partis ne peuvent pas, par exemple, dépasser le plafond de 0,11 euro de dépenses par habitant de la ville où ils sont candidats, ou encore sont obligés de déclarer tout don supérieur à 25 000 euros, selon la loi de financement des partis politiques de 2007). Mais les comptes de Manuel Valls, eux, restent hors de tout contrôle. En tout cas jusqu’au lancement en bonne et due forme de sa plateforme.

En réalité, c’est l’Assemblée nationale qui a payé, jusqu’à maintenant, une bonne partie de la pré-campagne de Valls. Mais ce régime d’exception a pris fin en ce lundi 1er octobre, puisque l’ancien premier ministre s’est engagé à démissionner de toutes ses fonctions électives en France sans attendre.

Pour nombre de ses futurs adversaires à la mairie, l’affaire est pliée : derrière la candidature de Valls se dissimule une vaste coalition d’intérêts politiques et entrepreneuriaux. Le candidat socialiste (PSC) aux élections municipales, Jaume Collboni, a ainsi qualifié la plateforme de Valls d’« opération de marketing et de tromperie » qui viserait à cacher le soutien d’Albert Rivera, le chef de Ciudadanos, mais aussi de la Fondation pour l’analyse et les études sociales (FAES), cette fondation privée et très conservatrice présidée par José María Aznar, l’ancien président du gouvernement espagnol (1996-2004), qui reste une figure clé des droites espagnoles.

L’actuelle maire « indignée » de Barcelone, Ada Colau, a relié l’atterrissage de Valls aux « élites économiques », celles-là mêmes avec lesquelles elle bataille depuis son arrivée au pouvoir à l’été 2015.

Quant au candidat d’Esquerra (ERC), la gauche républicaine et indépendantiste qui espère aussi remporter les élections, Ernest Maragall, il est allé plus loin, parlant d’une candidature « étrangère » et « extérieure » à la ville, « menée sur d’autres postulats et depuis d’autres lieux » et qui « semble être une campagne menée depuis Madrid »« Il est le candidat des riches, mais pas seulement de ceux de Barcelone », a insisté Maragall, qui veut faire de Valls le candidat de « Madrid », un terme valise pour désigner la concentration des pouvoirs politiques et judiciaires dans la capitale espagnole.

Les noms de plusieurs hommes et femmes d’affaires circulent, présentés comme de fervents soutiens de Valls. Luis Conde, fondateur de Seeliger y Conde, une société d’intérim qui a embauché l’ex-femme forte de la région de Madrid, la très droitière Esperanza Aguirre, après son retrait de la vie politique en 2013, a été le premier à confirmer publiquement son soutien à Valls. Interrogé lors d’une conférence de presse le 26 septembre au Salon nautique de Barcelone, dont il est le président, il a résumé : « Bien sûr que je le soutiens, c’est clair. »

Si l’on en croit le journal Naciódigital, Valls peut aussi compter sur Félix Revuelta, le propriétaire de Naturhouse, une entreprise spécialisée dans les produits diététiques qui s’était fait remarquer en devenant la première des entreprises à délocaliser son siège de la Catalogne, avant même la tenue du vrai-faux référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017. Revuelta est, selon plusieurs sources, l’un des soutiens économiques de la Societat Civil Catalana.C’est Revuelta qui a mis en relation Valls avec certains pontes du pouvoir économique et financier, catalan comme espagnol. Même chose pour Francesc de Carreras, professeur de droit constitutionnel à l’Université autonome de Barcelone et cofondateur de Ciudadanos. Il faut encore citer Susana Gallardo, la riche héritière de l’empire pharmaceutique Almirall, figure de la haute bourgeoisie catalane et farouche adversaire de l’indépendantisme catalan qui entretient par ailleurs, depuis l’été, une liaison avec le néocandidat français.

Mediapart a déjà raconté les liens que Valls essaie de nouer avec le réseau d’entrepreneurs trentenaires baptisé Twenty50, parmi lesquels figurent l’ancien député conservateur Roger Montañola, ou encore l’avocat Xavier Cima, surtout connu pour être le mari d’Inés Arrimadas, la femme forte de Ciudadanos en Catalogne.

La presse catalane s’accorde aussi pour dire que Valls a recruté dans son équipe, au poste de responsable presse, un ancien journaliste du quotidien conservateur El Mundo, Albert Montagut.

Traduction et adaptation de l’espagnol au français : Irene Casado et Ludovic Lamant

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