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«La Caste»: enquête sur cette noblesse d’Etat qui a choisi le camp de l’aristocratie d’argent

 PAR 

Nous publions des bonnes feuilles de La Caste, le dernier livre de Laurent Mauduit. Cette enquête sur la haute fonction publique qui a pris le pouvoir remonte aux origines de la présidence d’Emmanuel Macron : l’histoire longue de cette partie de la haute fonction publique qui a cessé de défendre l’intérêt général pour se battre en faveur de ses seuls intérêts privés.

 

Une caste, selon la définition courante des dictionnaires, est un groupe social fermé, jaloux de ses privilèges, une « classe de la société, précise le Littré, que l’on considère comme exclusive et fermée », d’où l’expression « avoir l’esprit de caste ». Une telle caste existe en France et Laurent Mauduit nous la fait découvrir, racontant sa constitution et son ascension avec un grand à-propos puisque, avec l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, elle a réussi à hisser l’un des siens au sommet du pouvoir. « Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir », selon son sous-titre, le nouveau livre du cofondateur de Mediapart (aux éditions La Découverte) met à nu cette noblesse d’État qui a pris le parti de l’aristocratie d’argent, au point d’en renouveler elle-même la composition, quittant le service public pour servir des intérêts privés.

Mathieu Magnaudeix, qui avait couvert la campagne d’Emmanuel Macron pour Mediapart, avait raconté dans Macron & Cie (aux éditions Don Quichotte) ce hold-up réussi sur la Cinquième République. Un an plus tard, Laurent Mauduit en explique les ressorts, la genèse et le contexte. Au-delà de la personnalisation médiatique et de l’incarnation politicienne du pouvoir, il remonte aux racines de la présidence Macron et, ce faisant, permet de comprendre que ses choix économiques comme son exercice du pouvoir, son ultralibéralisme et son autoritarisme, accompagnés d’une soumission aux lobbys, doivent autant à la caste dont il est le représentant dévoué qu’à sa propre personne.

Aux éditions La Découverte, 210 p., 19 euros.Aux éditions La Découverte, 210 p., 19 euros.

L’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, explique Laurent Mauduit, n’est pas seulement la conséquence d’un séisme historique, qui a vu l’implosion du Parti socialiste et du parti Les Républicains. C’est aussi l’aboutissement de l’histoire longue de la haute fonction publique, qui a cessé de défendre l’intérêt général pour se battre en faveur de ses seuls intérêts. Pour comprendre cette sécession des élites publiques et décrypter les débuts du nouveau quinquennat, il faut savoir comment la caste a d’abord réalisé, grâce aux privatisations, un hold-up à son profit sur une bonne partie du CAC 40 ; puis comment, par le jeu de pantouflages ou de rétropantouflages, elle est parvenue à privatiser quelques-uns des postes clés de la République jusqu’à porter l’un des siens au sommet de l’État.

C’est cette enquête que La Caste s’applique à mener, en dressant l’état des lieux du système oligarchique français ; en se plongeant dans les combats engagés par les défenseurs de la République – en 1848, en 1936 ou encore en 1945 –, pour que celle-ci dispose enfin d’une haute fonction publique conforme à ses valeurs. Le livre s’ouvre sur une citation de Marc Bloch dans L’Étrange Défaite, essai écrit durant l’été 1940. L’historien, futur martyr de la Résistance, y expliquait qu’« une démocratie tombe en faiblesse, pour le plus grand mal des intérêts communs, si les hauts fonctionnaires, formés à la mépriser et, par nécessité de fortune, issus des classes mêmes dont elle a prétendu abolir l’empire, ne la servent qu’à contrecœur ».

Nous publions en bonnes feuilles des extraits du chapitre consacré, précisément, à cette alerte de Marc Bloch.

L’alerte de Marc Bloch

Emmanuel Macron, à l’instar de ses congénères de la caste, est libéral en économie mais pas en politique, ce qui est peut-être une question d’opportunisme : la haute fonction publique du ministère des Finances, parce qu’elle veut aller vite et mener plusieurs réformes à la fois, s’accommode des institutions présidentialistes de la VRépublique pour mettre en pratique sa thérapie de choc.

Historiquement, la haute fonction publique s’est toujours arrangée de ces institutions autoritaires. J’y ai fait une rapide allusion dans les pages qui précèdent, mais étudions le sujet de plus près, car c’est sans doute l’une des clés de l’histoire : la République n’a jamais eu une haute fonction publique qui fasse corps avec elle, qui défende ses principes et ses valeurs. Ou seulement en de brèves périodes. Il suffit de se plonger dans les débats qui ont précédé la création de l’ENA, et ceux qui lui ont succédé, pour en prendre la mesure. Cette école, née sur un projet généreux visant à rendre plus égalitaire la voie d’accès aux fonctions les plus importantes de l’État, a finalement eu un effet opposé : loin de briser les systèmes oligarchiques qui prévalaient, elle les a consolidés ; elle est même devenue la pépinière de l’oligarchie française.

Emmanuel Macron étant à sa manière le produit de cette histoire paradoxale – qui a vu l’école de la haute fonction publique républicaine se transmuter en une école de l’oligarchie – il est intéressant d’en relever les principales étapes et d’aller sur les traces des nombreux qui, depuis plus d’un siècle et demi, ont lancé de salubres mises en garde en défense des valeurs républicaines – mises en garde pas véritablement entendues.

C’est au XIXsiècle qu’il faut remonter pour bien comprendre les enjeux du débat qui prendra progressivement de l’ampleur autour de l’ENA. À cette époque, les administrations et grands corps de l’État se sont dotés des moyens de décider de leurs propres recrutements. Comme l’explique l’historien Alain Garrigou dans son essai fouillé Les Élites contre la République (La Découverte, Paris, 2001), « les concours administratifs se sont progressivement imposés comme le mode normal de recrutement et de légitimation : la Cour des comptes en 1843 ; l’Inspection des finances en 1847 ; le Conseil d’État en mars 1849 ; les Affaires étrangères en 1877, et à la suite dans les différentes administrations centrales. » Mais l’historien apporte ces précisions : « On demeurait cependant très éloigné d’un recrutement méritocratique. Pendant longtemps, les recommandations comptèrent plus que les compétences. Pour préparer les concours à la haute fonction publique, des projets d’institutions d’enseignement supérieur atteignirent des stades d’avancement divers. » Clientélisme, népotisme, jeux d’influence : le système est tel que la sélection organisée par les concours est faussée et joue en faveur des classes dirigeantes ou de leurs enfants. Par surcroît, il favorise la création de castes, par filières, qui se protègent de l’arrivée de nouveaux entrants. Le système est oligarchique, corporatiste et radicalement inégalitaire.

Dans le courant du XIXe siècle, l’idée chemine donc d’une école unique de l’administration, plus égalitaire, qui ferait des administrations un ensemble cohérent. Et c’est, sans grande surprise, dans les convulsions de la révolution de 1848, sous la IIRépublique, qu’un premier projet voit le jour à l’initiative du ministre de l’Instruction publique Hippolyte Carnot (1801-1888), un grand républicain, fils de l’une des figures de la Révolution française Lazare Carnot (1753-1823). À peine devenu ministre, le 25 février 1848, Hippolyte Carnot, bercé par les idées saint-simoniennes, adresse une première circulaire aux recteurs pour qu’ils veillent à ce que le recrutement aux grandes écoles se fasse de manière plus démocratique et, dans le cas de Polytechnique, il ajoute : « Il est juste et important que le recrutement de cette école, qui jusqu’à présent ne s’opérait qu’à des conditions inabordables à la majorité des citoyens, s’étende sur tout le peuple. »

Puis, le lendemain, il leur adresse une seconde circulaire : « Monsieur le recteur, il vous a été facile de pressentir que ma lettre d’hier touchant le recrutement de l’École polytechnique n’était qu’un détail d’un vaste ensemble. » Le 8 mars, il signe un décret donnant naissance à une école d’administration chargée de la formation des administrateurs gouvernementaux. Plus tard, en 1878, dans une brochure dont de larges extraits figureront dans une biographie rédigée par Paul Carnot, l’un de ses descendants, il s’expliquera longuement sur ses intentions en créant cette école. « Dans les pays d’aristocratie, la naissance, accompagnée de la fortune, peut donner à l’État de jeunes fonctionnaires. Il faut que les démocraties puissent recruter leur personnel politique d’hommes préparés à leurs devoirs, ayant toute une vie à consacrer au service du pays […]. L’éducation des serviteurs de l’État est donc un devoir de l’État […]. Ce devoir, les démocraties peuvent l’accomplir en faisant émerger sans cesse de leur sein les jeunes citoyens les plus dignes de les servir. Dans une démocratie, les choix ne sont pas limités à quelques familles : ils s’étendent à l’universalité des familles. Si nous faisions, partout en France, appel aux vocations, cherchant dans les écoles primaires les sujets d’élite pour leur ouvrir, d’abord, la porte des collèges, et plus tard celles des établissements supérieurs ; si, parmi ces établissements, il existait une école d’administration où les sciences politiques fussent sérieusement enseignées, l’État y trouverait une pépinière précieuse de jeunes fonctionnaires ; et cette parole de nos constitutions “Tout le monde est admissible aux emplois” deviendrait une vérité. »

Marc Bloch contre l’École nationale d’administration

On voit bien l’ambition démocratique du projet : donner à la jeune République des fonctionnaires qui lui soient dévoués – et non pas des fonctionnaires d’Ancien Régime. Et Hippolyte Carnot de faire une digression qui peut paraître secondaire : « Pour arriver à la formation d’une pareille pépinière, deux systèmes étaient recommandés : la création d’une école spéciale ou celle d’un certain nombre de chaires rattachées aux facultés. J’aurais moi-même incliné de ce côté, ayant fait une grande partie de mes études en Allemagne. Mais de nouvelles réflexions modifièrent mon opinion. » Le ministre républicain a-t-il raison ? Laissons de côté cette question – mais nous verrons qu’elle est d’une grande importance.

Cette première école voit le jour dans l’ancien collège du Plessis, rue Saint-Jacques, à deux pas du lycée Louis-le-Grand : pas loin de 900 candidats se présentent pour les 150 premières places disponibles. Mais, très vite, l’école est menacée : Hippolyte Carnot rend son portefeuille quelques mois plus tard, le 5 juillet 1848, et le très réactionnaire Alfred de Falloux (1811-1886), devenu ministre de l’Instruction publique, que cette école, construite sur des règles républicaines, insupporte, en décide la suppression par un projet de loi en date du 22 janvier 1849. L’école n’aura pas vécu une année.

Plus de deux décennies plus tard, un autre projet est lancé, privé cette fois. À l’initiative de l’écrivain et politologue Émile Boutmy (1835-1906), et avec des soutiens financiers importants du monde de la banque et de la finance parisienne, une École libre des sciences politiques est créée au lendemain de l’écrasement de la Commune de Paris. Un projet dont l’esprit est radicalement différent : il ne s’agit pas de mettre en place un cursus égalitaire pour former des cadres au service de la République mais de former les enfants de la haute bourgeoisie. « Boutmy reprenait le vieux programme doctrinaire qui s’était développé sous la monarchie censitaire et qui visait à assurer le pouvoir d’élites que la défaite avait montrées défaillantes, à leur conférer la légitimité du mérite et à contrer la montée des revendications démocratiques », explique Alain Garrigou.

Il y a, dès l’origine de cette École libre, un esprit oligarchique qui en émane. Son présupposé est que le peuple est ignorant et que la société doit veiller à former une élite pour l’encadrer – cette idée, pas franchement progressiste, jouera un rôle majeur lors de la création de l’ENA. Cette école, toute privée qu’elle soit, devient rapidement le passage obligé pour les différents concours de l’administration. Alain Garrigou rappelle ce que disait à son propos Hippolyte Taine (1828-1893) : « La science engendre la prudence et l’étude minutieuse diminue le nombre des révolutionnaires en diminuant le nombre des théoriciens. » L’historien précise aussi qu’Émile Boutmy comptait parmi ses inspirateurs Ernest Renan (1823-1892), lequel, dans un essai, avait longuement défendu une idée voisine : « Former par les universités une tête de société rationaliste, régnant par la science, fière de cette science et peu disposée à laisser périr son privilège au profit d’une foule ignorante. » L’École libre des sciences politiques est donc aux antipodes du projet républicain et égalitaire porté par la IIRépublique : c’est l’école de formation de la grande bourgeoisie, qui ne veut rien perdre de ses privilèges et qui se défie du peuple.

Il faut attendre plusieurs décennies pour que le projet progressiste d’une nouvelle école d’administration, fonctionnant sur un principe égalitaire, et remplaçant les concours spécifiques des grandes administrations, soit de nouveau discuté. Le 1er août 1936, le ministre radical de l’Éducation Jean Zay (1904-1944) dépose sur le bureau du Parlement, au nom du président du Conseil Léon Blum (1872-1950), un projet de loi « autorisant la création d’une École nationale de l’administration relevant directement du ministère de l’Éducation nationale ». Mettant en œuvre une promesse consignée dans le programme du Front populaire, Jean Zay reprend le vieux projet démocratique d’Hippolyte Carnot de former des fonctionnaires qui auront à cœur de servir la République et d’assurer l’égalité d’accès aux carrières publiques.

Le Musée de la résistance en ligne, qui honore la mémoire de Jean Zay assassiné par la milice en juin 1944, rappelle en ces termes le contenu du projet de loi : « L’ENA devait comprendre deux sections : l’une normale, destinée au recrutement des emplois de rédacteurs ou assimilés, l’autre dite “section supérieure”, ayant pour but la préparation aux postes de la haute administration. L’École des sciences politiques formerait seulement les fonctionnaires du premier degré, sous le contrôle de l’État. En plus de cette École nationale d’administration, Jean Zay envisageait de créer auprès des principales universités de province des instituts de préparation administrative recevant les boursiers. »

Seulement voilà, le projet de loi n’aboutit pas. Approuvé par la Chambre des députés le 27 janvier 1938 par 422 voix contre 137, il ne sera jamais examiné par le Sénat, à cause de la guerre qui éclate.

Progressiste, cette réforme suscite pourtant une controverse, ouverte par Marc Bloch – qui sera lui aussi exécuté par la Gestapo en juin 1944. Dans L’Étrange Défaite (« Folio Histoire », Gallimard, Paris, 1990), écrit juste après la débâcle de juin 1940, l’historien s’applique à décrypter la faillite des élites françaises. Pas seulement les élites militaires, mais aussi les élites publiques, qui en réalité s’étaient déjà rangées du côté des vainqueurs avant même qu’ils n’occupent la France.

Contre la haute fonction publique de l’époque, qui n’a servi la République « qu’à contrecœur », il a des mots très durs. Une sévérité visant la haute fonction publique de la fin des années 1930, mais qui vaut tout autant pour celle d’aujourd’hui.

Marc Bloch s’applique aussi à comprendre les raisons pour lesquelles la France a connu une telle faillite de ces élites : « Asile préféré des fils de notables, l’École des sciences politiques peuplait de ses élèves les ambassades, la Cour des comptes, le Conseil d’État, l’Inspection des finances. L’École polytechnique, dont les bancs voient se nouer, pour la vie, les liens d’une si merveilleuse solidarité, ne fournissait pas seulement les états-majors de l’industrie ; elle ouvrait l’accès de ces carrières d’ingénieurs de l’État, où l’avancement obéit aux lois d’un automatisme quasi mécanique. Les universités, par le moyen de tout un jeu de conseils et de comités, se cooptaient à peu près complètement elles-mêmes, non sans quelques dangers pour le renouvellement de la pensée, et offraient à leurs maîtres des garanties de permanence, que le système présent a, provisoirement, dit-il, abolies. » Il ajoute : « Le régime eut-il tort ou raison de respecter ces antiques corporations ? On peut en disserter à perte de vue. Les uns diront : stabilité, tradition d’honneur. Les autres, vers lesquels j’avoue incliner, répliqueront : routine, bureaucratie, morgue collective. Une chose, en tout cas, est certaine : sur deux points, la faute fut lourde. »

C’est là qu’il en vient à formuler sa critique à l’encontre du projet de Jean Zay : « Quel tollé quand, par l’établissement d’une École d’administration, un ministère de Front populaire prétendit battre en brèche le monopole des “Sciences Po” ! »

Dans un autre texte, intitulé Sur la réforme de l’enseignement (Les Cahiers politiques, n° 3, juillet 1943), rassemblé en annexe d’une réédition de son célèbre essai, Marc Bloch critique vivement toute forme d’enseignement spécialisé qui pourrait conduire à un esprit de corps : « À nos groupes dirigeants, trop tôt spécialisés, nous ne donnons pas la culture générale élevée, faute de laquelle tout homme d’action ne sera jamais qu’un contremaître. Nous formons des chefs d’entreprise qui, bons techniciens, je veux le croire, sont sans connaissance réelle des problèmes humains ; des politiques qui ignorent le monde ; des administrateurs qui ont l’horreur du neuf. À aucun nous n’apprenons le sens critique, auquel seuls […] le spectacle et l’usage de la libre recherche pourraient dresser les cerveaux. Enfin, nous créons, volontairement, de petites sociétés fermées où se développe l’esprit de corps, qui ne favorise ni la largeur d’esprit ni l’esprit du citoyen. »

Et il en profite pour pointer le projet de Jean Zay : « Nous avons vu naguère le Front populaire se proposer de briser le quasi-monopole des sciences politiques, comme pépinière de notre haute administration. Politiquement, l’idée était saine. Un régime a toujours le droit de ne pas recruter ses serviteurs dans un milieu, dont les traditions lui sont presque unanimement hostiles. Mais qu’imaginèrent alors les hommes au gouvernement ? Ils auraient pu songer à instituer un grand concours d’administration civile, analogue à l’admirable concours du Civil Service britannique : comme lui, commun à toutes les branches de l’administration ; comme lui, fondé avant tout sur des épreuves de culture générale et laissant, grâce à un libre jeu d’options, une grande part aux curiosités individuelles ; comme lui, enfin, préparé dans des universités d’esprit élargi. Ils préférèrent tracer le plan d’une nouvelle école spéciale : une autre École des sciences politiques, encore un peu mieux close que sa rivale… »

Une machine à produire une oligarchie triomphante

Cette mise en garde devrait faire réfléchir ceux que la puissance de l’oligarchie française inquiète. Marc Bloch partage les convictions défendues par Hippolyte Carnot ou par Jean Zay, selon lesquelles il faut briser les comportements corporatistes des grands corps de l’État et garantir l’égalité d’accès aux carrières publiques. Mais il lance cette alerte, que personne à l’époque, ni à la Libération, n’a voulu entendre : la formation d’une élite de la haute fonction publique, est-ce à une école dédiée qu’il faut la confier, ou à l’université, dont l’une des richesses est le pluralisme de ses approches ? En clair, Marc Bloch reprend ce qui était l’intuition première d’Hippolyte Carnot mais que ce dernier n’avait finalement pas suivie.

Las, à la Libération, le gouvernement provisoire reprend à son compte les projets anciens de Carnot et de Zay. Par une ordonnance du 9 octobre 1945, à l’article 5, est créée « une École nationale d’administration chargée de la formation des fonctionnaires qui se destinent au Conseil d’État, à la Cour des comptes, aux carrières diplomatiques ou préfectorales, à l’Inspection générale des finances, au corps des administrateurs civils ainsi qu’à certains autres corps ou services déterminés par décret pris après avis du Conseil d’État et contresigné du ministre intéressé et du ministre de l’Économie et des Finances. » La même ordonnance prévoit une nationalisation de l’École libre des sciences politiques – une vraie-fausse nationalisation sur laquelle nous reviendrons.

Simplement, cette ENA a d’emblée de quoi inquiéter : si elle trouve son origine dans le combat de plusieurs générations de républicains pour assurer l’égalité d’accès aux carrières publiques et casser les systèmes de caste ou d’oligarchie, l’école tourne cependant le dos à la recommandation de Marc Bloch. Et il y a plus grave.

À l’initiative du général de Gaulle, chef du gouvernement, et de Maurice Thorez, secrétaire général du PCF et ministre de la Fonction publique, la création de l’école est préparée dès avril 1945 par une « mission provisoire de la réforme de la fonction publique », présidée par Michel Debré en sa qualité de commissaire de la République. Or, le compagnon de route du général de Gaulle, qui en 1958 dirigera le groupe de travail chargé de la rédaction de la Constitution de la Ve République, a des idées arrêtées sur l’ENA. Partisan d’une Constitution autoritaire, Michel Debré a déjà envisagé un lieu de formation pour la haute fonction publique qui corresponde à sa vision d’une démocratie pour le moins encadrée.

Les opinions tranchées du principal concepteur de l’ENA remontent au début des années 1920, quand il est étudiant. Diplômé de l’École libre des sciences politiques, il mène aussi de longues études en droit et obtient un doctorat dans cette discipline. Or, à l’époque, le professeur Joseph Barthélemy (1874-1945) fait autorité à la faculté de droit de Paris ; il enseigne aussi à l’École libre des sciences politiques. Des années plus tard, il jouira d’une détestable notoriété, puisqu’il finira garde des Sceaux du régime de Vichy. Mais, avant la Première Guerre mondiale, et juste après, il est connu pour être un fervent défenseur de la démocratie libérale. Michel Debré, un temps son étudiant, l’écoute avec beaucoup d’intérêt.

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En 1918, Joseph Barthélemy publie Le Problème de la compétence dans la démocratie (cours professé à l’École des hautes études sociales pendant l’année 1916-1917, Librairie Félix Alcan, Paris, 1918), qui est la retranscription d’un cours donné pendant la guerre et qui reprend des thématiques déjà entendues sous la plume d’Hippolyte Taine ou d’Ernest Renan, pour justifier l’élitisme de l’École libre des sciences politiques. Brutalement dit, le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui. « Un examen rapide de l’histoire des peuples montrerait à l’évidence que les monarchies mettent au service de l’État des fonctionnaires spécialistes et, avec la restriction de la défaveur du prince, permanents. Au contraire, les démocraties font aux amateurs, non spécialisés, un appel infiniment plus large », déplore par exemple Joseph Barthélemy. « L’amateurisme est dans l’essence même de la démocratie : elle définit le gouvernement par les gouvernés eux-mêmes, c’est-à-dire par des incompétents. La démocratie est hostile à la permanence dans les fonctions qui supposent à un certain degré la participation à l’exercice de la puissance publique. Elle choisit pour les fonctions publiques des hommes qui y sont peu ou point préparés et, quand ils commencent d’être au courant, elle les renvoie. Mais le plus grand ennemi de la technicité, c’est l’esprit d’égalité. Le premier souci d’un peuple démocratique n’est pas nécessairement d’être bien gouverné, mais de ne pas reconnaître de supérieur, d’avoir le sentiment qu’il se gouverne lui-même. Les fonctions publiques doivent donc rester ouvertes à tous. »

Son jugement désabusé ne le conduit pas encore à une détestation de la démocratie, mais à une justification des systèmes oligarchiques : il faut à tout le moins brider les démocraties pour que les experts soient entendus. De ces lignes transparaît la défense d’une démocratie autoritaire ou technocratique : « Le premier devoir de la démocratie est de comprendre qu’elle doit se soumettre à la direction des plus capables », dit encore le professeur de droit, dans une formule que ne contrediraient pas aujourd’hui nombre de hauts fonctionnaires de Bercy.

À l’époque, Joseph Barthélemy n’est pas le seul à professer ce genre d’idées. Au même moment, lors de son discours de réception à l’Académie française, le 24 janvier 1918, le philosophe Henri Bergson (1859-1941) enfonce le clou : « Comment se recruterait, comment se constituerait en classe dirigeante et en conseil de gouvernement cette aristocratie nouvelle, toujours à renouveler, du talent, de la compétence, et surtout du caractère ? Tout le problème de l’organisation de la démocratie est là ; nous ne l’avons pas résolu. » Puis, rendant hommage à celui dont il va occuper le fauteuil, Émile Ollivier (1825-1913), qui dirigea l’un des derniers gouvernements du Second Empire, il a cette formule révélatrice : « Si ç’avait été la République, il l’aurait voulue autoritaire. Puisque c’était l’Empire, il le voulait libéral. »

Dans un livre collectif intitulé Serviteurs de l’État (« L’espace de l’histoire », La Découverte, Paris, 2000), les universitaires Marc Olivier Baruch et Vincent Duclert montrent à quel point cette conception élitiste est partagée par nombre d’intellectuels, et peu combattue. Tout juste mentionnent-ils la réplique du philosophe Jean Lacroix (1900-1986) dans la revue Esprit : « La démocratie est la lutte contre toute élite qui voudrait s’attribuer l’autorité sur autrui en vertu de sa puissance propre, que ce soit l’élite de la naissance, de l’argent ou même de l’intelligence. »

Ces plaidoyers pour un pouvoir technocratique prennent une telle ampleur à la fin de la Première Guerre mondiale qu’ils vont déboucher sur plusieurs regroupements. Un industriel français, Ernest Mercier (1878-1955), fondateur de la Compagnie française de pétrole (l’ancêtre du groupe Total), lance ainsi en 1925 un mouvement qu’il baptise le Redressement français. Selon lui, son organisation est apolitique et a pour ambition de proposer des réformes pragmatiques pour le pays. Mais derrière cette posture se cache un courant profondément anticommuniste et élitiste. Dans le livre collectif évoqué, l’historien Olivier Dard rappelle aussi cette sortie d’Ernest Mercier dans La Revue des deux mondes « Il n’est pas de pays au monde où les hommes d’élite soient aussi démunis d’influence que chez nous. »

Fondé quelques années plus tard par des polytechniciens dans le prolongement de la crise de 1929, une autre association, baptisée X-Crise, va elle aussi flirter avec des conceptions voisines, mais sans les accents les plus populistes ou antiparlementaires du Redressement français.

Les idées de Joseph Barthélemy sont bien populaires dans certains cercles : parmi ceux qui ont été ses étudiants, comme Michel Debré, mais aussi dans l’industrie et la finance. Le plus étonnant, c’est que son influence se prolonge à la Libération. Fréderic Saulnier, un universitaire qui a consacré une étude au professeur de droit, démontre que des courants politiques ultérieurs, dont le RPF du général de Gaulle, se sont imprégnés des idées du professeur Barthélemy (Joseph Barthélemy (1874-1945) : la crise du constitutionnalisme libéral sous la IIIRépublique, Éditions LGDJ, Paris, 2004). La Fondation Charles-de-Gaulle, qui veille à la mémoire du Général, s’attarde elle-même longuement sur son site Internet sur cette filiation, au demeurant logique, entre la doctrine élitiste du professeur de droit et la doctrine gaulliste. Évoquant la création de l’ENA supervisée par Michel Debré, elle note d’abord qu’à la Libération ses idées prennent en compte « toute une tradition intellectuelle et juridique » bien antérieure. Parmi ceux qui ont installé cette tradition, elle mentionne Henri Chardon (1861-1939), un conseiller d’État qui, dans l’entre-deux-guerres, professe des idées proches de celles de Joseph Barthélemy. Dans un livre, dont le titre à lui seul établit le cousinage, L’Organisation d’une démocratie : les deux forces, le nombre, l’élite, publié en 1921, il écrit que la France doit désormais, sous peine de périr, « organiser l’action », c’est-à-dire : « organiser rationnellement et démocratiquement la force administrative, la force de l’élite appelée, sous le contrôle du nombre, à conduire les hommes vers leurs destinées ».

La Fondation Charles-de-Gaulle cite encore Barthélemy, qui possédait, dit-elle, « une grande influence sur ses élèves et notamment sur Michel Debré ». Elle en conclut que l’ENA, telle que la crée Michel Debré, est « une institution conforme au tempérament de Charles de Gaulle […]. L’École nationale d’administration a été, dès l’origine, une institution gaullienne ». Avant d’ajouter : « De Gaulle croyait aux élites. Et à la sélection la plus sévère. »

Voilà le principal paradoxe de la création de l’ENA à la Libération – ou le quiproquo auquel elle donne lieu. Beaucoup y voient l’aboutissement d’un combat mené en vain depuis près d’un siècle par de grands républicains. Mais, pour De Gaulle, l’école sera la cheville ouvrière de l’État, tel qu’il le conçoit, et qui prendra véritablement forme après son accession au pouvoir en 1958. Dès le 16 juin 1946, lors de son célèbre discours de Bayeux, De Gaulle annonce que ce dont il rêve pour la France, c’est d’un État fort – on y devine par avance les contours de la Constitution autoritaire de la VRépublique, façonnée par Michel Debré. Et le Général dira plus tard aux étudiants de l’ENA, lors d’un discours du 17 novembre 1959, que leur école avait été précisément façonnée dès la Libération, de telle sorte qu’elle corresponde au projet constitutionnel dont il était porteur. « Rien n’est possible si les pouvoirs n’ont pas à leur disposition une administration qui soit adéquate à ces pouvoirs mêmes ; et c’est là que s’est posée, dès 1945 et en prévision de ce qu’un jour nécessairement les pouvoirs devraient être, la question de l’École nationale d’administration. »

En somme, à l’État autoritaire devra correspondre une École nationale d’administration s’inspirant de la même philosophie, ayant pour vocation de former les élites d’une démocratie non pas tempérée mais encadrée. Le détournement du projet républicain est d’autant plus spectaculaire que la nationalisation de l’École libre des sciences politiques est de pure forme : l’enseignement n’est quasiment pas modifié et Sciences Po continue d’être le lieu de formation des enfants de la grande bourgeoisie. Le projet visant à supprimer l’Inspection des finances tourne court sous la pression de multiples lobbies, dont l’Inspection, mais aussi sous celle de Maurice Thorez.

La création de l’ENA se déroule dans les plus mauvaises conditions. C’est une machine à produire une oligarchie triomphante et, plus de soixante-dix ans plus tard, la France en paye le prix fort, puisque cette oligarchie détient tous les leviers des pouvoirs, politiques et économiques.

TOUS LES COMMENTAIRES

@Laconi

Cela dépend de quelle minorité on parle :/

 

Vous êtes sûr ? Je voudrais bien remarquez ,si si, vraiment à condition qu’il promette qu’une fois au pouvoir il quitte l’UE par l’article 50 du TUE ,IL QUITTE L’EURO ET IL QUITTE L’OTAN,et alors là je me jette à son cou!Parce que prescrit par un énarque je dois dire que je suis un peu dérangée ,mais bon ,pourvu qu’on sorte du bastringue mortifère de l’ UE , je suis prête à frayer avec la gentry !

 

 

Oui.. déjà Périclès disait ça.. mais c’était l’époque de l’alphabétisation de masse. Comme dit Emmanuel Todd l’apparition d’une grosse tranche d’éducation supérieure crée un clivage social qui nous mène à l’oligarchie

Le problème n’est pas d’interdire les passages entre public/privé qui permettent d’éviter le noyautage d’une élite de hauts fonctionnaires à condition de sanctionner les délits d’initiés, passages dans une société privée en deal avec le précédent poste de la fonction publique.

Les règlementations pullulent en France et ne servent que de paravent aux pires des magouilles.

Par ex: 2 ministres M.Cahuzac et M.Woerth qui ont servi la cause de l’évasion fiscale alors qu’ils devaient lutter contre, devraient tous deux pourrir au fond du 16me au lieu de plastronner dans les médias.

Restent que les accointances entre Gauche et Droite leur assure une impunité scandaleuse grâce aux services rendus.

Cette oligarchie est le cancer qui ronge le peu de démocratie qui reste, la France ancien pays des droits de l’homme n’a jamais digéré sa révolution. La noblesse, se rétablit toujours et encore, et le peuple se trouve et se croit incapable de se prendre en mains. On a coupé la tête d’un roi, qui repousse sans cesse, sur un autre corps, c’est un désastre. Les radios, télés, partis politiques tel LaRem (la secte), le fric en somme, font tout pour amoindrir le peuple. Le président lui-même mal élu, mais élu quand même, dirige le gouvernement, tel un roi, c’est toujours lui qui décide de tout, jusqu’au moindre détail, le premier ministre n’est juste là que pour passer ses consignes et ramasser son salaire, ses avantages, et remplir son carnet d’adresse. Le président ne préside pas, il règne, il se permet même de traiter les salariés « de gens de rien », voila où en est notre trop fameuse démocratie, qui n’en est plus une. C’est un régime des vainqueurs, une sorte de caste, allant maintenant d’un pays à l’autre, sans aucune responsabilité des actes ou lois qu’ils ont fait passer, ils se servent de l’Europe comme cheval de Troie, qui leurs profite à eux, quand l’ensemble du peuple, lui est obligé de subir et d’en crever. Dans une Europe où le peuple vote mal quand cela ne va pas dans le sens qu’ils ont préalablement décidé, que voulez vous qu’il arrive et comment faire pour se débarrasser de cette caste. Par l’élection, je crains que rien ne puisse arriver, je m’en rends compte de plus en plus. Les élections sont devenues des pièges à cons, on l’a vu avec Sarkozy et le traité européen, tant que le peuple ne prendra pas conscience, qu’il a le pouvoir de le faire, pour se débarrasser de cette caste et mettre en place des élus révocables, rien ne bougera. Ces élus doivent être à notre service et surtout pas le contraire comme actuellement, c’est pourquoi les règles, toutes les règles concernant le pouvoir doivent changer et le peuple doit vraiment décider de ce qui est bon ou pas pour lui, c’est à lui de décider et non pas les laquais de la finance qui ont minés la démocratie.

n’

Sarkozy s’y est cassé les dents… Et puis supprimer l’ENA pour la remplacer par quelle système qui serait véritablement plus égalitaire ?

Quels débats publics y-a-t-il aujourd’hui sur ce sujet dont l’enjeu important et fondamental est peu connu ? A mon sens, aucun ! Et ce n’est pas le fruit que du hasard.

C’est en gros ce qui se fait en Suisse.

Aucune école en dehors de l’université comme par exemple L’école Polytechnique qui fait partie de l’Université de Lausanne .

Esprit critique il y a, mais il est vite balayé par l’esprit de corps et les privilèges qui y sont associés.

Evoquez-vous dans votre ouvrage la réforme initiée par A La Pors, alors ministre de la Fonction publique portant sur les voies d’accès à l’ENA ?

l’élitisme n’est pas hors sol : il commence à l’école maternelle. Il faut entendre les instits gémissant : « si les parents faisaient leur travail de parents »… et assurant les meilleures écoles et places à leurs enfants…. ou s’ils sont vraiment trop nuls les pistonnant pour les activités « périscolaires », genre colonies de vacances ou centres « aérés » où les « gens biens » ne mettent plus leurs enfants et où certains monos issus de la petite caste  fument du shit non stop.

Il faudrait en profiter pour faire le ménage dans les universités où, apparemment, des caciques contrôlent et manipulent.

https://blogs.mediapart.fr/serge-dufoulon/blog/260818/l-horreur-du-harcelement-moral-au-travail-l-universite-grenoble-alpes

l’esprit critique se réfugie dans l’humour noir et le cynisme

CE COMMENTAIRE A ÉTÉ DÉPUBLIÉ PAR SON AUTEUR.

J’ai fréquenté durant plusieurs années ces « élites » qui louvoient dans les administrations avec leurs cartables sous le bras. Force est de dire que ces « élites » ne travaillent que pour eux. Le bien public est avant tout le leur.

EXACT !!! L’ENA c’est une ETAT dans l’ETAT .

Qu’ils soient de droite ou de gauche, ils ont été façonnés de la même façon…..!

Le problème est que cette soi-disant élite est pourrie et n’a qu’un objectif dans la vie, celui que Macron voudrait voir devenir le rêve de chaque jeune : devenir milliardaire. J’imagine la réaction de ma hiérarchie, si en tant que professeur, j’avais pendant ma « carrière » enseigné à mes élèves de faire ce rêve.

En tout cas, je viens d’acheter ce livre et remercie Laurent Mauduit.

Ce décryptage qui puise ses racines jusqu’au 19em siècle est assez passionnant. La France est vraiment un vieux pays, même avec un pdt de 40 ans. Mais l’âge ne fait rien à l’affaire …
Je n’ai pas lu votre livre, je le ferai, mais une question me vient à l’esprit : ces vraies ou fausses élites, qui se considèrent comme telle en tout cas, plus éclairées que le « vulgum pécus » ont-elles conscience de leurs échecs.
Car au fond si le système fonctionnait si cette fausse  » méritocratie républicaine » nous apportait tous les jours les preuves de sa clairvoyance, de son efficacité, de son intelligence etc … à gérer les affaires, nous pourrions nous en accommoder, mais ils ne font pas le travail ! ça ne marche pas, ça marche mal, les inégalités se creusent, la démocratie  se fragilise, les petites et grandes affaires se multiplient.  Ont-ils conscience de ça, de leur incompétence en somme (l’affaire Benalla n’est rien d’autre que ça …)  de leur nudité grandissante et d’un discours qui ne résiste plus à la réalité des faits. Le va-t-en guerre Macron est confronté lui aussi à la hausse du chômage et la baisse des prévisions de croissance. Leur truc ne marche pas, sauf pour enrichir un peu plus ceux qui le sont déjà. Vont-ils nous conduire dans le mur pour une nouvelle « étrange défaite » ? Comme dans les années 30, les populistes sont aujourd’hui encore en embuscade.

Ah !ces coco, c’est leur faute : c’est THOREZ  le responsable de cette merde !!

« Cependant, tout comme il y a de la cooptation aujourd’hui et une méritocratie qui en réalité n’existe quasiment pas, le système peut à nouveau se mordre la queue en étant confié aux universités. »

Sans doute, mais tout est quand même dans votre « tôt ou tard » un peu plus loin : entre une réforme -salutaire avouons-le- qui prendrait quelques mois -ou un trait de plume, selon- et les années voire décennies que vous dessinez, que choisir ?

Cela fait des années que les médias relèvent l’inégalité criante entre Gdes Ecoles  et fac, et aujour’hui les facs sont même étranglées : il nous faudrait bien un couillu ministre pour faire le 1/10ème de ce que suggère Mauduit, mais « il ne se laisse pas voir », comme on dit là-bas :-!

 

Actuellement, bourgeois ou gens du peuple, ça commence un peu partout à gronder. Et de là viennent les Révolutions.

Captivant article Monsieur Mauduit, et combien clair et instructif ,le petit commentaire que vous y ajoutez est parfait .J’ai pas pour habitude de faire d’ la lèche, mais vraiment c’est nickel

Nous avons l’université : les grandes écoles ne sont qu’un processus dérogatoire visant à favoriser ceux qui ont déjà le plus de faveurs dès leur naissance. Je suis favorable à la suppression de l’Ena et de toutes les grandes écoles.

Sarkozy n’en était pas.. on ne peut pas vraiment dire qu’il a fait mieux…

Le népotisme est bien dans ce pays un problème de fond. Le copinage marche à fond et pas que dans les grands corps. Chacun avance ses pions à son envi, et bien loin des compétences que nous pourrions et devrions nous citoyens en attendre. L’oligarchie aime et favorise les Rantanplan pour mieux assouvir sa soif de pouvoir.

Vous trouvez les énarques incapables et je partage votre sentiment.

Exemple, il ne s’est trouvé personne, parmi ces élites autoproclamées, capable de reprendre la direction d’Air France.

Heureusement, nous avons encore des écoles scientifiques d’ingénieur de haut niveau qui sont la fierté de notre pays. Jusqu’à quand?

Anicet Le Pors : un intellectuel et homme d’Etat à ne pas oublier, à consulter sans relâche.

Merci.

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 14:14
  • PAR 

la noblesse, en France ou les titres et les rentes s’obtenaient en prostituant son épouse à la cour du roi… difficile ensuite de générer en France une caste vertueuse pour l’Etat… les habitudes sont têtues

Ne sent-elle pas le soufre pour avoir travaillé dans l’équipe de B. Hamon ? Discutes-en avec Albert… lequel a du retard à l’allumage en ce qui concerne l’éventuelle stratégie néo-unitaire de JLM.

 

Comme il me tarde que toutes ces personnes « bien en place » -et généralement médiatisées- aient le cran de passer outre leurs « convenances » militantes ou idéologiques pour se mettre à VRAIMENT bosser ensemble !!!!!!

« Simple comme un coup de fil », non ??

😦

un grand merci à vous, moi aussi !

« visait à
– assurer le pouvoir d’élites que la défaite avait montrées défaillantes, 
– à leur conférer la légitimité du mérite et 
– à contrer la montée des revendications démocratiques », explique Alain Garrigou. je savoure la franchise du :  « leur conférer la légitimité du mérite »  <<<<°::::))))))) 

Il fallait donc mettre au pouvoir (et les y garder) les collabos, les soumis, les opportunistes et autres fripons friqués, leur ripoliner la façade (conf  « la violence des riches » des Pinçon-Charlot,  afin d’ écraser symboliquement la masse et les velléités de justice,  et museler les  opposants lucides :

C’est bien ce qu’ils font.
C’est pas « moderne » du tout…….

 

Comme celà rappelle furieusement la collusion des fonctionnaires impériaux, de la bourgeoisie versaillaise, des propriétaires terriens monarchistes, des rentiers et des agioteurs du capitalisme naissant, des bellâtres d’une armée de pacotille, sous la houlette de ce « bon » monsieur Adolphe Thiers…

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 15:07
  • PAR 

Laurent Mauduit a fait du chemin depuis l’époque où il était obligé de signer lui-même l’article de promotion de son dernier livre. Félicitations ! On aurait quand même aimé avoir le nom du journaliste ou personnel de service qui a été obligé de le lire.

Bravo Laurent Mauduit. Et bataillons pour un changement de système, en nous inspirant des exemples anglais et plus largement nordiques.

Il etait temps d’aborder ce probleme de fond!

 

L’ENA est un projet intelligent mais dévoyé aux service et intérêt du patronat français et donc du capitalisme occidental, certes les futures élites républicaines majoritairement issues de la haute bourgeoisie d’argent y voisinent bien avec la « petite bourgeoisie » friande d’ascenseur social mais toute la subtilité vient du classement… L’ascenseur social s’arrête au palier des administrateurs civils…

« L’usinage » propre aux grandes écoles y est soigneusement différentiel, sous bien évidemment des dehors d’excellence républicaine c’est dès l’entrée que les jeux sont faits, jusqu’au rang de classement et en prenant grand soin de ménager l’illusion de sa neutralité à l’aide de quelques alibis « égalitaires »… dument formatés et… soigneusement choisis.

L’ENA est la bible laïque, le livre ouvert du jésuitisme et de la pusillanimité qui préside à la reproduction de l’entre-soi de la gouvernance de la république française.

 

CE COMMENTAIRE A ÉTÉ DÉPUBLIÉ PAR SON AUTEUR.

Le livre n’est pas encore sorti, comment pouvez-vous savoir qu’il est excellent ? Vous êtes Laurent Mauduit ou son collègue multi-pseudos ?

C’est dingue quand même cette manie ou tactique de répondre à coté du propos tenu. le Maire sur ce coup là par exemple. Comment peut-on avancer dans ces conditions ???

Et on appelle ça des élites !!!

Effectivement c’est symptômatique comme la réponse faîte aux Français sur « les gaulois blabla » …. Et les journalistes sont tellement habitués à cela, qu’ils ne relèvent pas. Et toujours pas ou presque de pratique de la « relance »…ce qui laisse libre cours aux pratiques.

Ici Le Maire joue sur du velours … Ruffin ne peut le relancer.

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 17:32
  • PAR 

Toute – Grande – école – est un non sens dans une Démocratie ! Former soit-disant des fonctionnaires destinés à la  » Haute Administration  » ne peut aboutir qu’à la formation d’une élite qui à terme se transforme en Caste par reproduction entre soi….Seule une Université serait en mesure de former démocratiquement nos futures élites Républicaines en ouvrant ses amphis à tous les citoyens . Utopie sans doute , car avant qu’il en soit ainsi une révolution s’impose et la  » Caste  » qui nous gouverne ne nous en laissera pas le loisir ni l’envie ! La fin de la civilisation Judéo-Chrétienne  » nous en donnera peut-être les moyens plus tôt que prévu peut-être ?

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 17:36
  • PAR 

« Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir »

Seulement depuis Macron ? Laissez moi rire!! (ou pleurer, c’est selon!!)

Merci à Médiapart et Laurent Mauduit  !!!!!!

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 17:36
  • PAR 

« Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir »

Seulement depuis Macron ? Laissez moi rire!! (ou pleurer, c’est selon!!)

Merci à Médiapart et Laurent Mauduit  !!!!!!

Merci pour ce beau travail!.

Voilà un pavé dans la marre qui, je le crains, ne va certainement pars faire l’objet l’une promotion ou des commentaires qu’il mérite de nos bons commentateurs des médias!….

Article très intéressant, mais je pense qu’il y a un angle mort. Certes l’ENA produit un copinage entre divers élites (PDGs, haut fonctionnaires, politiques) qui se socialisent à l’ENA mais en même temps leurs formations diffères grandement de celles de pays voisin. Dans un pays comme la Suisse, les haut fonctionnaires sont largement formé dans des écoles de commerces (ou des facs de droit) là où en France, elles sont formés à l’administration publique. J’ai toujours pensé que cela ( et donc le rapport la conception de l’état qui en découle) comme une des explications de l’étatisme français par rapport au libéralisme plus prégnant en Allemagne, Suisse ou même Angleterre.

En fait c’était même le but premier de la création de l’ENA à la sortie de la guerre.

Mais tout système évolue et actuellement , je peut vous certifier que si la fonction publique est un ordre privilégier , le petit clergé y croit encore , mais le haut clergé a effectivement fait alliance avec l’aristocratie dont il est issu.

Bercy est la caricature de ce ravin entre ceux de « la centrale » et ceux qui même dans les postes de commandement sont dans les soutes des « services extérieurs ».

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 18:11
  • PAR 

C’est intéressant. Plus généralement nous devons nous approprier la démocratie, la vraie. Pas un système transcendantale où Dieu le Père dicte son bon vouloir aux ignorants incapables de se guider sans son esprit visionnaire. Une démocratie participative où les citoyens ont droit de citer. Pas juste un faire valoir jeté par défaut dans une urne toutes les quelques années.

Mais ça les élites infeodées n’en veulent certainement pas et elles s’opposeront toujours au changement vers une vraie démocratie. C’est aussi pour ça qu’on nous brandi l’épouvantail des extremes à chaque élection. Ne sont ils pas les idiots utiles de cette farce finalement ? Ou se contentent ils de jouer les guignols en ramassant le pactole à la fin du mois ?

Cette critique de l’ENA est certainement à propos.

Toutefois, la solution proposée de la remplacer par une formation universitaire me paraît avoir assez peu de chances d’aboutir à un meilleur résultat.

La composition sociale des élites y gagnerait sans doute, mais leur dévouement au bien commun en serait-il modifié pour autant ? Dans l’ambiance sociopolitique délétère de l’époque, il semble permis d’en douter.

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 18:57
  • PAR 

« La caste  » a toujours existé ici ou ailleurs dans tous les pays , on a tué le roi et un roi républicain a pris la suite , mais depuis les années 1990 le système s’est accéléré et dévoyé que ce soit avec les technocrates de l’EUROPE qui la droite comme la gauche politique complices ont laissé faire voir supportée merci MR DELORS et les autres , la fiance mange le monde depuis les années 1980 , une petite élite mondiale et par pays n’a rien  » à foutre » des autres que ce soit ici ou ailleurs dans le monde..

Les PS ont comme les autres RPR UMP encouragé ce phénomène avec l’EUROPE une minorité mondiale des multinationales , et autre captent les richesses

Ce n’est pas nouveau tout ça mais avec la finance et l’Europe tout s’est accéléré

Et que dit le dit peuple = rien!!

Sans hésiter Laurent Mauduit, je vais acheter votre livre. L’un des points les plus choquants de la situation actuelle, c’est l’incompétence technique de ces grands corps : scandales de santé publique (Mediator), chômage endémique non résorbé depuis des décennies, formation professionnelle inadaptée, choix de politique économique désastreux, hégémonie de l’Allemagne, cuve de l’EPR non conforme, faillite d’AREVA, gestion de la SNCF, etc. C’est une caste, et elle est incompétente, ou plus grave, elle est volontairement incompétente.

Volontairement corrompue car elle gère très bien ses intérêts.

Il faut lire aussi le livre de Jean A. Chérasse, alias Vingtras : Les 72 Immortelles,ou l’histoire de la Commune.

Elle n’est pas incompétente , détrompez vous …. simplement ses buts ne sont pas les mêmes que les votres.

Exemple , le chomage n’est certainement pas un problème s’il permet de contenir la « pression inflationniste » des salaires renseignez vous sur le « NAIRU » acronyme anglosaxon qui décris bien la chose et le but.

 

ENA : le mal français résumé en 3 lettres !

J’aime beaucoup, moi aussi. Et comme la plupart des 50 commentateurs qui précèdent, j’achèterai probablement le livre.

Mais tout cela pouvait être écrit en janvier 2017, pourquoi pas un an encore plus tôt, ou deux.

Macron était très lisible le 4 mai 2017 !!

Universités ou Grandes Écoles… Mais irait-on jusqu’à imaginer « l’esclavage public » pour les hauts fonctionnaires? Évidemment, nous vivrions sous démocratie directe… L’essai historique de Paulin Ismard La démocratie contre les experts est assez édifiant pour ceux qui voudraient démocratiser la délibération et le tirage au sort.

En attendant la Cité nouvelle sont maîtres lesdits hauts fonctionnaires.

  • NOUVEAU
  • 06/09/2018 21:11
  • PAR 

Deux tiers d’enfants de cadres supérieurs ou professions libérales à Polytechnique, 69 % à l’ENA contre 4 % d’enfants d’ouvriers ou employés… Instrument de ce filtrage social : les classes préparatoires aux grandes écoles, dont les « catégories les moins favorisées » sont quasiment absentes, voir ici.

Ah ! L’Ecole de Jules Ferry…

« Non, certes, l’État n’est point docteur en mathématiques, docteur en lettres ni en chimie. […] S’il lui convient de rétribuer des professeur,s ce n’est pas pour créer ni répandre des vérités scientifiques ; ce n’est pas pour cela qu’il s’occupe de l’éducation : il s’en occupe pour y maintenir une certaine morale d’État, une certaine doctrine d’État, indispensable à sa conservation. » (Jules Ferry à la Chambre, 26 juin 1879)

« Apprendre à l’ouvrier, d’abord, les lois naturelles avec lesquelles il se joue dans l’exercice de son métier, mais lui apprendre également la loi sociale, lui découvrir les phénomènes économiques, lui donner des notions justes sur les problèmes sociaux, c’est en avancer beaucoup la solution. Ce qui n’était dans d’autre temps qu’une résignation sombre à des nécessités incomprises, peut devenir… une adhésion raisonnée et volontaire à la loi naturelle des choses. » (Jules Ferry au Congrès pédagogique des instituteurs, 3 avril 1883)

« Nous avons promis la neutralité religieuse, nous n’avons pas promis la neutralité philosophique, pas plus que la neutralité politique » (Jules Ferry, discours au Sénat, 31 mai 1883)

« Vous devez inculquer à vos élèves, en un temps où tant de passions et d’utopies font appel aux vains rêves, aux folles convoitises, cette idée qu’il y a, dans les choses humaines, des réalités plus fortes que les volontés humaines, des nécessités qui tiennent à la nature même des choses : que l’humanité est dirigée non par le caprice, mais par la science. […] Oh ! Alors ne craignez pas d’exercer cet apostolat de la science, de la droiture et de la vérité, qu’il faut opposer résolument, de toutes parts, à cet autre apostolat, à cette rhétorique violente et mensongère, […] cette utopie criminelle et rétrograde qu’ils appellent la guerre de classe ! » (Jules Ferry à la Sorbonne, séance d’ouverture des cours de formation des professeurs, 20 novembre 1892)

Je me demande si, derrière les grands discours et odes à l’Ecole de la République (ascenseur social, service public, etc.), les fondamentaux ont vraiment changé…

Le problème n’est pas l’ENA, mais ce qu’on en a fait. Comme le dit un des intervenants le problème démarre dès la maternelle. C’est notre système éducatif, discriminant socialement, qui apprend de tout petit la gagne, quels qu’en soient les moyens utilisés, à condition de ne pas se faire prendre, sauf si papa est copain du maire ou du député. C’est notre école qui est responsable des fauves qu’on fabrique parce qu’elle n’apprend pas la compassion, la solidarité, le travail de groupe. La discrimination sociale est aussi du fait de l’école parce que les parents veulent, normalement, leurs enfants dans les établissements où on se retrouvent les meilleurs, donc ceux du meilleur tissu social et non les pauvres et les étrangers avec un retard à combler et sans aide de la famille pour les aider et les faire progresser.

Le problème s’aggrave ensuite avec l’enseignement supérieur du fait des facultés sans moyens qui ne peuvent rivaliser avec les prépas et les écoles privées que ne peuvent se payer que ceux issues de familles friquées.

On sort donc des enfants socialement favorisés et déjà conditionnés à la réussite et à l’égoïsme pour les mettre ensuite à se bonifier encore plus dans les plus grandes écoles. On élève et dresse des fauves, comment s’étonner ensuite qu’ils veuillent tout bouffer et ne rien laisser aux autres.

C’est encore une fois, le vol sournois de notre démocratie et cette ploutocratie qu’on nous a imposée en en cachant bien le caractère qui est la cause. de tous nos problèmes La caste n’est qu’un résultat logique du paradigme de la primauté du fric sur l’humain qui nous gouverne. Il faut revenir sur l’Education Nationale service public, priorité de la nation au termes de l’article L111-1 du code de l’éducation, la réformer, y compris et surtout dans ses objectifs et la doter des moyens nécessaires pour éduquer des citoyens responsables, critiques et solidaires. Ensuite on pourra en tirer les meilleurs pour diriger les affaires publiques sans aucune sélection en fonction du niveau social quelle que soit la grande école vers laquelle on les dirigera.

Pas gagné, quand on voit le poids des lobbies sur les politiques et au ministère de l’éducation et quand on considère que les marchés financiers sont plus importants que les citoyens.

Merci encore à vous, Laurent.

De notre plafond de verre… Nous apercevons cette castre rire de nos déboires. Mais qui dit verre dit qu’un jour il se brisera…et nous serons là pour les accueillir….

J’ai épuisé Fred Vargas et j’en ai marre des polars US : plus rien à lire, je vais me payer ce livre 🙂

CE COMMENTAIRE A ÉTÉ DÉPUBLIÉ PAR SON AUTEUR.

Il vous reste tout de même qq centaines de milliers de livre à découvrir

Essayez Dominique Manotti: « Racket », entre autres.

 

BIEN AU-DELA DU PROBLEME DES GRANDES ECOLES,

comme il me tarde que toutes ces personnes « bien en place » et souvent médiatisées aient le cran de passer outre leurs convenances militantes ou idéologiques pour se mettre à VRAIMENT bosser ensemble !!!!!!

 

 

Avez-vous remarqué qu’on entend désormais beaucoup plus souvent parler des élites, que de l’élite.

C’est un de ces mots qui change radicalement de sens au pluriel :

L’honneur, les honneurs…
L’amour, les amours…
L’élite, les élites…

Si l’on entend si rarement le singulier, c’est que ce qu’il désignait a été subverti par ce que désigne le pluriel, qui n’a plus aucun rapport.

***

  • NOUVEAU
  • 07/09/2018 09:45
  • PAR 

La caste ou l’oligarchie ou  les élites ou la mafia ou…

les vocables changent

le fait reste :

le pouvoir est constitué de quelques uns,

les plus riches    ou

ceux qui se placent pour devenir riches

 

 

  • NOUVEAU
  • 07/09/2018 10:43
  • PAR 

Merci pour ce rappel historique qui montre d’ailleurs que sortir de l’UE ne résoudrait aucun problème. La « démocratie » technocratique est malheureusement un problème bien antérieur à l’UE. Les hauts fonctionnaires et dirigeants francais aiment bien se servir de l’UE comme bouc-émissaire, mais la réalité est que les hauts fonctionnaires francais sont aussi déconnectés du peuple que les fonctionnaires bruxellois.

Le problème est que le peuple doit reprendre le pouvoir en Europe, dans tous les pays. Et certainement pas en donnant le pouvoir à l’extrême droite qui, comme le montre l’exemple de Vichy, sait très bien recycler l’oligarchie pour instaurer une dictature.

Pas garanti qu’un recrutement plus ouvert ( universités par exemple ) ne donnerait pas ,au fil des ans , une autre forme de clan mais un clan quand même avec le réflexe « naturel » de protéger ses rejetons .

  • NOUVEAU
  • 07/09/2018 11:48
  • PAR 

A titre personnel, je n’ai jamais aimé ni voté Macron pour une seule et unique raison: il était Inspecteur des Finances.

C’est pour moi une tare absolue en démocratie et elle est indélébile.

Il s’agit d’une oligarchie dans oligarchie. A partir de là, je n’ai jamais écouté ou lu aucune de ces communications.

Ce système de caste est très bien démontré par L. Mauduit. Il conduit à des situations où les énarques se retrouvent en position de managers alors qu’ils en sont parfaitement incapables. Ces gens sont formatés pour administrer et reconduire un système, pas pour le remettre en cause. Cela crée des situations catastrophiques où ils jouent au patron, et sont complètement nocifs à leur structure / administration. Une engeance.
  • NOUVEAU
  • 07/09/2018 12:52
  • PAR 

Il y a quelque chose de pourri dans ce royaume de LREM-Macron

« La Caste » en France, c’est l’Etat profond » aux Etats Unis:

La corruption, le financement par des opérations clandestines  (Affaire Karachi, commissions Kadhafi)

La militarisation du maintien de l’ordre ( grenades anti-encerclement, mort de Remy Fraisse, Cazeneuve, grenades )

Opérations clandestines (Macron et Benalla)

Destruction de la démocratie par Macron et le complexe militaro industriel.

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Une réflexion sur “#MacronGate «La Caste»: enquête sur cette noblesse d’Etat qui a choisi le camp de l’aristocratie d’argent ! #Pédophilie Réseau K #Trafics d’Art #Trafics Organes #Corruption Financière Evasion Fiscale #Synarchie #Pathocratie

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