#Françafrique Le journaliste Laurent Larcher, journaliste confirme que #Macron se satisfait du business avec #Gnassingbé et les autres dictateurs. #Synarchie #Libéralisme #Fascisme #Pathocratie #Vieux Monde #Afrique

 

TOGO : UN JOURNALISTE FRANÇAIS ÉPINGLE MACRON ET RÉVÈLE POURQUOI IL SOUTIENT FAURE GNASSINGBÉ

03 septembre 2018

Invité ce matin sur la radio France international (RFI), Laurent Larcher, journaliste et essayiste français qui publie, aux éditions du Cerf, l’ouvrage «Au nom de la France ? Les non-dits de notre diplomatie» ne va pas par quatre chemins en accusant le président Français Emmanuel macron de ne pas s’intéresser aux revendications des togolais dans le seul but de protéger les intérêts de la France. Dans son ouvrage où il écrit « Et tant pis » pour le peuple togolais et pour notamment l’opposant Tikpi Salifou, il affirme que Emmanuel Macron se range du côté de régimes qui bafouent les valeurs démocratiques dans sa recherche à tout prix du profits économiques. Lire ci-dessous l’intégralité de cet entretien où il répondait aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Vous dites que dans sa politique étrangère Emmanuel Macron est plus près de Machiavel que de Montaigne, l’homme des principes. Est-ce qu’Emmanuel Macron est machiavélique ?

Laurent Larcher : Tout au moins, il se range derrière Montaigne comme la plupart des dirigeants français. Mais comme ses prédécesseurs, il distingue la morale privée de la morale publique, je crois, et il pratique une politique qui consiste à servir nos intérêts sans toujours prendre garde aux moyens utilisés pour obtenir ses fins.

Vous dites qu’Emmanuel Macron a une approche plus « entrepreneuriale » de l’Afrique que ses prédécesseurs. « La preuve, son Conseil présidentiel pour l’Afrique, et notamment son attelage franco-béninois constitué par Jules-Armand Aniambossou et Lionel Zinsou ». Pourquoi « entrepreneuriale » ?

C’est-à-dire que l’Afrique est un champ d’opportunités dans lequel on doit investir dans l’esprit de l’entreprise, comme si nos relations ne pouvaient tourner qu’autour de cet axe-là, économique et entrepreneuriale.

Le business d’abord ?

Absolument. Simplement, est-ce qu’on peut construire une politique, une relation avec l’Afrique qui ne tourne qu’autour de l’économie ? Moi, je m’interroge : est-ce qu’il n’y a que cette voie-là ? Elle est nécessaire, mais elle fait l’économie, me semble-t-il, du tragique de l’histoire, des lourdeurs et de la pesanteur de nos existences, et notamment des difficultés que connait l’Afrique qui ne sont pas que des difficultés économiques, mais aussi des difficultés politiques, des difficultés sociales, des difficultés culturelles.

Vous comparez le centriste Emmanuel Macron au roi orléaniste Louis Philippe et à son ministre François Guizot qui disait il y a deux siècles aux Français : « Enrichissez-vous ». Et vous dites parce qu’« il privilégie la raison économique sur tout autre chose, le régime d’Emmanuel Macron s’accommode très bien de régime autoritaire comme le régime chinois ou le régime togolais ».

Oui. C’est-à-dire que si vous établissez votre rapport au monde simplement sur le primat de l’économie, vous vous accommodez au fond de tous les régimes.

Vous écrivez « Et tant pis » pour le peuple togolais et pour notamment l’opposant Tikpi Salifou Atchadam que vous avez rencontré récemment.

Oui, absolument. « Tant pis », tout au moins, ce n’est pas vraiment le problème ou il faut faire avec, ou dit-on à l’Elysée, c’est peut-être un moindre mal. Or comme le disait la philosophe Hannah Arendt il y a une trentaine d’années : « Ceux qui choisissent le moindre mal oublient très souvent qu’ils ont choisi le mal ».

Et vous citez cet ambassadeur de France à Djibouti qui vous dit : « Sans Ismaïl Omar Guelleh, le président de Djibouti, la situation serait pire ».

Oui. C’est en tout cas sa conviction et avec lui, la conviction du quai d’Orsay et l’Elysée. C’est exactement le même discours qu’on peut entendre avec le président du Tchad. Eux partis, ce sera le chaos, ce sera la révolution, le bain de sang, le désordre. Et nous, nous savons mieux que les peuples ce qui est bon pour eux. Donc oui, on soutient ces régimes en disant, ça reste un moindre mal sans se dire d’ailleurs quels sont les effets de ces soutiens. La crise migratoire à laquelle nous faisons face est en partie liée à ces régimes qui ne sont pas capables d’assurer un présent et encore moins un avenir à la population. Et de ceux-là, on n’en parle pas.

Par rapport à François Hollande, y a-t-il aujourd’hui à l’Elysée une continuité, voire un recul ?

On est beaucoup plus décomplexé. On va dans ce sens avec beaucoup plus de légèreté peut-être. Il me semble que du temps de François Hollande, il y avait quand même des débats en interne, il y avait je dirais une conscience de gauche peut-être, qui faisait qu’on savait quand même que ça ne se faisait pas exactement, que ça posait quelques problèmes. Hélène Le Gal par exemple, l’ancienne conseillère Afrique de François Hollande, incarnait un peu cette mauvaise conscience de cette politique extérieure. Oui, il y a à la fin une continuité et je dirais une accélération dans le sens de l’accommodement avec des régimes qui bafouent les valeurs.

Autre pays où la France s’accommode d’un régime autoritaire, le Burundi dites-vous. Vous écrivez que lors du passage en force de Pierre Nkurunziza en 2015, la France a été le seul pays occidental à ne pas condamner clairement la « dérive autoritaire et hyper violente de ce régime ».

Absolument. A ma grande surprise lorsque j’y suis allé en mars 2016, j’ai rencontré là des diplomates et des autorités françaises qui évidemment voyaient la dérive autoritaire de ce régime avec quelques inquiétudes, mais utilisaient et adoptaient un discours au fond très accommodant avec ce régime.

Et vous vous demandez s’il n’y a pas derrière tout cela une obsession anti-Tutsis de la part de Paris ?

Je ne dis pas qu’à Paris il y a un sentiment anti-Tutsis. En revanche, j’ai entendu à cette occasion-là, un discours de la part de certains diplomates qui était celui de la diplomatie française de 1990 à 1994, donc très anti-Tutsis.

A vous lire, l’autre grande faille de la diplomatie française, c’est sa complaisance avec le salafisme, et notamment le régime d’Arabie saoudite. Vous citez cette fameuse phrase de Kamel Daoud [tribune publiée le 20 novembre 2015 dans le New York Times, écrivain] : « L’Arabie saoudite, c’est un Daesh qui a réussi ». Mais on peut vous répondre que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont les mêmes relations que la France avec le régime saoudien ?

Vous avez absolument raison. Mais comment peut-on combattre le wahhabisme d’une part, et être allié avec la matrice du wahhabisme dans le monde ? La question est toute simple. Quand on la pose à ceux qui dirigent notre pays, ils refusent d’y répondre de manière très claire.

Vous vous moquez de l’hypocrisie de l’Arabie saoudite qui d’une main soutient les jihadistes du Sahel et de l’autre soutient le G5 Sahel [Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad], mais que proposez-vous, la rupture avec Riyad ?

Non. Je ne propose pas la rupture, je ne suis pas un diplomate. Simplement, j’aimerais que ces questions ne soient pas simplement traitées à l’Elysée ou au quai d’Orsay, mais aussi que ces questions soient débattues entre nous. Moi, je ne dis pas qu’il faut rompre avec l’Arabie saoudite ni avec le Qatar. Mais essayons d’établir ces relations de manière adulte, et pas simplement sur notre dos, et que nos politiques ne parlent pas comme si nous étions des enfants ou des mineurs, mais comme des pairs et des égaux en nous donnant toutes les données du problème. Et à nous, ensemble, d’y voir un peu plus clair.

La rédaction

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