#Togo #AshRévolution #CEDEAO #Elections Des antiennes déjà entendues en 2013 et, pire, en 2015. On aura 2013 et 2015 réunis en 2018, et peut-être 2005. Le bouquet. Par Tony Feda #EnAucunCas

Les partisans d’une plateforme de la Coalition des 14 ne doivent pas se faire beaucoup d’illusions. La partie ne sera pas facile. Elle n’est pas gagnée ; loin de là, elle s’annonce ardue, âpre même. On m’a traité de tous les noms d’oiseaux hier quand j’ai eu idée de promouvoir ce pragmatisme dans des groupes de discussions.
Les tenants d’aller aux élections en rangs dispersés sont de loin très nombreux.
L’idée de coopération, de commensalisme, pour faire tomber la dictature, leur est allergique. C’est l’idéologie de la compétition qui leur est chère ! Pour eux la politique doit être nécessairement un jeu à somme nulle.
«Que chaque parti fasse ses preuves sur le terrain ! », « Battons –nous pour les réformes ! C’est pour les réformes que nous nous sommes levés le 19 août 2017, quand on les aura obtenues, alors on pourra aller aux élections. » L’ennui : ils oublient d’ajouter qu’en septembre, un leader de l’opposition, un certain chef de fiiiii…le, avait augmenté les enchères en exigeant la démission de Faure Gnassingbé. Aujourd’hui, on n’a ni les réformes ni la démission du despote d’opérette.
Des antiennes déjà entendues en 2013 et, pire, en 2015. On aura 2013 et 2015 réunis en 2018, et peut-être 2005. Le bouquet.
Pour faire la démocratie, on a besoin de démocrates. Là, nous avons les soubresauts de politiciens préoccupés par leur gagne-pain. Ils se sont ruinés ces derniers mois, normal qu’ils veuillent se refaire une santé financière.
Manque de pot, les Togolais n’ont ni Gandhi, ni Mandela, ni Martin Luther King. On n’a que des individus intéressés.
Les partisans d’une coopération électorale ont besoin d’une meilleure organisation pour s’imposer ; il y a nécessité de beaucoup de pédagogie, et surtout de beaucoup d’intelligence, de sociologie politique, d’anthropologie, de science. De profondeur d’esprit. Il faut démocratiser la lutte et ne pas l’abandonner aux seuls ANC et PNP.
Kossi Efoui, ce génie de la littérature togolaise, a perçu très tôt la difficulté de se débarrasser d’une dictature militaire. «On ne peut affronter un train de 800 tonnes mais on peut le faire dérailler », dit-il déjà en 1989. C’est tout dire. Il faut être tordu pour faire la politique, il ne faut pas être droit. Il n’y a pas de morale en politique, mais cette Coalition des 14 engoncée dans un juridisme obsessionnel va nous faire perdre la possibilité d’une transition démocratique. Cette coalition souffre du syndrome du poulet sans tête, me dit un ami. « Elle court dans tous les sens sans direction déterminée. Quand on se coalise à quatorze contre un seul et qu’on se montre incapable de proposer une offre politique (électorale) sérieuse au bout d’un an, il faut se poser la seule question qui vaille : cette union ne serait-elle pas factice ? »
Depuis le déclenchement de cette lutte le 05 octobre 1990, les Togolais ont eu 28 ans d’expérience. On a essayé beaucoup de choses : la lutte pacifique, les attentats contre Eyadema, les élections. En vain. Mais on a surtout appris de l’expérience des voisins et d’autres pays en Afrique ; l’expérience de la démocratie sans projet de société dans des pays perclus sous le rouleau compresseur de la finance internationale et de la France, du libéralisme voire de l’ordo-libéralisme injecté par l’entremise d’une monnaie qui n’en est pas : le Franc CFA.
Que les dirigeants de l’opposition et de la société civile ne tirent pas leçon de tout cela pour proposer un avenir meilleur aux Togolais reste tout de même troublant.
Elaguons les branches mortes de l’arbre qu’est la Coalition des 14 et renforçons-la d’un projet sous la bannière de laquelle tous les Togolais devront se retrouver.
On trouve chez Kierkegaard l’idée que les erreurs les plus dangereuses étaient la paresse et l’impatience. La paresse d’esprit entraîne la réticence à faire face à une réalité peu familière, complexe et indocile – dans notre cas la dictature militaire.
Concevoir un projet n’est peut-être pas du ressort de tous les politiques. Cela demande une certaine technicité, des compétences intellectuelles et surtout une manière d’idéaliser notre anthropologie et notre sociologie. Et dans une Coalition où tout le monde est happé par la survie au quotidien, peut-être n’aurait-on pas le temps de penser un programme ? De penser tout simplement ?
Je propose donc des idées tous azimuts. Dans un premier temps, un travail de dissuasion des partis politiques quant à leur participation aux élections en rangs dispersés, et dans un second temps rassembler les compétences pour la constitution d’une plateforme programmatique de coopération électorale rédaction et d’un projet de société.

Tony FEDA
(En attendant la clôture de la lutte)

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