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A Perpignan, Romain Grau député LREM pousse des gitans à troubler l’ordre public

 PAR FABIEN PALEM

Dans le quartier Saint-Jacques, des habitants gitans se mobilisent pour empêcher le projet de rénovation urbaine de la mairie LR. Selon nos informations, le député local LREM leur a conseillé de « faire peur », seul un trouble à l’ordre public pouvant justifier une intervention du préfet dans le dossier.

Un député de la majorité peut-il inciter à troubler l’ordre public pour faire échouer le projet d’une mairie et s’attirer les bonnes grâces d’une partie de la population ? Mediapart a pris connaissance des propos tenus le 28 juillet par le député LREM de la 1recirconscription des Pyrénées-Orientales devant un groupe de gitans catalans venus se plaindre des démolitions d’immeubles mises en œuvre par le maire LR de Perpignan, dans leur quartier de Saint-Jacques.

Lors de cette réunion, le député Romain Grau ne mâche pas ses mots et explique aux gitans présents comment faire pour que le préfet intervienne : « Si on ne leur fait pas peur, le préfet ne peut pas s’associer à ça. Le préfet, sa compétence, ce n’est pas la rénovation de la ville. C’est l’ordre public. » Pour que cessent les travaux de démolition de l’îlot Puig, lieu de vie de la communauté, le député enchaîne : « Je ne veux pas vous inciter à la violence, mais il faut leur mettre la pression. »

Interrogé par Mediapart, cet énarque de 44 ans, camarade de promotion d’Emmanuel Macron, qui a quitté en 2017 son poste de 1er adjoint au maire de Perpignan à la suite de son élection à la députation, se défend : « De violence, il n’y en a pas euJe ne suis pas Milosevic, il ne faut pas exagérer ! Ces gens sont venus me demander conseil. Ils m’ont dit ne plus avoir de contact avec la mairie. Ils m’ont aussi signalé qu’ils avaient un problème avec des groupes de jeunes très remontés contre les démolitions. Je leur ai répondu que, dans ce cas, j’allais en parler au préfet, parce qu’il s’agissait d’un problème d’ordre public. Il n’y a aucune affaire d’État ! »

Pour Olivier Amiel, adjoint au logement du maire de Perpignan, les propos tenus par Romain Grau et que nous lui rapportons relèvent « d’une incitation au trouble à l’ordre public ». Selon lui, ils s’expliquent par la volonté politique du député de faire échouer les travaux et de manipuler le groupe gitan.

En tout cas, ils ont été tenus au lendemain d’une mobilisation historique : le 27 juillet, en début d’après-midi, un groupe d’habitants du quartier gitan de Saint-Jacques stoppe manu militari une tractopelle de la mairie en pleine démolition d’un îlot d’immeubles.

Alors qu’aucun politique ne s’était jusque-là mobilisé sur le sujet en venant sur le terrain, plusieurs d’entre eux se réveillent après l’action du collectif de citoyens (quasiment tous gitans), qui établit un rapport de force avec la municipalité. « Comme d’habitude, les politiques se sont rapprochés de nous après coup. Ils n’ont rien à voir avec l’arrêt des travaux », assure Nick Gimenez, l’un des membres de la délégation gitane.

Nick Gimenez et Jean-Bernard Mathon, place du Puig, devant l'îlot dont la construction a été avortée. © FPNick Gimenez et Jean-Bernard Mathon, place du Puig, devant l’îlot dont la construction a été avortée. © FP

Le lundi 30 juillet, deux jours après les propos tenus par le député, quelque deux cents gitans manifestent devant la préfecture. La scène, inédite, fait craindre à certains des débordements. Il n’en sera rien. Une délégation d’une douzaine de personnes finit par être reçue, en présence de représentants de l’État, de la mairie et du quartier.

Les enjeux sont complexes entre la nécessité de réformer un quartier en partie insalubre, le devoir de préservation et de mise en valeur du patrimoine historique, et le maintien d’une cohésion sociale toujours fragile dans la ville.

Les travaux réalisés actuellement par la mairie déconcertent nombre d’habitants qui craignent d’être dépossédés de leur quartier. Chez les gitans, l’attachement affectif à Saint-Jacques tient à l’histoire de la communauté. À son rapport à la cité. Sédentarisés depuis le XVIIe siècle aux abords de Perpignan et « fixés » à Saint-Jacques au XIXe siècle puis surtout au milieu du XXe siècle, les gitans catalanophones vivent presque en vase clos dans cette partie la plus haute du centre ancien, qui est aussi l’ancien quartier juif de la ville.

Le bâti partiellement médiéval où ils résident préserve des traces, quoique discrètes, du Perpignan de l’époque des rois de Majorque, quand la cité roussillonnaise était une des places fortes du grand royaume catalano-aragonais. Le parcellaire de Saint-Jacques date donc du XIIIe siècle, contrairement aux murs des maisons qui ont été détruites, reconstruites, surélevées au fil du temps.

Les gitans ne sont cependant pas les seuls à se mobiliser. Ils ont reçu le soutien d’un groupe local de défenseurs du patrimoine, mené par Jean-Bernard Mathon, président de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et historique roussillonnais (ASPAHR). « Depuis 2015, nous avons comptabilisé 59 démolitions à Saint-Jacques, parmi lesquelles 18 concernent des immeubles supposés être protégés de la démolition », résume cet ancien directeur du patrimoine départemental.

Face-à-face en vue pour la mairie

Jean-Bernard Mathon fait référence à trois grands types d’immeubles concernés par les rénovations dans le Plan de sauvegarde et de mise en valeur, élaboré conjointement par l’État et la commune en 2007. Les défenseurs du patrimoine perpignanais reprochent à la mairie un « usage abusif d’arrêtés de péril ou d’arrêtés d’insalubrité irrémédiable pour démolir ».

Les gitans attendent aussi la visite de Stéphane Bern. Au début de l’été, le présentateur vedette, ambassadeur du patrimoine français, s’est indigné des démolitions du centre-ville, faisant de la cause de Saint-Jacques une cause nationale. « On est en train de détruire le centre de Perpignan, le quartier de Saint-Jacques, au vu et au su de tout le monde. J’espère que le préfet va réagir parce que la municipalité est en train de détruire des quartiers entiers. Ce n’est pas possible ! » regrettait-il le 15 août, sur l’antenne de RMC.

L'îlot Bailly et ses 13 immeubles ont été détruits en juin 2018, remplacés par... une place goudronnée. © FPL’îlot Bailly et ses 13 immeubles ont été détruits en juin 2018, remplacés par… une place goudronnée. © FP

La ville de Perpignan a gros à perdre dans cette affaire. Car cette opération polémique, dans un quartier où 40 % des logements sont inhabités selon la mairie, prévoit environ 500 démolitions et un peu moins de 250 constructions. Si les travaux ne reprennent pas, ce sont 100 millions d’euros d’aide publique qui pourraient partir en fumée.

Or tout ce qui touche à Saint-Jacques est sensible. En invitant les gitans à jouer les gros bras, Romain Grau pourrait être accusé de souffler sur les braises des « événements » du printemps 2005, quand la ville avait été secouée par des émeutes et des affrontements entre les communautés gitane et maghrébine du centre historique. À l’époque, les relations entre la municipalité et ses différentes clientèles électorales avaient été remises en cause.

« Jusqu’au milieu des années 2000, les communautés marocaine et gitane du centre ancien étaient les cibles du clientélisme des différents pouvoirs (la municipalité, le conseil général…). Après la “grande bagarre’’ de 2005, les clientélismes communautaires ont peu à peu perdu de leur poids », explique Alain Tarrius, professeur émérite de sociologie et d’anthropologie urbaine de l’Université de Toulouse.

Les rapports d’interdépendance mairie-clientèles n’ont cependant pas complètement disparu. La communauté gitane, qui affiche un taux de chômage de plus de 80 %, s’est attachée à ses emplois municipaux.

Dans ce feuilleton estival où chacun montre ses muscles, le maire adjoint Olivier Amiel (pro-Wauquiez) s’est ému, sur les réseaux sociaux, des « méthodes de voyous » du collectif de Saint-Jacques ayant stoppé la démolition.

Selon le professeur Alain Tarrius, « il n’est pas impossible que le rapport de force actuel, cristallisé autour des démolitions d’immeuble, vise à imposer une nouvelle relation clientéliste avec la mairie ».

Même si Jean-Paul Alduy, ancien maire de Perpignan (1993-2009), minimise, comme à son habitude, le poids de ces rouages clientélistes. Dans un livre à paraître en septembre prochain, Perpignan laboratoire social et urbain (Éditions de l’Aube), il explique : « J’ose dire que le clientélisme est un leurre qui permet des descriptions simplistes et croustillantes de la vie politique locale mais qui ne résiste pas à l’analyse. Quelques relais locaux se donnent de l’importance et peuvent en effet les jours de vote stationner à l’entrée des bureaux pour orienter le choix des femmes et des hommes de leur clan mais l’impact électoral reste marginal. »

Marginal le millier de voix du quartier gitan de Saint-Jacques ? Au second tour des municipales de 2014, la victoire du maire actuel, Jean-Marc Pujol (LR), ancien collaborateur et successeur de M. Alduy, ne s’est jouée qu’à 4 000 voix, sur 43 000 votants, face au « frontiste » Louis Aliot. Ce dernier, jouant notamment sur la différenciation ethnique entre voisins gitans et maghrébins du centre historique, avait cherché à capter le vote gitan.

Premier concerné par le conflit actuel, le maire de Perpignan botte en touche. Assurant d’abord que « le temps du clientélisme est terminé », M. Pujol regrette une « politisation d’un enjeu d’intérêt général, à savoir la rénovation de Saint-Jacques. Je ne me trompe pas de combat. Il ne faut pas que nous nous divisions entre nous. Notre adversaire pour 2020, c’est le FN ». D’ici-là, Romain Grau, candidat LREM déclaré et Olivier Amiel, possible candidat en cas de retrait de son actuel patron, semblent avoir cependant décidé de se rendre coup pour coup.

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