#Togo Appel du 19 Aout 2018 du Colonel Bitenewe aux Forces Armées Togolaise: »Depuis 1963, nous n’avons faits que servir une famille jusqu’au sacrifice suprême.Qu’avons nous reçu en retour ? »

Chers camarades, mes frères d’armes, je vous salue !

Kouma Biténiwé

Depuis le 1er Aout 2017, notre pays tend dangereusement vers un état de non-paix, de non-guerre, mais de mort continuel de notre population. Après le syndrome Ivoirien c’est maintenant l’exemple Zimbabwéen qui est à nos portes.

Ne restons pas sourds à l’appel du peuple. Pour ma part, le message du 5 octobre 1990 est clair : « la tyrannie, l’injustice et l’arbitraire doivent céder la place à un monde d’amour, de pardon, d’équité et de justice. « 

Chers camarades, qu’avons nous servi à ce peuple qui ne réclamait que la paix et la quiétude, le pain quotidien et la joie de vivre ?

Rien, sinon des coups de gourdins, de cordelettes et des crosses de fusil ; des intimidations et des arrestations arbitraires, semant sur notre passage la mort, la détresse, la ruine et la désolation. C’est vrai, nous sommes des militaires et nous exécutons des ordres reçus souvent, à notre corps défendant. Il est temps de se rendre compte que tous les ordres ne méritent pas d’être obéis. Aujourd’hui, les gendarmeries et certains camps militaires se remplissent de paisibles gens qui n’ont commis pour seul crime que de s’exprimer depuis aout dernier. Beaucoup sont torturés au camp Landja de Kara, au camp Témédja, à l’ANR et au camp de la BIR 1 de Lomé, loin de tout regard.

Peuple Togolais, tu dois savoir qu’avant d’être militaires, nous sommes sensibles à tes souffrances malgré ce qu’on nous fait faire.

Frères d’armes, j’ai demandé à nos supérieurs que sont le Président de la République Chef des Armées et le Ministre de la Sécurité et Chef d’Etat Major Général, de prendre leur responsabilité, chacun en ce qui le concerne.je ne le ferai plus. J’estime qu’on ne doit plus déverser des militaires dans les rues pour frapper les populations. Malheur à ceux qui le font.le peuple a payé un lourd tribut et ça suffit comme ça !

A partir de cet instant, j’étends ma demande aux Chefs d’Etats Major de la Gendarmerie, de l’Armée de terre, de l’Armée de l’Air et de la Marine, aux chefs de garnison, aux chefs de bataillon, aux chefs de compagnie et au Directeur Général de la Police Nationale de faire scrupuleusement appliquer ces instructions qui ne sont pas de vains mots.

Chers camarades, depuis 1963, nous n’avons faits que servir une famille et souvent, jusqu’au sacrifice suprême. Qu’avons nous reçu en retour ? ingratitude, conspiration et exécution sommaire.

Le 23 septembre 1986, le 3 décembre 1991 et le 25 mars 1992, bon nombre d’entre nous sont tombés. Aviez – vous jamais vu le fils du père, Ernest, au front ? Jamais. A peine nos valeureux martyrs sont enterrés qu’on jette dehors leur famille.Triste sort que d’être militaire sous Eyadéma.

Officiers, sous officiers, soldats des Forces Armées Togolaises, moi Colonel Kouma BITENIWE, je proclame solennellement que nous ne devons plus servir un homme, à moins d’être désigné, et ceci par les urnes, Chef de l’Etat et de facto Chef Suprême des Armées.

Notre armée doit désormais être républicaine. Elle doit se mettre au service du peuple. Je sais que la grande majorité, certes silencieuse, a compris la mission qui nous est dévolue. La minorité qui jette le discrédit sur notre corps, nous l’avons ciblée et je sais que vous la connaissez.

Nous devons aujourd’hui être unis et arrêter de croire que l’armée est une histoire du nord contre le sud, ou de Kabyè contre les autres ethnies. L’armée, notre armée, est une et indivisible. Notre problème, c’est Faure Gnassingbé, sa famille, ses maîtresses et certains conseillers comme le général Raymond Germanos, Rafi Edery, Charles Debbasch…

Mon cas est semblable à celui de tant d’autres parmi vous. Authentique fils de Pya AKEYI, j’ai été humilié et arbitrairement arrêté. Ma demande de réintégration a été rejetée et j’ai été mis à la retraite anticipée. Comme si cela ne suffisait pas, après plusieurs complots éventés, ils ont décidé d’attenter à ma vie le lundi 5 mai 2003 à Pya en ouvrant le feu sur ma voiture.

Cette roue qui m’a emporté et qui a emporté d’autres avant moi, tourne toujours et il convient de poser la question de savoir à qui le tour ? c’est pourquoi il est impérieux d’arrêter définitivement cette roue de tourner.

Vaillante armée, depuis le 1er Aout 2017 Gnassingbé c’est fini. C’est pourquoi je suis revenu au pays car cette lutte nous concerne tous. Levons nous tous comme un seul homme et boutons le tyran dehors.

Peuple Togolais, tu es valeureux. Ta bravoure est sans limite. Comme le roseau, tu as cent fois plié, mais cent fois, tu n’as jamais rompu. La délivrance est proche car le jour de gloire pour notre pays est arrivé.

Que l’Eternel bénisse le Togo.
Le 19 Aout 2018
Kouma Biténiwé

bitkouma@yahoo.fr

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