#France #Italie #Togo #Suisse Conflits d’intérêts au Palais ! #Macron couvre Secrétaire Général Elysée Kohler cousin de Gianluigi Aponte patron MSC proche mafia ! Port de Lomé #STX Le Havre

#France #Italie #Togo #Suisse Conflits d’intérêts au Palais ! #Macron couvre Secrétaire Général Elysée Kohler cousin de Gianluigi Aponte patron MSC proche mafia ! Port de Lomé #STX Le Havre

 

CONFLITS D’INTÉRÊTS ENQUÊTE

Résultat de recherche d'images pour "Gianluigi Aponte, PDG de MSC et Emmanuel Macron en mai 2017 à Saint-Nazaire. © Reuters"

 
Alexis Kohler, un mensonge d’Etat à l’Elysée
4 MAI 2018 PAR MARTINE ORANGE
https://WWW.MEDIAPART.FR/JOURNAL/FRANCE/040518/ALEXIS-KOHLER-UN-MENSONGE-D-ETAT-LELYSEE?ONGLET=FULL
Le secrétaire général de l’Élysée a l’image d’un haut fonctionnaire irréprochable.
Pourtant, il existe une ombre dans sa carrière : Alexis Kohler est un proche cousin des
principaux actionnaires du groupe de transport maritime MSC. Cachant ses liens
familiaux, il s’est trouvé à maintes reprises en position de mettre les moyens de l’État à
disposition du croisiériste. Révélations sur un conflit d’intérêts majeur.
lexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée, est le parfait modèle de la macronie,
l’illustration de la symbiose totale entre la haute administration, le privé et le pouvoir.
Pour beaucoup, il est l’exemple à suivre. Austère, taiseux, travaillant dans l’ombre sans
relâche, connaissant parfaitement les dossiers et les rouages administratifs, il est le plus
proche collaborateur d’Emmanuel Macron, la personne indispensable au président de la
République. Il est, depuis des années, son plus fidèle soutien, celui qui l’a aidé à se forger un
destin politique, à faire sa campagne et maintenant, l’aide à diriger.
Il y a cependant une ombre dans ce portrait impeccable, une ombre forte où plane le soupçon
de conflits d’intérêts, d’utilisation des moyens de l’État au profit d’intérêts très privés. Cette
tâche s’appelle Mediterranean Shipping Company (MSC), un armateur italo-suisse, un des
plus grands clients, si ce n’est le plus grand, de STX France, les chantiers navals de SaintNazaire.
Pour Alexis Kohler, MSC est un groupe un peu particulier. Un groupe de famille. « Un
lointain cousin est actionnaire de MSC », a-t-il concédé au détour d’une phrase à l’Express en
juillet dernier. Alexis Kohler a une façon bien à lui de présenter les faits, de minorer la
réalité : le cousin éloigné petit actionnaire de MSC est, selon nos informations, le cousin
germain par alliance de sa mère, fondateur et principal actionnaire de MSC. La mère d’Alexis
Kohler, Sola Hakim, est la cousine germaine de Rafaela Aponte, co-fondatrice avec son mari
Gianluigi Aponte du deuxième groupe mondial de transport maritime. Le grand-père maternel
d’Alexis Kohler, Victor Hakim, était le frère de Régine Hakim (épouse Diamant), mère de
Rafaela. Les liens familiaux semblent si peu distendus entre les deux familles que lorsque
Alexis Kohler est tenté par deux fois de partir vers le privé, il n’imagine aller qu’à une seule
adresse : le siège de MSC à Genève. Le secrétaire général de l’Élysée, interrogé sur ses liens
familiaux, ne nous a pas répondu sur ce point.
À la suite de la publication de notre article, le service de presse de l’Élysée nous a fait
parvenir cette réaction en réponse à toutes nos questions : « Alexis Kohler a toujours respecté
et respecte toujours l’ensemble des règles légales et réglementaires qui encadrent l’exercice
des activités et des responsabilités qui s’appliquent aux fonctionnaires. Il a notamment
toujours informé sa hiérarchie des situations dans lesquelles il aurait pu se trouver en conflit
d’intérêts, s’est toujours déporté pour éviter lesdites situations et a toujours respecté les avis
de la commission de déontologie » (voir Boîte noire).
Chez MSC, tout est affaire de famille. Bien que le groupe, non coté en Bourse, soit numéro
deux mondial du transport maritime, avec 26 milliards d’euros de chiffre d’affaires, il est géré
comme une PME familiale, comme le reconnaît lui-même Gianluigi Aponte dans un entretien
au Monde : « Mon fils Diego s’occupe des porte-conteneurs et des terminaux portuaires ;
mon gendre Pierfrancesco Vago, des croisières et des ferrys ; ma fille Alexa, des finances ;
A
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ma belle-fille Ela, de l’achat et de la vente des cargos, ainsi que des relations avec les
banques. Quant à ma femme, Rafaela, elle se charge de la décoration des paquebots, tout en
étant au courant de tout ce qui se passe… » À d’autres postes, le cousin Alexis Kohler semble
bien avoir été inclus dans le cercle familial. En tout cas, il a été à maintes reprises en position
de mettre les moyens de l’État à la disposition du groupe familial, au mépris des règles et des
lois.
A
lexis Kohler. © Reuters
C’est une des règles de base de la fonction publique. Un agent public ne peut passer des
contrats avec une entreprise, la contrôler, traiter des dossiers qui la concernent alors qu’il a
des liens familiaux ou des rapports de proximité avec elle. Enfreindre cette règle, c’est risquer
d’être accusé de prise illégale d’intérêt, punie par une sanction pouvant aller jusqu’à cinq ans
de prison, selon le code pénal. Pourtant Alexis Kohler paraît avoir décidé de passer outre.
Dans la réponse qui nous a été adressée après parution, ce dernier assure avoir respecté toutes
les règles.
Depuis près de dix ans, les chemins d’Alexis Kohler et ceux du deuxième groupe mondial de
porte-conteneurs ne cessent de se croiser. À ses différents postes – à l’Agence des
participations de l’État, au cabinet de Pierre Moscovici alors ministre des finances, au cabinet
d’Emmanuel Macron –, le haut fonctionnaire a été amené à travailler sur ce dossier, à
mobiliser des financements ou des crédits exports, à apporter des garanties de l’État pour
aider MSC et quelques importants clients de STX à payer les bateaux passés en commande
auprès des chantiers navals de Saint-Nazaire et leur permettre de travailler. Et dans ces
dossiers, on parle en centaines de millions, voire en milliards. Les dernières garanties
apportées aux deux principaux clients du chantier – MSC et Royal Caribbean – portent sur 2,5
milliards d’euros.
LIRE AUSSI
 Alexis Kohler: portrait du
nouveau secrétaire général de
l’Elysée
PAR LA RÉDACTION DE
MEDIAPART
 «Le brouillage entre le
public et le privé met en jeu le
bon fonctionnement de la
MSC est tellement proche pour Alexis Kohler qu’il se retourne
vers le groupe dès qu’il rencontre quelques obstacles dans sa
carrière de haut fonctionnaire. Par deux fois – la première après
le départ de Pierre Moscovici en avril 2014, la seconde après la
démission d’Emmanuel Macron fin août 2016 –, Alexis Kohler
a demandé à rejoindre MSC.
La première fois, la commission de déontologie, selon nos
informations, a émis un avis défavorable à ce pantouflage. La
seconde fois, elle a été contrainte de se déjuger et a rendu un
avis favorable : Emmanuel Macron s’était porté garant de son
plus proche collaborateur, acceptant de couvrir les conflits
d’intérêts de ce dernier.
À l’automne 2016, Alexis Kohler a donc rejoint Genève pour
devenir directeur financier de MSC. Un poste purement fictif,
un emploi de complaisance, disent à l’époque les opposants
d’Emmanuel Macron, qui voient la main d’Alexis Kohler
partout dans sa campagne. Peut-être pas seulement. Car de
l’autre côté de la barrière, il continue à veiller sur les intérêts de MSC, à négocier avec l’État
de nouveaux crédits exports pour le groupe familial.
Est-ce donc cela le monde nouveau d’Emmanuel Macron ? Un monde où la déontologie, la loi
ne semblent pas exister pour certains, où une haute administration en parfaite symbiose avec
le privé n’a de compte à rendre qu’à elle-même. Quelle que soit la façon de lire le dossier, le
secrétaire général de l’Élysée s’est retrouvé en de multiples occasions en situation de conflit
d’intérêts majeur, choisissant délibérément de passer outre les règles et les lois.
Retour sur une ténébreuse affaire où règne le mensonge d’État.
 Quand le privé met les États en concurrence pour le financer
Pour comprendre ce dossier opaque et compliqué, le rôle qu’Alexis Kohler a pu y jouer, il
faut s’attarder un peu sur les spécificités du transport maritime. Il y a bien longtemps que les
armateurs n’achètent plus de bateaux en direct : tous les bateaux sont désormais financés à
crédit. Eux se contentent d’exploiter les bateaux, d’encaisser les recettes et de rembourser les
prêts consentis.
C’est en utilisant cet effet de levier gigantesque que la famille Aponte a fait fortune. Créant
leur société de transport maritime en 1970, l’ancien capitaine de navire napolitain et sa
femme, Rafaela, ont d’abord armé des bateaux de deuxième, voire de troisième main, pour
assurer la liaison de transport de marchandises entre l’Italie et l’Afrique. Puis, Gianluigi
Aponte a trouvé des financiers acceptant de participer aux premiers tours de table, et s’est
lancé dans le transport de conteneurs, avant de se développer dans les croisières. Aujourd’hui,
le groupe exploite plus de 500 porte-conteneurs dans le monde. La famille est à la tête d’une
fortune estimée par le magazine Forbes à 8,8 milliards de dollars.
C
hantiers de Saint-Nazaire. © Reuters
Mais la crise financière de 2008 a tout bousculé. D’un seul coup, les circuits traditionnels de
financement se sont retrouvés asséchés : les banques classiques ne veulent alors plus prêter.
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Au plus fort de la crise, les États ont dû prendre le relais des banques, trouver des moyens
pour permettre aux grands équipementiers de continuer à travailler. Cette question des
financements est désormais une composante essentielle des grands contrats d’équipements
(transport, barrage, route, centrale). Autant que la technologie, les éventuels transferts, les
savoir-faire et les prix, le financement est devenu une clé du succès pour l’emporter.
La Chine l’a bien compris : elle remporte partout dans le monde de grands contrats en
s’appuyant aussi sur des financements clés en main à des conditions imbattables. Mais les
clients aussi ont vite assimilé la nouvelle règle du jeu face à des États inquiets de préserver
leur base industrielle et leur emploi. Ils mettent les États en concurrence afin d’obtenir les
crédits les plus intéressants. Même dans un univers où les taux sont proches de zéro, avoir la
garantie d’un État, c’est avoir l’assurance de bénéficier de prêts à des taux ultra-bonifiés,
jusqu’à aller parfois à transformer l’État en créancier du privé.
Le fondateur de MSC, Gianluigi Aponte, semble en tout cas avoir parfaitement compris
l’intérêt de ces nouvelles règles du jeu. « L’aspect financier est très important. Les
responsables politiques devraient se concentrer sur la création d’une structure de crédit, à
laquelle les banques intéressées pourraient participer. (…) Ce que nous avons créé ces
dernières années, c’est grâce aux banques. Mais si les banques ne sont plus là… En
Allemagne et en France, il y a un système d’assurance-crédit. En Italie, il y a la SACE, mais
je ne sais même pas si elle a la capacité de garantir des volumes de crédits de l’ordre de 650
millions d’euros », expliquait l’armateur et fondateur de la MSC à la presse italienne en 2013,
en pressant le gouvernement italien d’agir. La recommandation sera suivie par le
gouvernement de Matteo Renzi, dès son arrivée au pouvoir en 2014.
 Au chevet de STX
C’est dans ce contexte très particulier de crise financière, de disparition des circuits financiers
traditionnels qu’Alexis Kohler prend le dossier de STX. Membre de l’agence des
participations de l’État (APE), il s’est pendant longtemps occupé des secteurs de
l’aéronautique et de la défense avant de se tourner vers le secteur des transports à partir de
2010. À ce titre, il siège comme représentant de l’État aux conseils de Renault, de la RATP,
d’Aéroports de Paris, du port du Havre. Mais il est aussi nommé au conseil de STX France,
dans lequel l’État est actionnaire à hauteur de 33,4 %.
Alexis Kohler avait-il informé régulièrement sa hiérarchie de ses liens familiaux avec MSC ?
Poser la question, c’est déjà y répondre : il n’aurait pas été autorisé à le faire. Celui-ci assure
dans sa réponse après parution, qu’il avait informé sa hiérarchie. Si tel est le cas, les règles de
la haute administration sont bien élastiques.
Passant outre les règles de déontologie, il juge alors inutile de renoncer au poste
d’administrateur au conseil d’administration de STX. Pourtant, le dossier MSC est sur la table
de STX. Il occupe même toutes les journées des responsables du chantier naval de SaintNazaire,
qui n’a pratiquement alors que la commande de l’armateur italo-suisse pour se
maintenir en activité.
Début 2009, MSC a négocié avec STX France la commande d’un nouveau bateau de
croisière : le Fantastica. Un paquebot de 330 mètres de long, devant compter 1 751 cabines,
et devant être livré en mai 2012 pour un coût de 565 millions d’euros. Mais neuf mois plus
tard, tout s’écroule : les banques refusent de prêter et le projet semble mort. Les chantiers de
Saint-Nazaire sont à nouveau menacés. Comme à chaque fois, l’État se mobilise pour trouver
des solutions, d’autant que Nicolas Sarkozy, toujours vigilant sur tout ce qui touche à Alstom
ou à ses anciennes filiales, comme les chantiers de Saint-Nazaire, se montre très pressant.
Tous les services de l’État se mobilisent. Bercy intervient et négocie les conditions de
garantie avec la Coface au titre de crédit export. Le Crédit agricole accepte de son côté de
prêter plus de 400 millions d’euros au projet. Dès avril 2010, anticipant la réussite du
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montage financier, les chantiers de Saint-Nazaire commencent à construire la coque du
bateau. MSC valide définitivement sa commande en juillet 2010. Le chantier de Saint-Nazaire
est de nouveau en activité.
L’intervention de l’État pour assurer la survie des chantiers de Saint-Nazaire était plus que
justifiée. Le recours aux garanties de l’État aussi. Mais pas la présence d’Alexis Kohler,
même s’il n’a joué qu’un rôle mineur dans ce dossier. Interrogé sur les raisons qui l’ont
amené à ne pas renoncer à ce poste d’administrateur chez STX, ou s’il avait choisi de se
déporter dans les négociations avec MSC, Alexis Kohler ne nous a pas répondu.
À peine nommé directeur adjoint du cabinet de Pierre Moscovici au ministère des finances en
2012, Alexis Kohler, qui s’occupe notamment de tous les financements publics, retrouve le
dossier STX et le problème du financement des bateaux de croisière construits pour MSC. « Il
est vrai que ce dossier a mobilisé de l’énergie, à commencer par la mienne, puisqu’il
s’agissait de sauvegarder l’avenir des chantiers de Saint-Nazaire », reconnaît aujourd’hui son
ancien ministre, Pierre Moscovici. « C’est un dossier sur lequel nous avons beaucoup
travaillé avec le ministre des finances. Nos cabinets n’arrêtaient pas d’échanger dessus »,
renchérit Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif.
À l’époque, la crise de l’euro sévit dans toute l’Europe, les banques ont des difficultés de
crédit et particulièrement pour leurs financements en dollars. Le Crédit agricole se trouve pris
dans la tourmente comme les autres. Il ne manque pas de rappeler le service rendu à l’État en
2010 pour sauver STX et demande en retour de l’aide. La suite, c’est la Cour des comptes qui
le raconte dans un rapport publié en mars 2017 : pour aider la banque, « l’État a demandé
exceptionnellement à la Caisse des dépôts de refinancer une opération de construction d’un
navire de croisière sous la forme du refinancement du crédit construction à hauteur de 80 %
pour 588 millions d’euros et d’un refinancement du crédit export pour 892 millions d’euros ».
Qui peut demander, voire imposer un tel engagement financier à la Caisse des dépôts, si ce
n’est le ministère des finances ? Selon nos informations, Alexis Kohler est naturellement
associé aux discussions : personne au cabinet de Pierre Moscovici ne semble connaître ses
liens avec MSC. À notre question de savoir si le ministre était informé de sa situation, s’il
avait songé à se déporter de ce dossier pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts, nous
n’avons obtenu aucune réponse du secrétaire général de l’Élysée.
D’autant que les enchères montent. En 2014, MSC Croisières, la filiale croisière du groupe de
transport maritime, fait miroiter la commande de dix paquebots dans les années à venir aux
chantiers de Saint-Nazaire, selon nos informations. Dix paquebots, c’est l’assurance de
pouvoir maintenir les chantiers en activité sur le très long terme. Et cela vaut quelques
aménagements.
Des négociations sont engagées auprès de STX France. Dans un premier temps, il n’est
question que d’une commande de deux paquebots pour 1,5 milliard d’euros. L’armateur
demande naturellement de baisser les prix et les coûts de production. Un accord de
compétitivité reposant sur un allongement du temps de travail pour un salaire égal est signé
entre la direction des chantiers et les syndicats. Cet accord sera cité de nombreuses fois en
exemple par Emmanuel Macron.
 Un « sur mesure » financier pour MSC
Mais des négociations sont aussi engagées avec le ministère des finances. Pour sauver les
emplois, pour assurer le maintien de STX, l’État est prêt à accorder à MSC des conditions de
financement « sur mesure ». Et qui participe à ce moment-là au montage du dossier au cabinet
de Pierre Moscovici ? Alexis Kohler à nouveau, selon nos informations. Il connaît tellement
bien le transport maritime. Celui-ci n’a pas répondu à notre demande de confirmation de ces
informations.
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Lancement du «MSC Meraviglia» à Saint-Nazaire en 2013. © Reuters
Si l’État est d’accord pour consentir du « sur mesure » pour aider au financement des bateaux
de croisière de MSC, encore faut-il trouver les moyens pour le faire. Toutes les structures de
financement étatique ont été démantelées avec acharnement par Bercy. Quant à la Coface,
dont la mission première est normalement de faire de l’assurance-crédit, elle a été privatisée.
En 2013-2014, elle ne veut surtout pas s’engager dans de nouveaux crédits exports pour le
transport maritime : la crise financière lui coûte déjà assez cher, explique-t-elle. Et puis elle
prépare sa cotation en Bourse.
Mais Bercy n’est jamais à court d’idées. Il y a bien une structure à la disposition de l’État qui
pourrait servir, une structure si discrète que tout le monde a oublié son existence : la société
de financement local (SFIL). À l’origine, cette structure de défaisance a été créée pour gérer
la suite de la faillite de Dexia, notamment les encours des prêts toxiques consentis aux
collectivités locales.
Cette entité présente d’autres avantages : elle est hors bilan, donc ses engagements n’entrent
pas dans les calculs de Maastricht ; surtout, comme elle bénéficie des garanties de l’État, elle
se refinance aux conditions de l’État et est éligible auprès de la Banque centrale européenne.
Autant dire que ses conditions de financement sont imbattables.
Là encore, le cabinet du ministre des finances a été extrêmement sollicité dans la recherche de
ce sur mesure, Alexis Kohler en tête, selon nos informations. Pierre Moscovici décide d’une
nouvelle mission pour la SFIL : celle de faire du crédit export et de l’assurance export pour
les très grands contrats.
Malgré les protestations de la Caisse des dépôts (CDC) et de la Banque postale, qui sont
actionnaires minoritaires de la SFIL aux côtés de l’État, la transformation est imposée. Pour
renforcer les fonds propres de la SFIL afin de financer ce nouveau métier, la CDC et la
Banque postale sont priées d’apporter 12,5 milliards d’euros, dont plus de 11 milliards pour la
seule CDC. Mais l’État a désormais l’outil qui lui permet d’offrir un financement imbattable
aux paquebots de MSC.
En mars 2014, quelques jours seulement avant son départ, Pierre Moscovici signe en grande
pompe à l’Hôtel de l’Industrie, aux côtés de Gianluigi Aponte, un accord pour la commande
des deux nouveaux paquebots auprès des chantiers de Saint-Nazaire. Dans quelles conditions
financières ? Mystère. Si ce n’est que l’État porte tous les risques, semble-t-il. Avec quelles
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contreparties ? Aucune. En mai, MSC annonce un contrat exclusif avec Fincantieri, le
concurrent de STX, assurant à ce dernier que toute la manutention et la réparation de tous ses
bateaux seront faites dans les chantiers navals du groupe italien.
Une fois de plus, l’intervention de l’État pour aider le chantier naval de STX, son soutien
financier dans la concurrence que se livrent les États pour emporter de grands contrats à
l’export se relèvent décisifs. Ces aides sont plus que justifiées, même si un peu de clarté dans
tout ce processus n’aurait pas nui. Mais que dire de l’attitude d’Alexis Kohler, toujours aussi
présent sur le dossier ? A-t-il seulement œuvré pour aider STX ou a-t-il veillé aussi aux
intérêts de MSC ? Car dans l’affaire, toutes ces aides pour soutenir Saint-Nazaire reviennent
dans les faits à faire payer par l’État les bateaux exploités par l’armateur.
 Avis défavorable
Dès que Pierre Moscovici abandonne le ministère des finances en avril 2014, Alexis Kohler
demande à quitter temporairement l’administration pour rejoindre l’armateur italo-suisse.
Même la commission de déontologie, qui ignore tout de ses relations familiales avec le
groupe MSC, considère qu’il y a un problème… Et encore, celle-ci ne semble avoir été saisie
que sur le rôle qu’Alexis Kohler a joué comme représentant de l’État chez STX, pas sur son
rôle au cabinet du ministre. Sa position, rendue le 10 juillet 2014, est malgré tout sans appel :
avis défavorable.
Bien que les avis soient publics, la commission de déontologie n’a pas répondu à notre
demande de transmission des avis concernant Alexis Kohler. Mais on en retrouve quelque
écho sous forme anonyme dans son rapport annuel de 2014 : « La commission a été saisie de
la demande d’un administrateur civil qui avait été en poste à l’Agence des participations de
l’État et qui était, à raison de ses fonctions, membre du conseil d’administration en qualité de
représentant de l’État d’une société dont l’État détient un tiers du capital. À l’occasion de
l’un de ces conseils, cet agent avait pris part à un vote autorisant cette société à conclure une
vente avec une tierce société. La circonstance, d’une part, que cet agent ait reçu une
instruction écrite du ministre de l’économie sur le sens du vote à émettre lors du conseil
d’administration et, d’autre part, que les conditions financières de cette vente n’aient été en
aucune façon définies par le service auquel l’agent appartenait sont sans incidence sur le fait
que l’agent a, au sens des dispositions du A du I de l’article 1er du décret du 26 avril 2007,
formulé un avis sur un contrat conclu avec la société qu’il souhaitait rejoindre.
La commission a émis un avis défavorable à la demande de l’agent pour la période suivant
les trois années après l’événement à l’origine de cette incompatibilité, sans préjudice de
nouvelles causes d’incompatibilité susceptibles d’intervenir ultérieurement à l’avis. » Alexis
Kohler a refusé de nous confirmer si cet avis le concernait.
La mise à l’écart ne dure pas. Fin août, Emmanuel Macron est nommé ministre de
l’économie. Il appelle aussitôt Alexis Kohler comme directeur de cabinet. Et une fois de plus,
il retrouve le dossier STX et donc de son principal client, MSC. « STX, c’était Macron et
Sapin. Je n’ai jamais été sollicité sur ce dossier. Ce que je regrette d’ailleurs », dit
aujourd’hui l’ancien ministre du budget, Christian Eckert.
De fait, les finances publiques sont bien mises à contribution dans ce dossier. Durant cette
période, l’État négocie avec la Commission européenne l’élargissement des missions de la
SFIL aux crédits exports. En mai 2015, celle-ci donne son feu vert au projet, en posant
cependant quelques conditions : la SFIL ne peut financer que de nouveaux crédits exports et à
la condition que le système bancaire ne puisse pas y pourvoir directement. L’expérience est
autorisée pour cinq ans.
En février 2016, Emmanuel Macron se rend à Saint-Nazaire pour le lancement du MSC
Meraviglia, le nouveau paquebot du groupe italo-suisse. Et chance : MSC annonce à cette
occasion la levée d’option sur la construction de deux nouveaux paquebots géants. Il s’agit en
fait de la même commande que celle annoncée par Pierre Moscovici deux ans auparavant.
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 La commission de déontologie se déjuge
Lorsque Emmanuel Macron démissionne de son poste de ministre de l’économie pour se
lancer dans la campagne présidentielle le 30 août 2016, Alexis Kohler veut à nouveau
rejoindre MSC, où le groupe familial lui offre le poste de directeur financier. La période de
trois ans après le premier avis défavorable n’est pas écoulée. Mais qu’importe.
Emmanuel Macron et Alexis Kohler à Bercy en 2016. © DR
D’autant que cette fois, la commission de déontologie se déjuge et rend un avis favorable. Elle
s’en explique dans son rapport annuel de 2016, toujours de façon anonyme : « Lorsqu’un
fonctionnaire qui exerce des fonctions de directeur de cabinet a pris le soin de ne jamais
connaître de sujets se rapportant à une entreprise qu’il envisage de rejoindre et qu’à la date
de cessation de ses fonctions administratives le ministre atteste que cette règle a été respectée
durant les trois années précédant son départ, alors la commission estime que l’interdiction
prévue à l’article 1er du décret du 26 avril 2007 ne trouve pas à s’appliquer. » La commission
de déontologie ne peut que s’incliner, quoi qu’elle en pense, devant la caution apportée par un
ministre.
En d’autres termes, Emmanuel Macron s’est porté garant qu’Alexis Kohler n’avait jamais
traité du dossier lorsqu’il était son directeur de cabinet et même avant comme directeur de
cabinet adjoint de Pierre Moscovici. Qui peut le croire ? Dans les faits, Emmanuel Macron a
accepté de couvrir les conflits d’intérêts de son plus proche collaborateur. Et pour quelles
contreparties ? Juste pour lui assurer un salaire décent au moment où ce dernier se met à sa
disposition pour sa campagne présidentielle ?
Tout cela illustre parfaitement l’état d’esprit qui règne dans la haute administration, ce qu’elle
pense des règles de déontologie. Elles ne valent que pour les autres. Dans la nouvelle loi sur
la moralisation de la vie publique, censée incarner l’esprit nouveau de la présidence
d’Emmanuel Macron, le gouvernement et l’Assemblée ont refusé des dispositions visant à
encadrer le « pantouflage » des très hauts fonctionnaires. De toute façon, ils sont par nature
irréprochables : en un siècle, il n’y a eu que six condamnations de hauts fonctionnaires pour
prise illégale d’intérêts.
 Au service de MSC
Alexis Kohler rejoint donc le groupe MSC en tant que directeur financier. L’emploi paraît
purement fictif, à de nombreux observateurs. Alexis Kohler est installé à Grenoble au lieu
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d’être au siège du groupe à Genève. Surtout, il passe son temps à abreuver de notes
Emmanuel Macron et ses conseillers de campagne. Pour tous, il est le numéro deux de la
campagne présidentielle, à distance.
Mais il veille aussi sur les intérêts de MSC. En janvier, rapporte un article de Libération, il est
rappelé en urgence à Genève. En ce début d’année 2017, l’armateur est à nouveau en train de
négocier avec les banques, l’État français et la SFIL pour obtenir de nouveaux crédits exports
afin de permettre la construction de ces deux nouveaux bateaux. Chance, l’armateur obtiendra
un accord pour de nouveaux financements garantis par l’État, juste avant le premier tour de
l’élection présidentielle. Les négocier après aurait peut-être été plus compliqué.
Est-il possible qu’Alexis Kohler, directeur financier de MSC, se soit tenu à l’écart de ces
négociations ? Connaissant parfaitement tous les interlocuteurs de l’administration dans ce
dossier, a-t-il choisi de se mettre à distance, afin d’éviter de négocier d’un côté après avoir été
de l’autre ? À ces questions non plus, le secrétaire général de l’Élysée n’a pas daigné
répondre.
Le 31 juillet, alors que la gesticulation gouvernementale autour de STX est à son comble, la
SFIL publie un communiqué annonçant qu’elle a pris 2,4 milliards d’euros d’engagements
pour participer au financement de cinq navires de croisière, deux pour MSC, trois pour Royal
Caribbean. « L’engagement de la SFIL d’assurer une part significative des crédits (aux
environs des deux tiers) était nécessaire pour le bouclage du financement. Au final, comme
l’a constaté le Directeur des financements de STX, sans un dispositif public, il n’aurait pas
été possible de faire entrer en vigueur ces contrats si importants », explique Philippe Mills,
PDG de la SFIL en réponse à un rapport de la Cour des comptes.
Car ce sont eux les principaux bénéficiaires des risques crédits financés avec la protection de
l’État pour l’instant. Les deux croisiéristes clients de STX ont bénéficié au total de 3 milliards
d’euros de garanties de l’État. MSC en est le premier bénéficiaire avec plus de 1,5 milliard
d’euros de garanties.
Gianluigi Aponte, PDG de MSC et Emmanuel Macron en mai 2017 à Saint-Nazaire. © Reuters
Un hasard dû aux circonstances, selon la SFIL : « Nous avons recensé 32 entreprises dont la
taille des affaires à l’export peuvent justifier une intervention de SFIL car le montant du
crédit export dépasserait 70 millions d’euros. Les secteurs concernés par ce dispositif sont
très diversifiés, en miroir des points forts de l’économie française : énergie, spatial, défense,
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télécom, transport, croisière, BTP. » Le ministère des finances assure de son côté que les
financements sont ouverts à tous les grands contrats d’exportation. « À ce stade, sept
opérations ont été refinancées depuis 2016 pour environ 5 milliards d’euros, concernant la
croisière, l’énergie ou la défense. »
 Gesticulation autour de STX
Qui est le plus opposé à l’accord de reprise de Saint-Nazaire signé par le gouvernement
précédent avec Fincantieri ? L’État ou les deux principaux clients des chantiers ? Car depuis
l’annonce du rachat de STX par le groupe italien, MSC et Royal Caribbean tonnent. Pour eux,
c’est le scénario noir. Car la prise de contrôle des chantiers de Saint-Nazaire par l’italien
Fincantieri risque de mettre un terme au jeu de la concurrence entre les deux chantiers navals,
si profitable pour obtenir les meilleurs prix. Et puis, si les chantiers navals de Saint- Nazaire
passent sous contrôle italien, qu’adviendra-t-il des crédits exports accordés par l’État
français ?
« Si les chantiers devaient tomber entre les seules mains de leur concurrent Fincantieri, cela
créerait sinon un monopole, du moins une position dominante problématique », avertit
Gianluigi Aponte dans le Monde, feignant d’être au plus mal avec le groupe public naval
italien, alors qu’il ne cesse de passer des accords et des commandes avec lui en Italie. Avec
son concurrent Royal Caribbean, autre grand client de STX, le président de MSC propose
même de devenir actionnaire des chantiers de Saint-Nazaire, « afin d’éviter le pillage » de
Saint-Nazaire naturellement.
Gianluigi Aponte sait se faire entendre jusqu’au sommet de l’État. Le 14 mai 2017, pour son
premier déplacement présidentiel, Emmanuel Macron choisit de se rendre aux chantiers de
Saint-Nazaire. Après avoir salué le redressement des chantiers, ses accords sociaux, ses
savoir-faire, il annonce que l’accord de cession avec STX doit être revu. Les termes n’y sont
pas, selon lui. La garantie du maintien de l’activité des chantiers n’est pas assurée, celle de
l’emploi non plus.
Le 27 juillet 2017, à la surprise générale, tant la décision semble aller à rebours de toutes ses
croyances économiques, le gouvernement annonce son intention de nationaliser les chantiers
de Saint-Nazaire, afin de se donner du temps pour trouver de meilleures solutions. Pour SaintNazaire,
le gouvernement est même prêt à assumer le risque d’une crise diplomatique majeure
avec l’Italie.
La nationalisation de Saint-Nazaire était un fake news. L’État français ne prendra jamais le
contrôle du chantier de Saint-Nazaire. Le 1er février 2018, le gouvernement annonce un accord
définitif entre STX et Fincantieri. Les chantiers publics italiens obtiennent de prendre 50 % de
STX France face à un tour de table 50 % français composé pour 33% par l’État français, 20 %
par Naval Group (ex-DNCS) et 2 % par les salariés. Fincantieri, comme il l’exigeait, aura
bien la majorité du contrôle des chantiers navals de Saint-Nazaire. L’État vient lui prêter
main-forte dans cette opération : il accepte de lui prêter 1 % de ses actions, afin de lui garantir
51 % du capital et tous les pouvoirs opérationnels qui vont avec.
En apparence, très peu de choses ont été modifiées par rapport à l’accord précédent jugé
« inacceptable ». Le ministère des finances souligne que la partie française aura 51 % du
capital au lieu de 45 % prévu précédemment. Surtout, insiste-t-il, l’accord permet de
clarifier « le respect des règles de gouvernance, la préservation du savoir-faire et de la
propriété intellectuelle des chantiers, la préservation de l’emploi et du tissu de sous-traitance
locale et les investissements, le traitement équitable des Chantiers au sein du groupe
Fincantieri ».
« Franchement, je n’y comprends rien. Nous avions obtenu un droit de veto sur les transferts
de technologies, sur les transferts d’activité, sur l’emploi, sur les principales commandes.
Qu’a obtenu de plus le gouvernement avec ce nouvel accord avec Fincantieri ? Comme il n’a
11
rien dit, comme le pacte d’actionnaires avec le groupe italien n’a pas été publié, il est
impossible de savoir et de faire la comparaison », explique aujourd’hui l’ancien ministre des
finances Michel Sapin. Que cache cette gesticulation ? Y a-t-il quelque faveur de plus pour les
groupes de croisière, clients de Saint-Nazaire ?
Officiellement, Alexis Kohler n’est en rien mêlé à cette histoire. Pour une fois préoccupé par
la question de conflit d’intérêts, il a annoncé, dès son arrivée à l’Élysée, qu’il se déporterait
pour toutes les questions qui pourraient concerner MSC. Pourtant, selon nos informations, il
semble que le secrétaire général de l’Élysée, même s’il est resté en coulisses, ait gardé un œil
très vigilant sur le dossier. Difficile d’abandonner un secteur pour lequel on porte tant
d’intérêts privés.
Si vous avez des informations à nous communiquer, vous pouvez nous contacter à
l’adresse enquete@mediapart.fr. Si vous souhaitez adresser des documents en passant par
une plateforme hautement sécurisée, vous pouvez vous connecter au site frenchleaks.fr.
J’ai adressé par mail, le 2 mai, une série de questions à Alexis Kohler
par l’entremise du service de presse de l’Élysée. Les questions
adressées à l’Élysée figurent dans l’onglet Prolonger. Je n’ai reçu de
réponse qu’à la suite de la parution de l’article.
La voici : « Alexis Kohler a toujours respecté et respecte toujours
l’ensemble des règles légales et réglementaires qui encadrent
l’exercice des activités et des responsabilités qui s’appliquent aux
fonctionnaires. Il a notamment toujours informé sa hiérarchie des
situations dans lesquelles il aurait pu se trouver en conflit d’intérêts,
s’est toujours déporté pour éviter lesdites situations et a toujours
respecté les avis de la commission de déontologie. » Elle est censée
répondre à tout.
La Commission de déontologie, auprès de laquelle j’ai déposé une
demande pour consulter ses avis relatifs à M. Alexis Kohler, n’a pas
répondu.
Contactés eux aussi, le ministère des finances et la SFIL nous ont
répondu. Il est fait état de leurs réponses dans l’article.

 

 

 

Au vitriol. Débarqué en néo-négrier au Togo en août 2017 à la tête du LCT, le Chilien Pablo Andres Alvarado Salinas installe son empire. En 10 mois, sa gestion de la structure est passée au vitriol. Troisième DG, il remet à terre le peu d’avantages acquis au temps de ses prédécesseurs. L’un de ses premiers actes, la suppression des heures supplémentaires. De novembre à décembre derniers? les salaires ont baissé. De négociation en négociation, il campe sur sa position et refuse de reculer. Dans la structure la tension monte. Les opérateurs réclament leur « droit acquis ». La nouvelle direction qui maintient sa position, propose un taux forfaitaire et exclut des heures supplémentaires, ceux qui sont en congé ou absent. Alors que « cela devait être permanent et concerner tout le monde, surtout que si la personne est en permission, étant donné que les congés font partie du droit de travail », s’indigne-t-on. Avec la pression, les choses ont évolué.

A l’issue de ce bras de fer, un semblant d’accord a été trouvé, le 18 mai dernier. « En vertu de cet accord, la direction de LCT accepte la proposition faite par les représentants du personnel, à savoir le retour au système de 12 heures travaillées par shift pour les travailleurs concernés des opérations et techniques. Conséquemment, la rémunération des quatre (04) dernières heures du shift sera payée au taux horaire en vigueur au sein de LCT. Les présents engagements seront appliqués pour une période de trois (03) mois allant du 18 mai 2018 au 17 août 2018 ».

Mais curieusement, le 24 mai, le tout-puissant Chilien qui refuse de signer les procès-verbaux des réunions avec les délégués du personnel, a décidé de ne plus discuter avec eux. Il préfère, selon des sources, négocier directement avec les agents. « Il a un plan de licenciement. Puisqu’il ne peut délibérément virer les délégués qui sont couverts par les lois, il cherche le pou sur les cranes des employés en voulant discuter directement avec les agents. Et celui qui pourrait s’opposer aux desiderata, on trouverait des arguties pour l’exclure », explique une source. D’ailleurs, Par le truchement de l’ANPE, il a fait publier une offre d’emploi avec pour mention particulière « être disposé à travailler des quarts de 12 heures dans un groupe de 3 opérateurs pour deux grues ». Un sujet qui d’ailleurs fait l’objet de débrayage au sein de la structure. Cette offre qui, selon les indiscrétions, aurait été suspendue provisoirement grêce à la pression des autorités togolaises, était destinée au remplacement des agents « rebelles » qui sont sur la liste noire de M. Pablo.

« LCT avait tout mis en œuvre pour attirer les employés. De ses installations en passant par les CDI et les salaires proposés, tout paraissait parfait pour tout jeune togolais et très vite. Se faire recruter à LCT relevait de l’exploit et signifiait la garantie d’une vie professionnelle accomplie. Loin de cette image parfaite, les tout premiers mois ont donné le tempo de ce que serait la vie à LCT: rythme de travail insoutenable, les heures supplémentaires effectuées mais non prévues par le contrat de travail n’étaient pas payées. Dans cette ambiance, il n’a pas fallu longtemps pour que les salariés commencent à se demander s’ils ont fait le bon choix ou pas, mais impossible de revenir en arrière car pour mieux lier les gars, on a permis à tout salarié de faire un prêt en banque. Donc puisqu’ils ne peuvent se sortir de ce piège qu’est LCT, il faut affronter ses problèmes. Les revendications de primes et de payement normal des heures supplémentaires ont commencé avec des ralentissements de cadence de travail. Le courant de l’année 2015 a été très mouvementé et la mise en place du syndicat et des délégués du personnel était aussi importante pour les employés que pour LCT. Voyant la menace venir, il fallait écarter lesrésistants », se désole un ancien employé de la structure.

Malversations. A LCT, outre les conditions tueuses, il faut compter avec des faux diplômes, des permis de conduite falsifiés et un personnel fictif. Les promotions sont très discriminatoires. EkluSassou Deo, Directeur des ressources humaines, accusé de malversations financières a été débarqué. Il est accusé d’être le cerveau d’un réseau de passeurs qui prennent de l’argent (entre 300 000 F et 500 000 F) aux candidats pour les faire recruter. Un audit qui aurait été réalisé au sein de la société révèle le scandale. « Il a été remarqué par la nouvelle direction que le DRH gérait les ressources humaines comme une affaire privée. Les bulletins de paye ne sont pas à jour et ont révélé des anomalies, notamment des écarts significatifs de salaire pour des agents de même poste; la cantine ouverte pour empêcher de payer les primes de panier aux agents a visiblement permis de détourner beaucoup d’argent (LCT virait 22 millions par mois au prestataire alors qu’il encaissait réellement 8 millions). Un agent interpelé par la gendarmerie pour avoir pris 3 800 000 FCFA chez des gens pour les faire recruter a, au cours de son interrogatoire, avoué l’implication de la RH, donc son Directeur et de certains agents dans cette arnaque. Ce dernier fut licencié, mais voulant se venger, il a proféré des menaces à l’endroit de son ex-mentor à travers des audio », confiait une source.

Mais contacté, M. Eklu a laissé entendre qu’il n’a pas été licencié, mais c’est lui-même qui rendu le tablier. A l’en croire, il « ne partage pas la même vision » avec le nouveau directeur dot il critique la gestion. Il a, par ailleurs, nié son implication dans ce scandale de recrutement fictif. En effet, selon une convention, c’est l’ANPE qui recrute pour LCT. Et selon Eklu, c’est l’ANPE qui envoie les dossiers que le département des ressources humaines réceptionne et il fait un rapport à la Direction. La liste est arrêtée et signée par la Direction Générale, le département des opérations et la Direction des ressources humaines.

Mais en attendant que cette affaire ne soit tirée au clair, les conditions de travail à LCT continuent de faire des casses. Contacté par L’Alternative, le DG Pablo Andres Alvarado Salinas, qui, (après nous avoir passé à un de ses assistants) a promis nous revenir, était par la suite injoignable.

 

L’ALTERNATIVE

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Company Overview of MSC Mediterranean Shipping Company S.A.

 société italienne basée à Genève et de droit suisse.
Chief Executive Officer and President
Founder and Group Executive Chairman
Image associée

Company Overview

MSC Mediterranean Shipping Company S.A. provides container shipping services through its fleet of container vessels worldwide. The company offers trade services; dry cargo services that include hazardous, food-grade, and rare and precious cargo; reefer cargo; and oversized, out-of-gauge, and breakbulk cargo services. It also provides intermodal transportation services through containers (standard and specialist), trailers, chassis, and barges; warehousing and storage solutions; cross trading services, such as competitive pricing, securing bookings, documentation handling, tracking facilities, and pre/on carriage arrangements; customs clearance services; and cargo trailers. The company serves…

Detailed Description

Chemin Rieu 12-14

Geneva,  1208

Switzerland

Founded in 1970

Phone:

41 22 703 8888

Fax:

41 22 703 87 87

www.msc.com/che

Gianluigi Aponte est un milliardaire italien résidant à Genève en Suisse et propriétaire de Mediterranean Shipping Company (MSC) qui est la deuxième plus grande compagnie maritime du monde. Gianluigi Aponte est né à Naples et vaut environ 6 milliards. Son fils Diego Aponte est le président et chef de la direction de MSC. Gianluigi Aponte a reçu le titre d’Excellence napolitaine du monde en 2009 par l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi. Silvio Berlusconi a été lié à La Cosa Nostra de diverses manières et était un membre de la loge maçonnique P2 en Italie connue pour être un gouvernement d’ombre impliqué dans la corruption politique liée aux médias, aux banques, à la mafia, aux agences de renseignement et au Vatican. Un autre membre de P2 était le prince Vittorio Emanuele IV de Savoie qui est le prince de Naples, tout comme Gianluigi Aponte est né à Naples. La Maison de Savoie a également régné sur Genève Suisse et y a une résidence aujourd’hui où Gianluigi Aponte vit.

Le prince Vittorio a également des liens directs avec le crime organisé car il a été accusé de meurtre, d’exploitation de la prostitution et de corruption impliquant un jeu de hasard avec des machines à sous. Le prince Vittorio a pris toutes ces charges. Camorra est un grand syndicat du crime international avec divers clans comme la mafia Nuvoletta opérant à partir de Naples et ils sont impliqués dans la contrebande et même la traite des êtres humains ainsi que d’autres activités criminelles. La famille Letta avec Enrico Letta et Gianni Letta sont des politiciens italiens à égalité avec Sivlio Berlusconi et semblent être liés au clan mafieux Nuvoletta Camorra. Au cours des dernières années, la mafia sicilienne a été impliquée dans le trafic d’Africains vers l’Italie et l’Europe, avant de les extorquer. Le MSC est pertinent car il travaille secrètement avec certaines mafias de haut niveau et est impliqué dans la drogue, les armes et la traite des êtres humains. Récemment, en 2017, MSC a acheté 49% d’Ignazio Messina & C., une société d’expédition et de conteneurs basée à Gênes. Pontus était un nom grec pour le pont et aussi pour la mer et spécifiquement la mer Méditerranée. Grâce à leur contrôle sur les ports, ils sont capables de relier leurs réseaux criminels ensemble.

Prince Vittorio est une autorité de très haut niveau liée au crime organisé, à la royauté italienne, à la noblesse noire, à la franc-maçonnerie P2 et à la Suisse.

https://isgp-studies.com/opus-dei

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Mafia Savoy-Genovese
La Maison de Savoie est une lignée royale supérieure et les propriétaires de la famille du crime génoise qui extorquent Wall Street pour la Maison de Savoie. La famille Savoy a été faite les Ducs de Genève non officiels aujourd’hui et sont une autorité supérieure en Suisse. Les armoiries de Savoie et le drapeau de la Suisse sont les mêmes. La famille de Savoie a gouverné Genève pour une période de temps au service du Vatican et était des Ducs à Gênes, Italie. Vittorio Emanuele IV détient le titre de Prince de Naples et a une résidence à Genève en Suisse. Plusieurs nobles suisses ont servi la Maison de Savoie. La Maison de Savoie régnait sur le Duché de Savoie situé dans la région franco-suisse-italienne qui fait aujourd’hui partie de la France. La famille Savoie a créé la Banque de Savoie en 1851 qui opère toujours en France. La Chambre de Savoie avait une branche française de la famille Savoy-Carignano qui régnait à Turin sous contrôle français. Le Prince Emanuele Filiberto de Savoie est marié à l’actrice française Clotilde Courau. Pierre Castel est un vigneron milliardaire français d’une valeur de 9 milliards et vit à Genève et est un parent éloigné de la famille Castell de l’Allemagne. Pierre Castel est un agent de la Maison de Savoie. La comtesse Floria Franziska de Faber-Castell a récemment épousé le prince Donatus de Hesse, petit-fils de la princesse Mafalda de Savoie. La famille Lundin est un milliardaire canadien qui réside à Genève et possède diverses sociétés minières et énergétiques avec Lukas Lundin et Ian Lundin. L’ancien maire de New York Rudy Giuliani est fait chevalier sous l’Ordre des Saints de la Maison de Savoie, Maurice et Lazare. La famille génoise de New York tire son nom de Vito Genovese qui est né dans une commune de Naples, tout comme Vittorio est le prince de Naples. La famille Gigante, qui dirigeait également la famille du crime génovien, était également originaire de Naples. Genovese est un nom de famille pour quelqu’un de Gênes Italie ou de Genève Suisse. Gênes ou Gênes en italien est le même mot que Genève en Suisse. Le prince Vittorio est marié à la méchante princesse Marina Doria, née en Suisse. La famille Doria a été l’une des familles bancaires les plus riches de Gênes pendant des siècles.

La Maison de Savoie régnait en Italie, en Suisse, en France, à Chypre, en Albanie et dans les régions d’Afrique du Nord en tant que ducs, monarques et empereurs. La famille Savoy avait une branche de famille Savoy-Genovese qui s’est récemment mariée avec la maison romaine de Massimo. La princesse Maria Isabelle de Savoie-Gênes est la dernière membre de la branche Savoyo-Genevoise avec ses fils Vittorio Eugenio Frioli et Carlo Alberto Frioli comme les Comtes de Rezzano à travers son mariage avec le Comte Alberto Frioli. La famille Frioli sert de soutien à l’empire criminel de la Savoie. Le prince Vittorio Emanuele IV a de nombreuses accusations criminelles et enquêtes à son encontre, y compris le meurtre, l’association avec le crime organisé, la corruption et l’exploitation de la prostitution. Le prince Vittorio s’en est tiré pour toutes ses accusations et enquêtes, y compris le meurtre. Le prince Vittorio était également membre de la loge maçonnique P2 qui était impliquée avec le Vatican, Banco Ambrosiano, le gouvernement italien, les médias italiens et le crime organisé comme le groupe paramilitaire fasciste Nuclei Armati Rivoluzionari et Banda della Magliana ou Magliana Mafia. La famille de Savoie a mis au pouvoir le dictateur fasciste Benito Mussolini qui a établi le Vatican en tant que nation souveraine à travers le Traité du Latran de 1929. La Haute-Savoie en France était sous occupation militaire par Mussolini. La Maison de Savoie et la noblesse noire ont utilisé Mussolini pour établir le Vatican en tant que nation et pour affaiblir et pour persécuter leur opposition en Italie. La famille Mussolini vit toujours à Rome et s’est mariée avec la noblesse italienne. La fille du prince Amedeo, la princesse Bianca de Savoie-Aoste, s’est mariée à la riche famille Arrivabene-Valenti-Gonzaga de Venise et à son fils, le prince Aimone, marié à la famille royale grecque. Les membres de la Maison de Savoie sont le Prince Vittorio Emanuele IV de Savoie le Prince de Naples, le Prince Emanuele Filiberto de Savoie le Prince de Venise, la Princesse Maria Isabelle de Savoie-Genovese, le Prince Amedeo de Savoie-Aoste le Duc d’Aoste et le Prince Aimone de Savoie-Aoste le Duc des Pouilles. La famille Savoy-Aoste a la propriété de la famille du crime génovien à travers la famille Gigante.

Les familles de Savoie et de Savoie-Aoste se sont mariées avec diverses lignées royales et nobles, notamment les familles Saxe-Cobourg et Gotha, Glucksburg, Hesse, Bourbon, Bourbon-Deux-Siciles, Médicis et Orléans. Ils partagent une ascendance similaire avec la maison de Hanovre qui sont une continuation de l’ancienne maison de Welf. La Maison de Welf a établi le Duché de Savoie qui avait l’influence sur les routes commerciales de la France en Suisse. La famille Este est également une continuation de la Maison de Welf et s’est mariée avec la Maison de Savoie à plusieurs reprises. Il existe des hôtels Savoy situés à Londres, Moscou, Kansas City et Tel Aviv. La famille Savoy a établi la liberté de la Savoie à Londres en 1246. Un Liberty féodal en Angleterre n’était pas sujet à payer des hommages au monarque. La famille suisse Greyerz a servi la maison de Savoie pendant environ 300 ans en tant que seigneurs de leurs fiefs. Matterhorn Asset Management et GoldSwitzerland sont la propriété du Suisse-Suédois Egon von Greyerz. La société stocke de l’or et de l’argent dans leurs coffres pour leurs clients. Savoy Capital est une société américaine d’investissement en capital-risque opérant à New York et au Texas. Les entreprises d’investissement, et en particulier celles qui sont impliquées dans le capital-risque, déguisent les paiements criminels en prêts consentis aux agents des familles royales. Valter Mainetti est un milliardaire italien et chevalier de l’ordre du mérite fondé par le Savoy pour le travail. La famille Mainetti est le principal propriétaire du groupe Sorgente, une société internationale d’investissement et d’immobilier basée à New York et qui a participé à la construction de bâtiments à Wall Street. Le prince Vittorio Emanuele IV est le principal propriétaire caché de la famille du crime génovien qui a infiltré Wall Street et extorque des hommes d’affaires aux États-Unis. La famille du crime génois est beaucoup plus grande que ce qui est rapporté et ils ont une division de la mafia à main noire et des cols blancs avec des associés d’affaires britanniques et allemands impliqués dans Wall Street. La famille Savoy utilise la mafia pour influencer le négoce sur le marché boursier pour ses intérêts auparavant par SIX Swiss Exchange et maintenant par Deutsche Borse. Dans les années 90, White Rock Partners et State Street Capital Markets ont été impliqués dans des fraudes liées à des actions de la mafia. Ce que fait la famille criminelle génoise, c’est de menacer, d’extorquer et d’infiltrer les courtiers en bourse pour les informations privilégiées et les accords utilisés pour le commerce international. Anthony Salerno était le patron de la famille criminelle génoise dans les années 1980. Frederic Salerno est membre du conseil d’administration de l’Intercontinental Exchange, qui détient la bourse de New York et est un agent de Cosa Nostra. Frederic Salerno a été administrateur et président de diverses sociétés et il travaille en étroite collaboration avec son associé jésuite Fordham et le milliardaire Mario Gabelli, en tant que membre du conseil d’administration d’Associated Capital Group. La faction de la mafia de Greenwich Village de Genovese dirigea les opérations criminelles de Manhattan avec quelques Lucchese faisant des hommes avec Andrew Gigante en tant que chef secret de l’équipe génoise de Greenwich. Liborio Bellomo est à la tête de la faction Genovese Bronx. Prince Vittorio a également travaillé comme courtier suisse, marchand d’armes et vendeur d’hélicoptères militaires pour Agusta et a fait l’objet d’une enquête pour avoir vendu des armes et des avions militaires à des pays arabes sous sanctions. La famille Agusta est une noblesse sicilienne et possédait Agusta Helicopters, qui a acheté la compagnie d’aviation Savoy-Marchetti. Agusta Helicopters fait maintenant partie de Leonardo-Finmeccanica dirigé par Giovanni De Gennaro. Agusta a été sous contrat avec l’armée américaine et Leonardo-Finmeccanica est l’un des plus grands entrepreneurs de défense au monde. La famille Aponte est un milliardaire italo-suisse résidant à Genève et qui permet aux mafias napolaises de la Camorra d’opérer criminellement à l’étranger par le biais de leur compagnie maritime méditerranéenne. Le Prince Emanuele Filiberto de Savoie et le Prince de Venise, fils du Prince Vittorio, ont aussi une haute autorité sur l’empire criminel de son père. La Maison de Savoie a une grande richesse cachée dans les banques privées suisses et l’utilise pour financer le fascisme, la persécution, les sociétés secrètes et la corruption politique.

Image associée

Gianluigi Aponte et la pédale elyséenne

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Une réflexion sur “#France #Italie #Togo #Suisse Conflits d’intérêts au Palais ! #Macron couvre Secrétaire Général Elysée Kohler cousin de Gianluigi Aponte patron MSC proche mafia ! Port de Lomé #STX Le Havre

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