#USA #BigData J’ai enquêté sur ce que Facebook, Google, Uber et Netflix savent de moi (et ça fait peur) ! #FichéF

 

 

J’ai enquêté sur ce que Facebook, Google, Uber et Netflix savent de moi (et ça fait peur)

J'ai enquêté sur ce que Facebook, Google, Uber et Netflix savent de moi (et ça fait peur)
Snapchat. (Serge Ricco/ »L’Obs »)

Notre journaliste a téléchargé toutes les données sur sa vie privée collectées par les réseaux sociaux et les applis qu’il utilise. Stupéfiant !

Je suis pris de vertige.

Je me savais profilé, mais je n’imaginais pas à quel point ! Un mois avant l’arrivée du nouveau règlement général sur la protection des données européen, j’ai voulu faire le point sur les éléments collectés sur ma personne. Par Facebook et Google évidemment, mais aussi par Amazon, Twitter, Snapchat, Uber et Netflix*.

Au total, j’ai récupéré plus de 62 gigaoctets d’informations. Concrètement, cela représente, imprimé, l’équivalent d’un livre de plus de 37.000 pages ! Et tout, absolument tout, y est, répertorié dans 193 dossiers, consigné dans 4.084 fichiers, essentiellement des tableurs plus ou moins lisibles.

Je frissonne.

Facebook et la déprime

Aperçu de la page d'accueil de l'archive Facebook de Boris
Aperçu de la page d’accueil de l’archive Facebook de Boris

Je plonge avec effarement dans ces documents en débutant par ceux transmis par Facebook, le réseau controversé du moment.

La synthèse de mon « profil » s’ouvre sur une page visuellement sommaire, mais extrêmement détaillée. J’y retrouve mes différentes adresses e-mails, mon numéro de portable, ma date de naissance, mes emplois… Jusqu’ici, je me souviens bien avoir – un jour – tout renseigné.

Mon malaise s’installe à la lecture de la mention « Relations précédentes », qui liste mes ex connues du réseau. Facebook a enregistré ça ? Oui.

Même trouble au rayon « Messages », qui reprend l’intégralité de mes 1.072 conservations depuis 2008 (ex comprises, malgré la suppression des échanges). Déprime assurée.

Twitter et Snapchat, petits joueurs

Aperçu des annonceurs qui ont ciblé le Facebook de Boris
Aperçu des annonceurs qui ont ciblé le Facebook de Boris

Les autres réseaux sociaux ont-ils aussi toutes mes correspondances ? Pas vraiment. Twitter dispose bien d’une sauvegarde de mes 7.795 tweets (publics), mais pas de mes DM (eux, privés).

Pareil sur Snapchat : aucun Snap, aucune Story, et même, aucun inventaire de mes amis ! Les deux réseaux sociaux, qui reposent pourtant sur la vente de pubs, s’avèrent remarquablement pauvres en infos sur ma personne. Tout juste le petit fantôme tente-t-il de déterminer mon âge : « Entre 25 et 34 ans. »

Des broutilles… comparées au grand F, qui liste allègrement l’ensemble de mes « J’aime » intempestifs, l’intégralité des pubs aperçues, et toutes les marques qui ont récupéré mes informations (tiens… beaucoup de compagnies aériennes). Pas besoin d’algorithme poussé, Facebook, qui n’oublie rien, dispose de tout ce qu’il faut pour me cribler de publicités.

Google, une arrière-toile

Aperçu du "Takeout" du compte personnel de Boris
Aperçu du « Takeout » du compte personnel de Boris

L’autre qui n’oublie rien, c’est Google. Je m’aperçois combien le géant de la recherche s’est étendu telle une arrière-toile du web, collectant les empreintes de mes passages sur son moteur, ses plans Maps, son stockage Drive, son appli YouTube… Et il arrive à tout regrouper, que ça vienne de mon PC au bureau, de mon Mac perso ou de mon iPhone.

Stupéfait, je découvre que toutes mes interactions avec le groupe de Mountain View sont classifiées depuis… avril 2007. Je ne suis plus le même qu’il y a onze ans, pourtant Google se souvient de ma recherche pour « personnaliser des icônes » d’ordinateur, pour voir ma maison d’enfance sur Google Earth, ou pour écouter « Umbrella » de Rihanna.

Pérégrinations audio et vidéo, fautes de frappe, questionnements philosophiques et de santé… Tout y est recensé, à la seconde précise. Le tournis monte d’un cran devant l' »historique des localisations » avec 5.975 lieux archivés ! Pour quoi faire ?!

C’est mon intimité !

Aperçu de l'historique Netflix de Boris
Aperçu de l’historique Netflix de Boris

Un autre acteur se souvient des lieux où je suis allé : Uber. L’appli conserve le détail de mes 49 trajets : date, parcours, chauffeur et montant. Bon, le service de VTC, lui, ne compte pas sur ces informations pour gagner de l’argent…

Même réflexion face au relevé de Netflix, où il y a tout ce que j’ai regardé depuis quatre ans. L’entreprise s’en sert pour promouvoir ses productions, mais (a priori) pas pour vendre mon profil aux publicitaires.

Amazon est finalement le seul à adopter une position étrange : il ne dispose que d’un tableur (peu fiable) de mes achats passés – ce qui explique peut-être son piètre ciblage…

A la fin de ma recherche, face à la précision des informations qu’ont accumulées Facebook et Google sur ma vie, j’ai la boule au ventre. Il y a là bien plus qu’une identité numérique hors-sol, c’est mon intimité qu’ils s’autorisent à commercialiser. Le pire, c’est que cette collecte a été faite avec mon consentement. Il est grand temps de faire un ménage de printemps.

Boris Manenti

* J’ai également demandé mes données à Airbnb, Hotels.com, Le bon coin ou La Redoute, mais la réponse par voie postale s’avérait trop tardive pour le bouclage de cet article. Sur Instagram et Apple, le dispositif n’est pas encore en place, mais le sera « courant mai ». Je ne dispose plus d’aucun compte chez Microsoft.

Mode d’emploi

Pour télécharger les données de son Facebook (dites « archive »), il faut se rendre dans les paramètres et demander à « télécharger une copie » de toutes ses activités sur le réseau, ou de certaines seulement. Celle-ci met plusieurs minutes à se compacter. Vous serez averti par un e-mail sur l’adresse liée au compte.

Pour télécharger les données de son compte Google (dites « Takeout »), il faut se rendre sur la page Takeout.google.com, et demander à créer « une archive ». En fonction du poids de celle-ci, elle mettra entre quelques minutes et plusieurs jours à être compactée pour être récupérée. Vous serez averti par un message sur Gmail.

Pour télécharger les données de son compte Twitter, il suffit, dans les paramètres, de « demander votre archive ». Un lien de téléchargement est envoyé par e-mail sur l’adresse liée au compte.

Pour télécharger les données de son compte Snapchat, il suffit de se rendre sur la page de gestion des comptes, et d’adresser une demande de ses données. Un lien de téléchargement est ensuite envoyé par e-mail à l’adresse liée au compte.

Pour les données de son compte Amazon, il n’existe pas (pour l’heure) d’outil permettant de récupérer d’un clic l’ensemble de ses informations. En revanche, il est possible de récupérer des rapports de ses commandes, achats, retours, remboursements.

Pour les données de son compte Uber, il n’existe pas (pour l’heure) d’outil permettant de récupérer d’un clic l’ensemble de ses informations. Néanmoins, un petit malin propose une extension Chrome (Uber Data Extractor) permettant de compiler d’un clic l’ensemble des trajets affichés sur son compte Uber.

Pour les données de son compte Netflix, il n’existe pas (pour l’heure) d’outil permettant de récupérer d’un clic l’ensemble de ses informations. En revanche, il est possible d’accéder à l’ensemble de son historique de visionnage et de notation, et aux détails de ses 60 dernières connexions.

Publicités

Une réflexion sur “#USA #BigData J’ai enquêté sur ce que Facebook, Google, Uber et Netflix savent de moi (et ça fait peur) ! #FichéF

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s