#TOGO: #AshRévolution Joseph Kokou Koffigoh DOIT S’EXPLIQUER POUR HAUTE TRAHISON ENVERS LE PEUPLE TOGOLAIS. DE POIGNANTES RÉVÉLATIONS À LIRE ABSOLUMENT

TOGO: Joseph Kokou Koffigoh DOIT S’EXPLIQUER POUR HAUTE TRAHISON ENVERS LE PEUPLE TOGOLAIS. DE POIGNANTES RÉVÉLATIONS À LIRE ABSOLUMENT

C’est au bord des larmes que j’ai lu les 27 pages du témoignage de Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro, archevêque émérite de Lomé. Un témoignage poignant mais triste et révoltant.

Si le peuple togolais en est encore à se battre aujourd’hui pour la démocratie et l’état de droit, cela est sans langue de bois dû à certains personnages qui ont joué un rôle déterminant à un moment historique de notre vie nationale.

Parmi ces Togolais qui ont mis le Togo notre chère patrie dans son état d’avilissement et d’asservissement figure en première place l’ancien Premier ministre de transition Me Joseph Kokou Koffigoh qui a sacrifié son pays par égoïsme et pour des intérêts inavoués. Et cela l’histoire le retient et il doit s’en expliquer.

Il nous en souvient que le 25 janvier dernier, j’avais publiquement interpellé l’ancien Premier Ministre pour qu’il s’explique sur les douloureux événements de 1991 qui avaient coûté la vie à des dizaines de compatriotes.

Contre toute réponse, j’avais eu droit un poème dans lequel j’ai été voué aux gémonies.

Mais l’histoire comme on a l’habitude de dire est têtue. Voilà qu’un prélat, un homme de Dieu, sage et voulant prendre à témoin le peuple togolais, rappelle quelques faits d’armes de Me Koffigoh qui avait été élu par le peuple pour le défendre et le conduire vers une démocratie et qui lamentablement a été le grand fossoyeur de notre démocratie, laissant aux mains des militaires ceux qui l’avaient porté au perchoir de la primature.

Pire il avait même eu l’outrecuidance de remettre en cause le serment qu’il avait prêté sur la Sainte Bible lors de son élection. Et pourtant il va à l’Eglise les dimanches et lit ces saintes écritures.

C’est une haute trahison envers le peuple et il doit s’en expliquer et donner les raisons pour lesquelles il a délibérément refusé de faire libérer les membres du Haut Conseil de la République et les raisons qui sous-tendent son refus de quitter son poste alors qu’il y avait été renvoyé et destitué.

Mais cette fois-ci, une réponse à travers un poème sera insuffisant. Car la vérité finit toujours par triompher.

Je vous propose la lecture de la page 17 et 18 du document de l’ancien président de la Conférence nationale souveraine et ancien président du Haut Conseil de la République.

Anani Sossou
Pour que triomphent la vérité et la justice.
Patriotiquement

Lecture
« Après la signature, ils exigèrent que je les suive pour en donner lecture à la télévision nationale. Mais l’un des deux ministres présents ce jour-là dans la salle, s’opposa à leur requête et trois militaires emportèrent le texte pour se rendre à l’office de la télévision nationale.

Les autres agresseurs, contrairement à la promesse faite de nous libérer dès la signature du document exigé, nous gardèrent en otages avec défense d’aller aux toilettes situées à proximité, même pour les besoins les plus élémentaires. Les honorables Conseillers d’un certain âge ont dû souffrir un véritable calvaire depuis le matin jusqu’à 17H où le nouveau contingent venu pour la relève, se montra plus indulgent et permit un peu plus de mouvements dans la salle.

Entre temps, toujours accompagné sous escorte militaire armée, je m’étais rendu au bureau à l’étage pour joindre par téléphone le Chef de l’Etat.

Je l’informai du drame que vivaient les Hauts Conseillers depuis la première séance du matin. Il manifesta beaucoup de compassion pour ce qui nous arrivait et dont personne, dit-il, ne l’avait informé. Il mettait ces faits crapuleux sous le compte de quelques éléments incontrôlés de l’armée. C’est au Premier Ministre, reprit-il, qu’il incombe de prendre des dispositions nécessaires pour mettre fin à ce problème.

Je téléphone au Premier Ministre pour solliciter son intervention libératrice. Celui-ci me chargea de dire aux membres du Haut Conseil de promettre d’abord qu’ils cesseraient désormais de le critiquer, et alors seulement, lui aussi se chargerait de défendre leur cause. Je repris le téléphone pour redire les propos du Premier Ministre au Président de la République. Alors l’un me renvoya à l’autre, comme Jésus d’Hérode à Pilate. Quand je rapportai dans la salle les propos du Chef de l’Etat et du Premier Ministre, tous poussèrent des cris d’indignation qui en disaient long. Et ce fut le tour de la soldatesque de nous casser les oreilles avec des histoires stupides, paillardes, et très honteuses qui trahissaient le niveau moral très misérable de quelques zélés de nos frères armés.

Vers minuit, je montai une troisième fois au bureau pour une dernière tentative d’obtenir notre libération par le Président de la République. C’est encore avec la manifestation d’une prétendue compassion, surprenante pour le motif de son inquiétude, que le Président m’a répondu ceci: «Mgr, vous n’avez donc rien mangé depuis le matin ? Je vais vous faire parvenir de quoi apaiser la faim.» Revenu dans la salle, la réaction des Hauts Conseillers a été à l’unanimité: «Nous n’avons pas besoin de son pain, mais de notre libération.»

A deux heures du matin, une bonne quantité d’eau minérale et de baguettes de pain fut déposée sur une table dans la salle. Personne n’y toucha. Le groupe des soldats se moqua de nous en disant: «Vous dites que EYADEMA est mauvais, voilà qu’il vous donne à manger, et c’est vous qui ne voulez pas. Mais alors, qui est le plus mauvais?». Cette atmosphère a régné toute la nuit.

Qu’il me soit permis ici de rendre un très vibrant hommage au TRP Dovi NDANOU qui était présent dans la salle dès le début et qui par un heureux concours de circonstance, a pu s’échapper. C’est lui qui informa Mgr Jean GBIKPI, Administrateur Apostolique et qui à son tour, par la Nonciature Apostolique d’Accra, a pu joindre le Saint Siège à Rome. La diplomatie apostolique du Vatican s’est dépêchée d’informer le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY de Côte-d’Ivoire qui a interpelé le Président EYADEMA pour qu’il arrête cette prise en otage d’un évêque et des Hauts Conseillers, évènement qui n’est pas du tout à son honneur.

Vers 13H, un officier entra dans la salle avec une liste des Hauts Conseillers. Ceux qui entendaient leurs noms, devaient se rendre un à un dans une salle à l’étage, avec tous leurs effets, et ne revenaient plus. Je suis le dernier à sortir de la salle de réunion sans passer dans la salle d’en haut.

J’aperçois dans la cour Mgr l’Administrateur Apostolique près de sa voiture; je me dirigeai vers lui; il m’embrassa très fort et me prit dans sa voiture qui me ramena dans mon domicile. Je fis une longue visite au Saint Sacrement, et l’Administrateur revint me chercher à 16H dans l’après-midi, pour une réunion des évêques de la CET dans les locaux de la CISAF (Caritas International Siège Afrique) à Lomé-Tokoin. Il y avait pour cette rencontre, Mgr Chrétien BAKPESSI notre ainé très affecté par la démission de Mgr DOSSEH parti en Suisse, Mgr Jacques ANYLOUNDA évêque de Dapaong, cadet de l’épiscopat, l’Administrateur Apostolique Jean GBIKPI de Lomé, et l’évêque d’Atakpamé, Président du Haut Conseil. J’ai profité de cette rencontre pour les informer de vive voix sur le triste évènement que j’ai eu à vivre avec les membres du Haut Conseil de la République. Il m’a été rapporté plus tard que les Honorables Conseillers ont été tous, un à un, passés à tabac dans la fameuse salle à l’étage.

A partir de cet évènement douloureux, les militaires ont été positionnés de façon à empêcher les Hauts Conseillers d’accéder à leur salle de travail au Palais des Congrès. Nos séances de travail se sont poursuivies désormais à mon domicile à NYKONAKPOE. Nous avons alors pris la résolution de relever le Premier Ministre KOFFIGOH de sa fonction car ne répondant plus à la confiance qui lui a été faite. Une réunion extraordinaire fut alors convoquée à l’hôtel de la Paix pour prendre l’acte officiel de sa destitution. Pour empêcher les Hauts Conseillers de se rendre à cette rencontre, des chars ont été diligentés pour prendre d’assaut les carrefours obligatoires des voies d’accès.

Mais face à l’extraordinaire détermination d’une grande foule qui n’a pas hésité à soulever sur une distance 60 m environ, le véhicule du Président du Haut Conseil et les autres de sa suite, bravant les positions militaires, ceux-ci ont abdiqué pour regarder plutôt en spectateurs, l’exaltation de ces mouvements patriotiques d’une population décidée à en découdre définitivement avec une dictature implacable.

L’objectif de la réunion ayant été atteint, c‘est-à-dire le PM ayant été destitué, les jeunes qui avaient monté la garde jusqu’à la fin des travaux, ont raccompagné dans la joie et à pas de course, le véhicule du Président du Haut Conseil jusqu’à son domicile de NYKONAKPOE. »

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